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Une plaque de coffrage tue un ouvrier sexagénaire

8 novembre 2005, 20:00

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Idriss Buxoo, un ouvrier de 61 ans, adorait suivre les informations pour mieux en discuter avec ses proches. Il ignorait qu?il figurerait aujourd?hui parmi les titres de la presse écrite. Alors qu?il s?activait au pied d?un bâtiment en extension à l?angle des rues Pasteur et Farquhar à Port-Louis, une plaque de coffrage, qui était manipulée d?une hauteur de plus de six mètres, lui est tombée sur la tête, le tuant sur le coup. L?enquête policière devra déterminer les circonstances exactes de la chute de cette plaque métallique d?une dimension de trois pieds par deux.

Il y avait foule hier après-midi dans la maison qu?Idriss Buxoo partageait avec sa jeune s?ur à la rue Crimea, Vallée Pitot. Ses frères et beaux-frères, choqués par cette disparition subite, conversent à voix basse sur le pas de la porte d?entrée, évoquant notamment le manque de sécurité pour les ouvriers sur les chantiers de construction. A l?intérieur du domicile, alors qu?un dernier bain est donné à la dépouille d?Idriss, quelques-unes de ses s?urs et belles-soeurs se recueillent pour prier.

Elles sont encore abasourdies par la nouvelle car elles n?ont pas vu venir l?accident. ?Nou ti per aksidan e nou ti dir li arete parski linn gaign laz mem si li ti paret zenes. Mais sitan li enn travayer serie ki kontan so travail, ki so bourzeois ti vinn rod li lakaz. Si li ti mor de maladie, nou tia konpran. Me la non. Linn ale enn kout, san panse?.

Cela faisait des années qu?Idriss, que ses s?urs décrivent comme ?un homme tranquille?, travaillait pour l?entrepreneur Muslim Jahangeer. Celui-ci a été embauché pour la pose de plaques de coffrage par l?entrepreneur travaillant sur l?extension du bâtiment devant lequel Idriss a trouvé la mort. Ce dernier quittait tous les jours la maison à vélo vers 7 heures le matin pour se rendre au travail et regagnait son domicile vers les 17 heures.

<B>?Li ti kontan nouvote?

Ce célibataire endurci adorait ses neveux et nièces, qu?il considérait comme ses enfants. D?ailleurs, à la fin de chaque semaine, une partie de sa paie allait dans l?achat de jouets pour ceux d?entre eux qui habitaient la cour familiale. Idriss était aussi un fanatique de gadgets. ?Li ti enn bon clien pou Mammouth. Tou bann nouvote li ti kontan?.

Dimanche, c?était l?anniversaire d?un neveu. Toute la famille, soit une cinquantaine d?adultes et d?enfants, se sont réunis chez Idriss pour faire d?une pierre deux coups, soit célébrer l?anniversaire du petit et la fête d?Eid-Ul-Fitr. Ses s?urs n?oublient pas comment le défunt, leur mère et un autre frère ont trimé pour leur assurer un avenir décent. ?Nou papa ti banyan e liver, pa ti ena poisson. Idriss, enn lot frer ek mama inn bien debrouye pou met nou dan korek. Nou bien sagrin. Nou ti a nef zenfan. Zordi nou zis a huit.?

L?autopsie d?Idriss Buxoo, pratiquée par le Dr Chummun, médecin légiste, a révélé que le sexagénaire est mort d?une fracture du crâne. Sa dépouille sera inhumée ce matin au cimetière de Bois- Marchand.

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