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Une opposition parlementaire fragilisée
L?opinion aura les yeux braqués sur l?opposition lorsque les parlementaires reprendront mardi le chemin de l?hémicycle. On saura alors si elle s?est enfin décidée à assumer le devoir de vigilance que lui confère la Constitution.
Séparés au lendemain des dernières élections municipales par un divorce à l?amiable, le Mouvement socialiste militant (MSM) et le Mouvement militant mauricien (MMM), semblent s?être écartés de leur mission. Au lieu de contrer l?action gouvernementale dans les paramètres d?une démocratie agissante, ils ont passé leur temps à se lancer des piques. C?est ainsi que, ces dernières semaines, ils se sont mutuellement accusés d?avoir eu recours à des demi-vérités en commentant leur différend concernant l?éventualité d?un meeting conjoint pour le 1er Mai.
Les choses s?étaient envenimées, à la fin du mois dernier, après que Paul Bérenger eut publiquement souhaité voir Ashock Jugnauth prendre la tête d?une éventuelle équipe MSM-MMM pour les prochaines élections générales.
Le MSM avait alors crié à l?ingérence et Paul Bérenger avait menacé de rendre son tablier de leader de l?opposition. Il a depuis mis de l?eau dans son vin.
Des émissaires de bonne volonté ont par la suite réussi in extremis à ramener les ex-conjoints à la raison. Les deux groupes parlementaires ont finalement accepté de se retrouver autour d?une table, demain après-midi, pour préparer la reprise parlementaire.
Or, jusqu?à mercredi dernier, jour limite pour la soumission des questions parlementaires, les députés de l?opposition ne savaient toujours pas s?ils maintiendraient le même mode d?opération que celui adopté depuis l?ouverture de la législature.
Les interpellations émanant de l?opposition ont été déposées au secrétariat de l?Assemblée nationale sans aucune synchronisation. Si bien qu?il y a eu gaspillage de cartouches avec plusieurs questions consacrées à un même thème. C?est ainsi que, sur les 13 questions adressées au Premier ministre, pas moins de quatre sont axées sur les circonstances de la mort à la prison de Beau-Bassin du dénommé Jean-Pierre Ismaël, et deux sur l?incident survenu le 29 janvier à New-Grove et au cours duquel une femme aurait été sexuellement agressée au grand jour.
Les deux partis quadrillent le terrain
L?absence de coordination entre le MSM et le MMM au niveau des travaux parlementaires n?est, somme toute, que le sommet de l?iceberg. Sur le terrain, c?est la méfiance. Au vu du nombre de députés issus de ses rangs, le MSM aspire à un rôle de locomotive. Le MMM, qui a durant des décennies dominé la scène politique urbaine, ne l?entend pas de cette oreille. Malgré un nombre inférieur d?élus, 10 contre 12 pour son partenaire, il a le sentiment d?avoir fait les frais de sa générosité lors de la répartition des investitures pour les dernières élections générales.
Aussi, pour tirer les choses au clair, les deux partis quadrillent le terrain en vue de faire la démonstration de leurs poids respectifs. Et puisque le prochain test risque fort d?être le rallye de la fête du Travail, des préparatifs sont déjà en cours dans les deux camps pour attirer le plus grand nombre de sympathisants. Ils ont déjà sollicité et obtenu les autorisations nécessaires concernant les lieux de leurs meetings respectifs.
Le MMM, qui anime actuellement pas moins de deux réunions de mobilisation par semaine, sera rue Edward VII, à Rose-Hill. Le MSM sera, lui, devant le collège Royal de Curepipe.
Pour aider à faire monter la mayonnaise en prévision du 1er Mai, le MMM tient une assemblée spéciale de ses délégués ce matin à l?auditorium Octave Wiehé. Ce rassemblement sera présidé par Sam Lauthan. L?assistance aura aussi droit à des interventions de Paul Bérenger, de Rajesh Bhagwan, d?Ajay Gunness et de Steeve Obeegadoo.
Les Mauves attendent beaucoup de ce rendez-vous. Ils souhaitent y accueillir environ deux mille activistes. Et déclencher ainsi le déclic susceptible de dissiper la morosité qui les entoure depuis leur éviction du pouvoir et leur procurer du même coup le tonus nécessaire pour affronter la session parlementaire qui s?ouvre dans deux jours.
PROJET DE LOI
Pour le bien-être des consommateurs
Briser les monopoles pour donner plus de chances au sang nouveau d?irriguer le monde des affaires à Maurice. Et incidemment, faire le bonheur du consommateur en lui assurant, théoriquement du moins, davantage de choix. Ceci est un des arguments phares à la base desquels le présent gouvernement a gagné les dernières élections. Il se propose à présent d?honorer cet engagement à travers le Competition Bill qui sera débattu à l?Assemblée nationale à partir de ce mardi.
Ce projet de loi n?est guère plus imaginatif que le texte de loi existant qu?il est appelé à remplacer et qui, au moment de son introduction en 2003, avait été qualifié d?inadéquat. Le Competition Bill rationalise le cadre institutionnel : le Competition Appeal Tribunal et le Competition Advisory Council sont remplacés par une unique instance, la Competition Commission.
Si le texte de loi est adopté, le directeur de l?Office of Fair Trading continuera à enquêter sur les allégations ou suspicions de pratiques délictueuses dans le giron des affaires. Mais au lieu de traduire les coupables éventuels devant le Competition Appeal Tribunal, il ira en cour de district, si le ministre n?y voit aucun inconvénient.
Le principe de base n?a pas changé. Seulement, l?Office of Fair Trading perd un peu de son indépendance pour opérer sous la Competition Commission dont tous les membres sont nommés par le ministre et le président est désigné par le Premier ministre après consultation avec le leader de l?opposition.
Les délits restent les mêmes. Les pénalités sont légèrement rehaussées. C?est toujours auprès du ministre qu?il faudra faire appel contre les conclusions de l?Office of Fair Trading. C?est en Cour suprême qu?il faudra aller pour une révision du verdict de la cour.
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