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Une méprise qui tourne à la foire d?empoigne

20 septembre 2003, 20:00

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Si j?avais su, je serais resté couché ce dimanche 7 septembre », affirme Sanjay Bullye, 25 ans. Il était loin de se douter qu?une simple virée à la foire de Quatre-Bornes allait mal tourner. Il dit avoir été malmené par des policiers en civil alors qu?il faisait des achats. Selon ses affirmations, ces derniers l?auraient pris pour un voleur à la tire qui aurait sévi au même endroit. « Zot trappe dimounes innocents zot batter. C?est premier fois ki ene zaffaire coumesa arrive moi. Mo fine gagne mari honter », assure-t-il, encore bouleversé par sa mésaventure.

Le lendemain, suivant les conseils de ses proches, il a porté plainte au Police Complaints Bureau. « Dans ce genre de situation, le Police Complaints Bureau écoute les deux parties. Et à partir de là, il décidera si l?affaire sera référée au Directeur des poursuites publiques », explique un policier. Au poste de police de Quatre-Bornes, on ne souhaite pas faire de commentaires sur cet incident, si ce n?est que « l?enquête suit son cours ».

Un jeune homme branché

Mince, 25 ans, des mèches de cheveux décolorées, Sanjay Bullye offre l?image d?un jeune homme branché et sans histoires. C?est ce que confirme d?ailleurs la police de Mahébourg qui assure que Sanjay n?a pas de casier judiciaire. Habitant Rivière-des-Créoles, il vit actuellement chez son beau-frère à Saint-Pierre car il est employé sur un chantier à Sorrèze. Cela lui évite de perdre du temps et de l?argent en transport.

D?une voix presque tremblante, il raconte sa mésaventure. Une partie de son salaire en poche, il décide, ce dimanche-là, d?aller faire quelques achats à la foire de Quatre-Bornes en compagnie de quatre amis.

Il prévoit ensuite de rentrer chez lui, à Rivière-des-Créoles. Sanjay vient d?acheter quatre paires de savates lorsqu?il sent quelqu?un l?agripper par le bras. « Ene missié fine dire moi continuer marser ki li bisin fer ene lafouille lor moi. » Il comprend qu?il s?agit d?un policier en civil. Ce dernier l?entraîne dans le couloir de l?immeuble George Town où il est rejoint par un collègue. Ils trouvent une somme de Rs 2 800 dans le portefeuille du jeune homme.

Devant leurs questions sur sa provenance, Sanjay affirme qu?il s?agit de l?argent qu?il a gagné en travaillant. Tout en l?accusant d?avoir volé cette somme, l?un des policiers lui passe les menottes.

« Lorsque je lui ai demandé des explications, il m?a giflé. » Le policier l?interroge également sur la provenance d?un billet d?un dollar qu?un cousin lui a offert en souvenir. « Zot dir moi ki mo capave fermer avec ça. »

Man?uvres d?intimidation

Abasourdi, Sanjay est conduit au poste de police de Quatre-Bornes où les deux policiers poursuivent leurs man?uvres d?intimidation. Là, dans une salle située au fond du poste, on lui enlève son pantalon avant de lui poser la même question. Les policiers veulent aussi savoir s?il a réellement acheté les savates et un flacon d?eau de toilette Scorpion trouvé dans la poche de son veston.

« Lorsque je leur ai dit que j?avais acheté le parfum dans une grande surface à Saint-Pierre, l?un des policiers m?a giflé en m?insultant. »

Devant l?absence de motifs pour incriminer le jeune homme, ils finissent par le relâcher sans une excuse. Au contraire, ce sont des menaces qu?ils profèrent. « Zot dir moi ki zot pa oulé trouve mo figir dans Quatre-Bornes et zot ine oblize moi signe ene papier ki mo pas même conner ki été. »

Il raconte ses déboires au poste de police de Rose-Hill où on lui conseille d?aller à l?hôpital pour se faire examiner. Les coups reçus n?ont heureusement pas laissé de séquelles sauf des images fortes qui resteront gravées dans sa mémoire. Le jeune homme affirme qu?il peut identifier ses agresseurs et envisage des poursuites.

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