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Une quinquagénaire agressée pour Rs 1 000

1 juillet 2003, 20:00

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Bibi Mariam Aumeer est catégorique. Pour cette habitante du morcellement Raffray, Pailles, son agression à l?arme blanche à 5 heures jeudi dernier, relève de la vengeance. ?Mo sire ki sa bougre là ine rode tire ène vengeance lors moi, à cause mo mari pas ti lé prête li Rs 1 000.? Le suspect, Abdool Mohamed Domun, 27 ans, a comparu devant le tribunal de Port-Louis lundi sous une accusation provisoire d?agression. Il a été relâché contre une caution de Rs 4 000 et une reconnaissance de dette de Rs 5 000. Jeudi 26 juin. Le couple Aumeer se réveille à quatre heures, comme d?habitude. Jeewanjee, l?époux, un chauffeur de taxi, quitte la maison très tôt pour son travail. A cinq heures, Mariam lui dit au revoir et referme la grille derrière elle. A peine tourne-t-elle le dos pour rentrer dans la maison qu?elle entend un bruit inhabituel à l?extérieur, du côté de la cuisine. Elle n?aperçoit rien de bizarre et retourne à ses occupations.. ?Ziste ler mo rente dans mo la cuisine, mo chatte sorti dans mo la chambre ek li pé miauler couma dire li pé envi sauver à cause li pé gagne per?. Son chat, qu?elle appelle affectueusement Moona se dirige aussitôt vers la porte de la cuisine et commence à la gratter. Intriguée, Mariam se rend dans la chambre pour voir ce qui a bien pu effrayer son chat. A peine entrée, elle voit sur la descente de lit une boîte à chaussures qu?elle range habituellement sous le lit. Avec beaucoup d?appréhension, elle se penche lentement pour jeter un coup d??il sous le lit. C?est à ce moment qu?un homme vêtu d?un T-shirt et d?un blouson vert et jaune, surgit de sous le lit et se jette sur elle. Une lutte s?ensuit. Mariam reconnaît son agresseur.Il s?agit d?Abdool Mohamed Domun, un jeune maçon qui habite à une centaine de mètres de chez elle. Elle tente tant bien que mal de s?enfuir. ?Bougre la ine attrape moi par mo cheveux ek li fine mette so la main divant mo la bouche pour empêche moi crier?, explique-t-elle d?une voix cassée.

?Fine risse mo cheveux?

Elle parvient toutefois à échapper à son agresseur et se précipite vers la porte de la cuisine qui donne sur la cour. Mais elle se fait rattraper alors qu?elle essaie fébrilement d?enlever le crochet qui se trouve sur la porte. ?Mo fine perdi beaucoup lé temps ek essaye ouvert la porte-là ek voleur là fine ressi risse mo cheveux encore ène fois.? Maintenue à terre par son agresseur, Mariam voit ce dernier sortir un couteau de la poche droite de son pantalon. ?Zamais mo fine gagne peur couma ça dans mo la vie?. Elle ressent par la suite une douleur aiguë au dos. Son agresseur vient en effet de lui asséner un coup de couteau avant de prendre la fuite. ?Ti éna di sang partout, mo ti pé croire ki mo ti pou mort?, confie-t-elle en montrant le churidar orange, maculé de sang qu?elle portait ce jour-là. Blessée et saignant abondamment, Mariam trouve tout de même la force de chercher de l?aide auprès des voisins. ?Ler mo sorti dans la cour, mo trouve voisins pé marché lors la rue. Mo fine crier zot de tout mo la force ek zot ine vine vite pou aide moi.? Elle est aussitôt transportée d?urgence à l?hôpital Jeetoo pour y recevoir des soins. Elle s?en est sortie avec sept points de suture. Mariam n?en démord pas. Abdool Mohamed Domun ne pouvait digérer que Jeewanjee lui ait refusé les Rs 1 000. ?Mo mari ine dire li ki li pas capav passe li sa casse là à cause li péna même ène gros somme couma ça.? Les relations entre le couple Aumeer et le présumé agresseur se sont par la suite dégradées. ?Zamais li fine accepté ki mo mari pas prête li casse la?, affirme Mariam. Encore souffrante, elle exprime sa crainte de rester seule à la maison. ?Mo per pou reste tout seul dans mo lakaz. Mo reste endans ek mo ferme tous la porte.?

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