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Une ?parenthèse? aux couleurs latines
Un penchant pour les climats intimistes décline au fil de ses interprétations, le timbre orageux de sa voix, l??il vif, Sandra ne cache rien. Mieux, elle livre par Parenthèse le meilleur d?elle-même jusqu?à présent. Son cinquième album, élaboré et audacieux, a enfin frappé. Profanes et puristes en seront peut-être convaincus : c?est un changement de tonalité tant musicale que conceptuelle dans la carrière de l?artiste. Les influences semblent avoir changé. Elle s?est forgée une maturité musicale. Dans un espace de neuf titres, la musicalité du créole mauricien fusionne admirablement avec la fureur des cadences afro-américaines.
On est en droit d?attendre beaucoup de ce nouvel album qui n?a rien d?un coup d?essai mais se révèle sous l?effet d?une puissante nécessité intérieure et par le désir de réinventer son répertoire. Poussée par la fibre jazzy qu?elle a toujours nourrie, c?est dans le laboratoire d?Albion (GL Records Studio) que Sandra a expérimenté un nouveau style après s?être affirmée dans le sega d?ambiance.
Sa Parenthèse s?ouvre sur une somptueuse ballade (Eski se sa lamour ?) et se referme sur un sega (Orphelin). Entre temps, l?artiste flirte avec le jazz et la bossa, atteignant un point culminant, dans le phrasé et le rythme, avec Nou Lamour, Brésil et Ela, titres phares de l?album. Son interprétation irradie d?émotion, de spontanéité et de sensualité. Un bouquet de chansons magnifiques, imaginées comme un don d?amour ou de soi. Sans dérouter l?oreille, fidèle à ses timbres, elle apporte autre chose, on pourrait nommer un sentiment de plénitude.
C?est aussi un carnet de voyage que Sandra Mayotte nous offre. Chacun peut inventer son itinéraire. On met cap sur le Brésil d?accord, la mer nourricière est là de même qu?une célèbre légende de son île. Un vent de liberté souffle sur les plages de cet album au rythme de l?amour et de la douleur, thèmes universels.
Une liberté entretenue par l?exploitation des richesses du verbe créole qui permet de mêler sensation et réflexion. Car quelques rares complices l?accompagnent dans ce voyage : Sedley Assonne, dont la plume ne donne jamais l?impression de tirer à la ligne. Des musiciens de renom ? la section rythmique de Philippe Thomas et ses improvisations dans Brésil et Ela ? le bassiste Gino Chantoiseau, le percussionniste Nicolas Moucazambo et Noël Jean au clavier. L?instrumentation acoustique utilisée par Gérard Louis et les interventions des solistes achèvent de distinguer un répertoire à la fois vaste et juste. La liste des participations fait rêver.
Par son raffinement et les espaces pleines de liberté qu?il ouvre, le nouvel album de Sandra devrait nul doute être à l?origine d?aventures prometteuses. Gageons que l?artiste fera parler d?elle avec cet opus d?envergure internationale. À suivre !
Norbert LOUIS
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