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Une formule ?win-win?

8 août 2007, 00:00

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Une formule ?win-win?

Le capitalisme mû par le bénévolat! Des entreprises qui, au-delà de l?aspect profit, ?uvrent pour le bien-être de la société... De prime abord, cela peut sembler peu convaincant que le système capitaliste, qui profite à une minorité au détriment de la majorité, se prête à la responsabilité sociale. Car, le but des compagnies ne semble pas être le bénévolat, mais plutôt les gains financiers. Cependant, au vu des différentes activités en matière de RSE, les entreprises démontrent que des systèmes alternatifs peuvent déboucher sur un monde des affaires plus humain.

Pourquoi la RSE ? Jean-Marie Richard, consultant principal d?Imagine Communication, explique qu??une entreprise doit s?efforcer d?être un membre reconnu et respecté de la société en contribuant à son développement durable en tant qu?acteur responsable du développement au bénéfice de toutes les parties prenantes de la société?. Le constat qui est fait aujourd?hui est que ?les entreprises ont à faire face à une palette d?obligations, sans doute grâce à la pression de la société civile, des ONG en particulier et du fait que l?Etat se donne de moins en moins les moyens d?intervention économique?.

Ainsi, explique Jean-Marie Richard, les entreprises doivent non seulement satisfaire leurs clients et employés en proposant des produits et services de qualité ?de manière efficace et professionnelle mais elles doivent aussi se donner les moyens de répondre à des attentes et aux aspirations des citoyens en matière par exemple de protection de l?environnement et contributions diverses au niveau social, culturel, pédagogique, etc.?

Ce qui fait que dans un premier temps, la RSE est perçue comme un concept au sein d?une sphère d?influence restreinte, en vertu duquel la responsabilité d?une entreprise se limite à la communauté dans laquelle elle fait des affaires. Koraysha Dunputh, coordinatrice de marketing chez Axess explique : ?On a beaucoup de projets sociaux dans la région où on se situe par attachement émotionnel.?

Cependant, la RSE peut prendre une dimension beaucoup plus large, dépendant de la façon dont les entreprises adoptent et mettent en oeuvre des politiques de RSE globales pour le bien de la société. Dans cette optique, David Martial, Communication Manager du group Ciel, nous dit : ?La RSE est beaucoup plus que simplement faire des dons en argent. Les compagnies du groupe Ciel font beaucoup d?activités liées à la responsabilité sociale. Elles ont pour but d?améliorer la vie des gens et le social. Pour ce faire, une structure officielle a été mise en place. Un budget a été voté et la RSE forme un aspect important du business plan de l?organisation.? Le groupe Ciel ayant aussi des compagnies de textile à Madagascar, des activités caritatives sont aussi prévues dans la Grande île. ?Le groupe offre son soutien aux jeux des îles?, ajoute David Martial.

?Outil fédérateur dans l?entreprise?

Nous avons cherché à savoir quel intérêt les entreprises peuvent trouver dans la responsabilité sociale. David Martial du groupe Ciel admet que la RSE est bénéfique pour la société tout comme pour l?organisation. Il avance : ?Nous nous sommes lancés dans la RSE de bonne foi. Mais évidemment, la stratégie de RSE, reposant sur une saine éthique et des valeurs fondamentales, offre des avantages. Elle aide à maintenir la bonne réputation du groupe tout en aidant à maintenir une bonne relation avec nos différents partenaires.»

Du côté de la banque Barclays, Gadi Chetty, la responsable de communication, va dans le même sens : ?Nous investissons 1 % de profit avant la taxe dans le social. Barclays supporte fermement la responsabilité sociale car nous croyons qu?elle engendre la confiance et l?engagement de nos partenaires.?

