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Une main tendue à nos aînés handicapés
Lorsque Maryse a appris que sa mère ne marcherait plus, elle est tombée des nues. La jeune femme a dû prendre son courage à deux mains pour ne pas craquer devant la vieille dame qui perdait progressivement ses moyens. « Comme il n?y avait pas de centre spécialisé pour les myopathes, je me suis débrouillée pour prendre soin d?elle. Mais c?était dur, car je n?étais pas préparée à cela. » Les années ont passé, et Maryse se souvient avec amertume des derniers jours de sa mère avec ces mots lourds de sens : « Elle a beaucoup souffert? »
Il n?y a pas de raison pour que cela dure. L?État, avec l?aide de Lux Develop-ment, prendra désormais soin des vieilles personnes grabataires, grâce au Centre pour personnes handicapées à Pointe-aux-Sables. « Ce centre veut améliorer l?encadrement des personnes âgées handicapées », affirme Nityanand Lobind, Assistant Secretary au ministère de la Sécurité sociale.
Doté de tout le matériel nécessaire, le Centre, qui devrait ouvrir ses portes en septembre, offrira un espace de vie agréable. En outre, les futurs pensionnaires seront à la charge d?un personnel formé et qualifié. Sa gestion se fera en coordination avec les services existants.
Le ministère de la Sécurité sociale préparera un cahier des charges pour définir les modalités de fonctionnement.
« Nous accompagnerons le ministère pour que le fonctionnement du Centre soit optimum. Il peut compter sur notre appui », assure Geneviève Appadoo, conseillère technique chez Lux Development, pour les projets concernant Maurice.
Le Centre allégera ainsi les maisons de retraite qui accueillent des personnes âgées et handicapées, car dans la plupart des cas, ces institutions ne peuvent leur offrir que le strict minimum, vu qu?elles sont dépourvues d?équipements adaptés à leurs besoins. Selon une enquête de la Sécurité sociale, il existerait un millier de patients, répartis dans ces établissements et chez des particuliers. « Nos enquêteurs ont également noté que bon nombre de ces personnes souffraient de maltraitance et de solitude », confie Nityanand Lobind.
Mais tous n?auront pas accès au Centre puisque seules 16 chambres pouvant accueillir chacune deux personnes sont prévues au départ. L?établissement est toutefois conçu pour que huit ou douze chambres puissent s?ajouter au complexe. Au total, 70 personnes pourront y être accueillies. Geneviève Appa-doo affirme que ce projet n?a pas pour prétention de régler le problème. « Nous essayons d?apporter un élément de réponse. Une pléiade de dispositifs existe et c?est aux pouvoirs publics de trouver ce qui conviendra le mieux aux Mauriciens. » Lux Develop-ment finance ce projet à hauteur de Rs 30 millions et le gouvernement y contribue Rs 15 millions.
Mais ce qui tient encore plus a c?ur aux autorités, c?est la formation du personnel, particulièrement ceux qui seront en contact permanent avec le malade. Une équipe composée d?ergothérapeutes, de kinésithérapeutes, de psychologues, de psychiatres et d?infirmiers se penche actuellement sur la création d?un programme de formation. « Elle s?adressera non seulement au personnel du centre, mais aussi à tous ceux qui ont le bien-être des personnes âgées à c?ur. Nous réfléchissons ensemble pour proposer quelque chose de vraiment bien », souligne une des responsables.
<B>Offrir un environnement plaisant et spacieux</B>
Il faut savoir que s?occuper d?une personne âgée requiert une connaissance parfaite du patient et de sa maladie. Alitées, la plupart du temps, les personnes handicapées risquent des complications comme une excoriation de la peau. « Dans ce cas, il faut retourner le patient toutes les deux heures, le masser pour que la peau ne se creuse pas avec la transpiration », explique notre interlocutrice.
Il faut donc de la méthode pour prendre en charge ces personnes. « Les carers seront amenés à changer la position des malades, à les doucher et à les nourrir. Cela risque d?être très éprouvant pour leur dos s?ils n?y prennent pas garde. Nous serons là pour leur indiquer la meilleure façon d?exercer leur métier. »
Et que pensent ceux et celles qui ont ?uvré toute leur vie aux côtés des malades et des handicapés ? S?ur Maryline, directrice d?une maison de retraite à Belle-Rose, souligne la nécessité d?offrir un environnement plaisant et spacieux. « Mais le plus important, c?est que les malades soient entourés de gens compétents. Ils ont besoin d?être encadrés et de sentir qu?on les aime. »
<B>Le Centre et ses dispositifs</B>
Les critères d?admission n?ont pas encore été établis. Mais ceux qui sont éligibles doivent avoir 60 ans et présenter un handicap lourd résultant d?un trouble génétique ou physique. Deux des 32 pensionnaires seront des malades en phase terminale. L?institution bénéficiera de l?assistance d?un médecin et d?infirmiers, ainsi que de kinésithérapeutes. On comptera aussi sur une vingtaine de carers. Les locaux sont spécialement aménagés pour permettre aux handicapés de se déplacer en fauteuil roulant. De plus, des équipements thérapeutiques seront mis à leur disposition. Construit sur une superficie de 8 500 mètres carrés, le Centre for the severely handicapped persons comprendra une salle de thérapie, une cuisine, une buanderie, et un bloc administratif.
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