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Une loi du Sénat US menace l?externalisation

27 janvier 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?industrie naissante de l?externalisation (business process outsourcing) se heurte déjà à quelques obstacles, notamment sur le marché américain. Le Sénat américain a voté jeudi dernier une loi interdisant aux compagnies américaines de sous-traiter l?exécution (partielle ou totale) des contrats gouvernementaux qu?ils ont obtenu vers d?autres pays.

L?Inde est le principal pays touché par cette mesure dont l?objectif premier est de protéger l?emploi des cols blancs aux Etats-Unis. La Grande péninsule est la principale plate-forme offshore de développement de logiciels et du traitement des opérations back-office pour le compte des services publics américains.

Les opérateurs mauriciens dans leur ensemble sont peu concernés à ce stade, mais suivent de près la situation. Ceridian Centrefile (Mauritius) est la filiale locale de Ceridian Corporation, un desleaders mondiaux de prestations de services de payroll et des solutions de ressources humaines. L?unité mauricienne sert essentiellement une clientèle britannique, mais compte diversifier ses services vers les marchés américain et canadien à partir de cette année. ?C?est sûr que cette loi va nous toucher?, observe le directeur de la branche locale, Ravind Nithoo.

Il se veut toutefois rassurant. ?Je ne vois pas cette position des autorités américaines prendre de l?ampleur dans les mois à venir. Je ne pense pas qu?une telle approche pour préserver les emplois puisse tenir la route pendant longtemps?, poursuit-il

Même dans les entreprises indiennes, l?on essaie de minimiser l?impact de cette nouvelle donne. La nouvelle législation ne concernera que 2 % des revenus provenant du développement des logiciels liés aux projets gouvernementaux, estime le président de la National Association of Software and Service Companies (Nasscom), Kiran Karnik, dans un commentaire à l?Economic Times of India.

Toutefois, les analystes craignent que la démarche du Sénat n?ouvre la voie à d?autres restrictions, dont une éventuelle extension de la loi aux contrats privés. Les syndicats pourront profiter de l?approche des présidentielles pour faire pression dans ce sens.

La décision du Sénat est contraire à l?esprit du libre-échange de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) et dont les Etats-Unis se font un des principaux apôtres, constate Kiran Karnik. En interdisant la sous-traitance vers des pays qui ont une main-d??uvre à faible coût, ajoute-t-il, le gouvernement américain laisse échapper un occasion de réaliser des économies sur les coûts.

?C?est une mesure purement électoraliste, avance dans le même journal, Arun Jain, président de Polaris, un éditeur de logiciel basé à Chennai. Cela ne pourra pas renverser la tendance actuelle de la sous-traitance. Les entreprises chercheront toujours des endroits où elles pourront fabriquer les meilleurs produits à des meilleurs coûts.?

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