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Une opposition requinquée
Le poing de la victoire en l?air, Navin Ramgoolam savoure son succès. Et il ne cesse de remercier ses sympathisants à Rivière-du-Rempart : « Je vous avais dit que c?était un match entre Bérenger et moi. Et vous avez désigné le gagnant. »
L?opposition, à l?image de son leader, est requinquée après la victoire sans bavure de son candidat Rajesh Jeetah, qui a devancé le MSM Prakash Maunthrooa par 2 608 voix, au terme d?une longue et âpre campagne électorale.
Suivre tous les dossiers, faire feu de tout bois, intensifier la pression au Parlement, manifester le plus souvent possible dans la rue. L?opposition est plus déterminée que jamais. « Nous allons miner le terrain. Désormais, ils ne peuvent plus nous arrêter », crie Arvin Boolell.
Objectif : continuer à attaquer Paul Bérenger jusqu?aux prochaines législatives. Et lui arracher le pouvoir : « L?électorat n?a pas voulu soutenir un gouvernement dirigé par Paul Bérenger.»
Outre celle-ci, l?opposition a plusieurs autres lectures de sa victoire. Elle privilégie également les retombées sur le MSM et son leader : «Pravind Jugnauth voulait affronter Navin Ramgoolam. ça lui apprendra. Et il disait que le MSM jouait son avenir lors de cette partielle », s?exclame Madun Dulloo.
Si le leader du MSM fait l?objet d?autant d?attaques, il en est le premier responsable. Dès le début de la campagne, il a placé la barre très haut et a pris de sérieux risques en affirmant que la partielle était avant tout un match entre Navin Ramgoolam et lui-même.
Dans son entourage, on explique qu?il voulait ainsi anéantir la campagne communale dirigée contre Paul Bérenger. Mais aujourd?hui, avec le résultat que l?on sait, il est en mauvaise posture.
« Bérenger dit qu?il prévoyait une défaite dès le début. Alors pourquoi a-t-il dit, à la veille du scrutin, que ce sera une grande victoire de Pravind Jugnauth ? Il voulait ridiculiser son vice-Premier ministre », analyse l?opposition.
De son côté, le gouvernement tend, lui, à minimiser l?importance de la partielle à Piton-Rivière-du-Rempart. Dès le lendemain de la défaite, Paul Bérenger annonce son remaniement ministériel : diffuser une actualité pour en chasser une autre. «La partielle est derrière nous. J?avais dit que cela ne provoquera aucun changement pour le gouvernement.»
Mais les moyens que le gouvernement a déployés à Piton-Rivière-du-Rempart sont en contradiction avec ce discours post-résultat. Il n?y a pas que les travaux d?infrastructures publiques, mais tout le monde aura noté que durant ces dernières semaines tous les ministres, indistinctement, travaillaient d?arrache-pied, jusqu?à tard dans la nuit, afin de glaner le plus d?électeur possible.
«On mise gros sur cette partielle. Il nous faut la gagner pour clouer le bec à l?opposition qui ne cesse de faire campagne contre la personne de Paul Bérenger. Or avec cette victoire, on va leur prouver que cet argument ne tient plus...», nous confiait un ministre lors de la dernière semaine de campagne.
Commentant le résultat mardi, Paul Bérenger a affirmé qu?il n?est pas surpris par l?issue de ce scrutin, et ce, pour trois raisons. Primo : « La population exprime habituellement un protest vote contre le gouvernement en place. » Or, chose surprenante, ce fait, qui s?est avéré à l?étranger, n?est pas une habitude à Maurice. Sur les cinq dernières partielles précédant celle du n° 7, les candidats du gouvernement en ont remporté quatre.
Deuxio : « Nous avons eu un mauvais départ avec le changement de candidat. » Le Premier ministre reconnaît ce que la presse disait à l?époque au sujet du remplacement du Dr Prakash Hurry par Prakash Maunthrooa. Durant cette période, le Premier ministre affirmait sa joie que l?ex-président de la Mauritius Ports Authority, « l?une des personnes les plus intelligentes du pays », soit le nouveau candidat du gouvernement. ?Sans nul doute, il sera l?un de mes meilleurs ministres au gouvernement.?
Tertio : « Le PTr a mené une campagne communale.» Paul Bérenger reconnaît ainsi que la campagne dirigée contre sa personne et le grand capital a été nuisible à l?alliance gouvernementale.
«Cela a été une joute basée sur l?émotion. Le mot d?ordre du PTr : vote avec ou disang a bien fonctionné», admet Prem Ramloll, l?un des principaux activistes de l?opposition à Rivière-du-Rempart. Avis que partage le MSM Anil Gayan : «Le milieu rural n?a pas encore accepté le fait d?avoir un Premier non-hindou...»
Si l?opposition a remporté la partielle, il lui faudra toutefois revoir son discours en marge des législatives. Ce qui passe au n° 7 peut lui être fatal dans d?autres circonscriptions...
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