Il en découle que le rapport de l?entreprise à son environnement externe est devenu un point important. Jean-Marie Richard va plus loin et ajoute : ?Pour ce qui est des intérêts, ils sont multiples et se déclinent tant au niveau interne qu?externe de l?entreprise ? le projet de responsabilité sociale et de citoyenneté peut être un formidable outil fédérateur au sein de l?entreprise et de ses différents corps de métiers ? qu?au plan externe : c?est toute la réputation et l?image de l?entreprise et donc ses produits et services qui en sortent gagnants à condition que l?action soit sérieusement pensée, planifiée et aussi qu?elle soit sincère et transparente. Cela se vérifie toujours au moment de périodes de tension voire de crise.? Ainsi, la RSE, fondée sur l?intégrité, des valeurs saines et une approche à long terme, engendre une relation gagnant-gagnant. Les entreprises qui constituent une partie intégrante de la communauté ne peuvent progresser si la société qui l?entoure est en déclin.

Préoccupations éthiques

De ce fait, la RSE va au-delà des actions purement philanthropiques. Elle fait également l?objet d?un intérêt personnel. D?ailleurs, les activités sociales des entreprises se présentent parfois comme une occasion idéale pour faire de la publicité. Est-ce l?une des raisons pour lesquelles les activités caritatives des entreprises sont la plupart du temps médiatisées ? Nous nous sommes tournés vers la British American Tobacco pour trouver une réponse, car il peut sembler paradoxal de parler de responsabilité sociale quand l?on commercialise la cigarette, qui est mauvaise pour la santé.

Jim McCormick, le directeur général de la BAT, précise : ?La BAT a été impliquée dans le bénévolat bien avant la restriction des publicités sur la cigarette. Nous investissons beaucoup dans différents projets, notamment, l?undergraduate scholarship, l?aide apportée aux non-voyants, au sustainable agriculture project, entre autres. Cependant, ce ne sont pas toutes nos ?uvres caritatives qui sont médiatisées. La médiatisation de certaines de nos activités n?est qu?un moyen pour encourager les autres à apporter leur aide à la communauté.?

De plus en plus, les entreprises affichent des responsabilités sociales et s?engagent à respecter des règles ou des codes de bonne gouvernance. Ces pratiques se sont multipliées avec la montée des préoccupations éthiques dans des groupes d?entreprises et avec le souci d?éviter la projection d?une mauvaise image. Donc, même si le budget 2006-2007 ne permet plus les exemptions fiscales auxquelles les donateurs aux institutions charitables avaient droit, l?ardeur de certaines entreprises en matière de responsabilité sociale n?a pas été refroidie. Les engagements en matière de RSE constituent sans aucun doute une composante essentielle des efforts de toute entreprise qui veut maintenir une bonne réputation en aidant les autres. En fin de compte, en faisant une bonne action pour la société, les entreprises en sortent bénéficiaires. Comme quoi, l?on récolte ce que l?on sème.

<B>Aansa BEDACEE</B>

DEFINITION

Du bien-être de l?employé aux préoccupations environnementales

■ La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. On considère, que tout ce qui dépasse les strictes obligations légales des entreprises entre dans le champ volontaire de la responsabilité sociale de celles-ci. Elle peut recouvrir plusieurs aspects : du bien-être des salariés de l?entreprise et de leur famille à l?insertion sociale des personnes vivant autour des lieux d?implantation de l?entreprise. Elle peut aussi prôner le respect de pratiques éthiques dans les affaires (lutte contre la main-d??uvre enfantine, par exemple) ou encore le respect de l?environnement.L?approche RSE peut permettre de mettre en ?uvre, entre autres, de nouvelles régulations et une meilleure gouvernance d?entreprise, que l?entreprise soit grande, moyenne ou petite, dans les pays dits développés, comme dans les pays en développement. Son avantage résidera dans l?instauration d?une meilleure ?contextualisation? des activités économiques des entreprises, une meilleure structuration des relations avec les parties prenantes, et théoriquement une meilleure gouvernance d?entreprise. Chaque entreprise adapte cette démarche à son rythme et selon sa culture.

