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Une première école pour handicapés

22 septembre 2003, 20:00

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Kewalparsad Narrain, travailleur social, est un homme heureux. Son rêve de doter Montagne-Blanche d?une école pour des enfants handicapés s?est réalisé. La Society for the Welfare of the Disabled (SWD) dont il est le président, a pris à sa charge quinze enfants autrement capables, la plupart venant de familles démunies.

?Ce n?est qu?un premier pas. Nous avons recensé 300 enfants handicapés dans la région. Faute de moyens financiers, nous ne pouvons faire plus. Nos souhaitons que des volontaires nous viennent en aide?, explique Kewalparsad Narrain.

En 1996, Kewalparsad Narrain et quelques amis dont Ravin Joyram et France Caniah, décident de lancer la première école pour handicapés.

?Les parents ayant des enfants handicapés ont de graves problèmes. L?école la plus proche se trouve à Saint-Pierre. Le transport des handicapés coûte très cher?, souligne-t-il.

Cependant, pour démarrer leur projet, le groupe de volontaires bute sur un autre problème: ils n?ont pas de bâtiment. Après avoir passé le village au peigne fin, ils découvrent un local utilisé autrefois pour dispenser des soins aux femmes enceintes. Avec l?aide du conseiller Sandress Mardaymootoo et du centre social, des démarches sont entreprises auprès du propriétaire, le Sugar Industry Labour Welfare Fund (SILWF). En l?an 2000, celui-ci donne son aval pour le transfert des titres de propriété à la SWD.

Il faut de l?amour

L?école est subventionnée par Handicapé International de Rose-Hill. Elle compte treize attardés mentaux et deux handicapés physiques, âgés de 4 à 15 ans. Ces enfants sont placés sous la responsabilité de Jacqueline Melin, éducatrice.

Jacqueline Melin est engagée dans le travail social. Avant de devenir responsable de l?école, elle a suivi un cours d?une année chez Handicapé International. Elle a aussi été enseignante de maternelle pendant 25 ans et présidente de l?association féminine de Montagne-Blanche. ?Il faut de l?amour pour travailler avec des enfants handicapés. Ce n?est pas une tâche facile?, confie-t-elle.

Problèmes financiers

L?école apprend aux autrement capables à être plus autonomes. Prélecture, exercices physiques, jeux éducatifs et cours de cuisine figurent aussi au programme scolaire. Ils ont aussi droit à un petit déjeuner les vendredis.

?Au départ, nous avons eu à faire face à de graves problèmes financiers. Nous ne dépendions que des volontaires. Après notre rencontre avec le ministre de la Sécurité sociale, Sam Lauthan, nous avons bénéficié d?un grant qui nous permet d?opérer l?école. Cependant, il nous faut trouver les moyens pour améliorer le service offert?, dit Kewalparsad Narrain. Ce dernier indique que la plupart des parents n?ont pas les moyens de payer les frais de transport et d?écolage qui s?élèvent à Rs 500 par enfant.

Le groupe Rogers a fait don de quatre ventilateurs, d?un réservoir à eau et sponsorise le téléphone de l?école.

?Nous souhaitons que d?autres volontaires du village surtout, emboîtent le pas à cette firme?, ajoute le président de la SWD.

Les enfants évoluent dans une ambiance familiale. Jacqueline Melin est constamment aux petits soins pour eux. Atish, 11 ans, le sait : ?Mo content mo miss?. Kishan, 9 ans, aime bien les jeux éducatifs alors que Sanjeev, 15 ans, et Houshna, 6 ans, préfèrent le dessin.

La SWD envisage d?agrandir l?école, étant donné la grande demande pour les admissions. Elle aurait aussi souhaité pouvoir offrir un repas chaque jour aux élèves et doter l?école d?un jardin d?enfants, conçu pour les handicapés.

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