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Une mère autorisée à emmener ses enfants vivre en Grande-Bretagne

1 août 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elle s?est battue un an durant pour ne pas avoir à laisser ses enfants ici afin de les emmener vivre avec elle en Grande-Bretagne. Malgré les objections répétées de leur père dont elle a obtenu le divorce, Marie Doryanne Drosthy Charlette n?a pas flanché. Sa persévérance a payé. La Cour suprême l?a autorisée jeudi à emmener sa fille de huit ans et ses jumeaux de cinq ans. Sous certaines conditions qu?elle s?est engagée à respecter.

Alors qu?elle est encore à Maurice en août 1992, Marie épouse Louis Roger Denis. De cette union naissent trois enfants. Quelque dix ans plus tard, soit en novembre 2002, Louis quitte le toit conjugal. Marie lui reproche d?être irresponsable. Il aurait dépensé Rs 200 000 qu?elle avait placées en banque. Un prêt contracté pour payer une opération que devait subir sa mère.

Elle l?accuse aussi d?avoir fait un retrait sur le compte de ses enfants à la poste, précisant, dans la foulée, qu?il ne paie pas les factures d?électricité et d?eau. Et d?ajouter que cela fait sept ans que son mari ne rembourse plus sa part d?un emprunt contracté à deux pour la construction de leur maison. Il aurait, en outre, vendu sa motocyclette sans son aval et gardé l?argent.

Objections du père

Après leur séparation, Marie s?occupe seule de ses trois enfants. En mai 2003, elle demande le divorce et la garde de ces derniers. Louis n?objecte pas. Avant que le divorce ne soit prononcé, en septembre 2003, elle se rend en Grande-Bretagne où elle obtient un emploi comme infirmière à l?hôpital de Nutfield, Cambridge. Elle laisse ses enfants avec ses parents mais a des contacts réguliers avec eux.

Marie rentre au pays le 10 juillet 2004. La Cour suprême prononce, six jours plus tard, un divorce provisoire en raison de la faute de son mari. Elle obtient la garde des enfants. Et Louis est sommé de lui verser Rs 4 000 comme pension alimentaire. Entre-temps, Marie fait une demande pour emmener ses enfants avec elle. Mais Louis objecte. Devant reprendre le travail, elle repart, le 9 août, en Grande-Bretagne, sans ses enfants.

Durant son absence, le 21 septembre 2004, Louis fait une demande devant le juge en référé pour la garde immédiate des enfants. Car, dit-il, Marie les a laissés avec ses parents. Et ces derniers l?empêchent de les voir. Le 27 septembre, Marie est de retour à Maurice pour objecter à la motion de son mari. Elle dépose une autre motion, le 15 octobre 2004, devant la Cour suprême, réclamant la permission d?emmener ses enfants. Nouvelle objection de Louis. La motion doit donc être débattue le 5 novembre 2004. Mais elle est rayée : Marie a quitté le pays avec ses enfants.

En Cour, Marie a présenté ses excuses et expliqué que les noms de ses enfants sont sur son passeport et qu?elle peut voyager avec eux. Pour soutenir sa motion, elle a affirmé que depuis leur séparation, Louis visite rarement ses enfants à la maison ou à l?école pour passer des moments avec eux. Car, a-t-elle déclaré, il ne s?intéresse pas à eux.

Marie s?est, de plus, dit capable de subvenir aux besoins de ses enfants et assurer leur avenir avec le salaire qu?elle touche en Grande-Bretagne. Elle s?est engagée à respecter les droits de son mari en ce qui concerne les visites aux enfants si sa demande est agréée.

Louis a, pour sa part, donné une autre version des faits. Il n?est pas dans l?intérêt de ses enfants d?aller vivre avec Marie, a-t-il soutenu, reprochant à cette dernière son attitude en l?empêchant de voir ses enfants. Il a expliqué que Marie travaillera la nuit et les week-ends et qu?elle laissera ainsi les enfants seuls.

Rs 200 000 comme ?sécurité?

Celle-ci a alors rétorqué que sa mère viendra vivre avec elle en Grande-Bretagne et prendra soin des enfants pendant son absence, ajoutant d?ailleurs qu?elle va travailler rarement la nuit et les week-ends.

La juge Saheeda Peeroo a tranché en sa faveur à certaines conditions cependant. Marie n?emmènera pas les enfants avec elle avant fin août et ne refusera pas qu?ils restent avec leur père chez les parents de ce dernier. Elle s?est aussi engagée à permettre aux enfants de rendre visite à leur père à Maurice, à ses frais, en août de chaque année, à appeler son mari chaque week-end et à permettre aux enfants de lui parler.

Elle devra, en outre, lui envoyer les rapports scolaires des enfants chaque trimestre, l?informer de tout changement d?adresse ou de numéro de téléphone, le laisser rendre visite aux enfants quand il se rend en Grande-Bretagne. Une somme de Rs 200 000 devra finalement être versée comme ?sécurité? pour assurer qu?elle agira en conformité avec lesdites conditions. Marie était représentée par Me Dick Ng Sui Wa et Me Narendra Appa Jala, avoué.

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