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Une reprise qui risque d?être tumultueuse

13 mars 2004, 20:00

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La tension va sans doute monter avec la reprise du Parlement mardi. Les deux blocs politiques ont déjà les yeux rivés sur les élections générales. La majorité ne dispose que d?un peu plus de 18 mois pour convaincre. Face à une opposition déjà aux aguets et qui affûte ses armes, elle a décidé d?améliorer sa stratégie de communication.

« Le mood au sein de l?opposition est exciting. Nous comptons mener la vie dure au gouvernement et les thèmes ne manquent pas », affirme Arvin Boolell, le whip de l?opposition.

Les députés de l?opposition entendent en effet acculer le gouvernement sur des dossiers hautement médiatiques : montée du chômage, fermeture d?usines, brutalités policières, nominations politiques, pollution, commission anticorruption. Outre les thèmes énoncés à l?ordre du jour, il sera vraisemblablement question pour la première Private Notice Question de marché public pour le traitement des déchets.

Manque de consensus

En marge de cette rentrée du 16 mars, l?opposition a prévu trois séances de travail. Ses élus se sont réunis lundi dernier, puis pendant le week-end. Ils s?apprêtent à tout peaufiner lundi après-midi avant de reprendre le chemin de l?hémicycle.

Devant une telle agitation, l?exécutif n?entend pas rester les bras croisés. Pour contrer un adversaire ragaillardi par sa victoire à la dernière élection partielle, il a en effet choisi de revoir sa stratégie de communication.

Ainsi, à la réunion préparatoire de la première séance parlementaire qui a eu lieu lundi dernier, le Premier ministre a donné des consignes strictes à ses troupes. « Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de mieux communiquer », explique la ministre Arianne Navarre-Marie. Paul Bérenger a ainsi invité ses ministres à utiliser à fond la tranche consacrée aux déclarations ministérielles pour faire passer le message. Il a aussi demandé aux backbenchers d?être plus rigoureux lors du Question Time. Ces derniers ont d?ailleurs déposé une trentaine d?interpellations pour la séance de mardi.

Tout en retouchant sa politique de communication, le gouvernement devra également, au cours de cette année, se prononcer sur deux des réformes annoncées dans le discours présidentiel d?octobre 2000. Il aura en effet à décider ou non de l?introduction d?une dose de représentation proportionnelle pour les élections et une formule de financement des partis politiques par l?État. La majorité devra aussi trancher l?épineux dossier relatif à la Muslim Personal Law et sur lequel elle a du mal à dégager un point de vue commun.

Bien qu?il soit déjà en présence du rapport du Select Committee sur la réforme électorale, l?exécutif n?a pas pour autant avancé sur ce dossier. Et ce, faute de consensus sur cette question au sein même de la majorité parlementaire. Le comité d?élite qui se penche sur le financement des partis politiques n?a pas encore bouclé ses travaux.

Cette reprise parlementaire devra également nous donner une indication de l?humeur des backbenchers de la majorité, notamment ceux du MMM, après les remous suscités par le dernier remaniement ministériel. Comme on le sait, plusieurs députés, y compris Ivan Collendavelloo, secrétaire général du MMM, avaient critiqué la décision du Premier ministre de confier le portefeuille de l?Administration locale et de Rodrigues à Pritviraj Auroomooga Putten.

La rentrée devra aussi nous éclairer sur la posture de Siddick Chady, unique député qui siège maintenant en indépendant après avoir pris ses distances du Parti travailliste. Pour cette première séance, le député de Port-Louis Maritime-Port-Louis Est reprend un dossier qu?il avait souvent brandi autrefois, y compris à l?époque où il était ministre : celui des marchands ambulants.

Changement sur le fond</B>

En regagnant leurs fauteuils après quatre mois de vacances, les parlementaires devront s?habituer à leur nouveau local. Comme on le sait, le bureau du speaker et les différents services offerts par le secrétariat ont récemment déménagé. Ils ont libéré la partie en bois de l?hôtel du gouvernement qui va être bientôt rénovée.

À entendre les uns et les autres, tout laisse croire que le changement ne portera pas uniquement sur la forme, mais également sur le fond. Avec les deux principaux blocs en ordre de bataille en prévision des prochaines élections.

Prestation de serment de Jeetah</B>

« Je me documente et j?essaie de me familiariser avec les procédures parlementaires, ce n?est pas aussi simple que je le pensais. » Confidence de Rajesh Jeetah à la veille de son entrée au Parlement. Selon la procédure, la séance de mardi s?ouvrira avec la prestation de serment du nouveau représentant de Piton-Rivière-du- Rempart. Rajesh Jeetah a été élu le 21 décembre pour occuper le siège de député laissé vacant par la démission de Sir Anerood Jugnauth le 30 septembre.

Il avait devancé son principal adversaire, Prakash Maun-throoa, le candidat de l?alliance gouvernementale, avec 50,7 % des voix contre 42 %.

« Musical Chair »

Deux parlementaires occuperont bientôt de nouveaux fauteuils. Pritviraj Putten, député de Belle-Rose-Quatre-Bornes qui a troqué ses habits de Deputy Speaker pour ceux de ministre de l?Adminis-tration locale et de Rodrigues. Il abandonnera le fauteuil du premier rang face à celui du Premier ministre pour s?installer dans la dernière rangée juste après Ravi Yerrigadoo.

Dharamveer Roopun, député de Mahébourg- Plaine-Magnien qui occupait un des fauteuils de la dernière rangée attribuée aux backbenchers, montera en grade et s?installera dans le siège occupé auparavant par Putten.

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