Source : Wikipédia

<B>LA RSE, UNE FORME DE RELATIONS PUBLIQUES MANIPULATRICES? </B>

■ Pour certains, la RSE peut être une nouvelle forme de communication manipulatrice et cynique à bon compte des entreprises : la seule raison pour laquelle les entreprises mettraient en place des projets de RSE serait une raison utilitaire, avec un bénéfice commercial dans l?amélioration de leur réputation auprès du public et des gouvernements.

On découvre sur le site web de Wikipédia le paradoxe créé par le double langage de certaines entreprises. La RSE permet de constater d?une part le paradoxe de certains acteurs à créer un double langage entre discours et réalité. Certains exemples de paradoxes sont rapportés par les médias. Un ?paradoxe? survient quand d?un côté, une société s?engage dans une action de RSE, prend par exemple des engagements concernant le développement durable tandis que de l?autre côté, des révélations accusatrices et circonstanciées au sujet de ses pratiques émergent au grand jour. Certaines ONG comme Christian Aid ont clairement dénoncé des abus de la part de certaines grandes multinationales dans certaines parties du monde.

Par exemple aux États-Unis, McDonald?s illustre ce comportement paradoxal. Société emblématique qui a toujours souhaité affirmer ses engagements économiques, sociaux voire environnementaux, cette société a été critiquée pour des pratiques d?affaires non éthiques. Lors du traitement de l?affaire McLibel par la justice britannique, celle-ci a confirmé certaines plaintes pour mauvais traitement des travailleurs, publicité abusive et traitement cruel des animaux. Finalement, la Cour européenne des droits de l?homme a tranché en faveur de Helen Steel et Dave Morris, (deux militants écologistes) dans leur bras de fer avec McDonald?s dans l?affaire McLibel. L?avocat du duo a déclaré : ?La Cour européenne des droits de l?homme a considéré que des violations des droits de l?homme avaient été commises à leur encontre ? qu?il y avait eu une iniquité procédurale dans l?affaire et que les procédures adoptées n?étaient pas équitables.? Wal-Mart est également un exemple saisissant de double langage en matière de RSE avec de lourds contentieux dans le domaine social.

À défaut d?honorer cet engagement, elle prend un risque médiatique de réputation voire de confiance par un effet de boomerang. Ce risque viendra en cas d?abus manifeste tôt ou tard se rappeler avec force au bon souvenir de tous ceux qui souhaiteraient à mauvais escient manipuler les autres parties prenantes et les actionnaires en premier lieu.

Source : Wikipédia, l?encyclopédie libre.

QUESTIONS À?

<B>Malenn OODIAH, Sociologue</B>

Pourquoi les entreprises investissent-elles dans le social ?

Précisons d?abord que toutes les entreprises à Maurice n?ont pas une politique de responsabilité sociale et citoyenne et que par conséquent elles n?investissent rien. Certaines font quelques donations et sponsorisent ponctuellement des activités et événements mais ce n?est pas de la corporate social responsibility (CSR). Celles qui ont une politique de CSR définie avec une structure et une philosophie investissent parce qu?elles pensent qu?au-delà de leur rôle économique de création de richesses et d?emplois, elles ont envers la société, au sein de laquelle elles opèrent, une responsabilité sociale et citoyenne. Elles le font pour apporter leur contribution à des causes sociales ? lutte contre la pauvreté, aide à l?éducation et à la formation ? et environnementales. Elles veulent une meilleure intégration de l?entreprise tant dans son environnement de proximité que dans la société globale.

Les entreprises tirent-elles des avantages de leurs activités en matière de responsabilité sociale ?

Les entreprises ont tout à gagner d?un environnement social tant sur le plan local, régional et local qui ne soit pas miné par des fléaux sociaux et les problèmes environnementaux. Les entreprises qui sont engagées dans la CSR sont plus conscientes des problèmes qui peuvent affecter les membres de leurs personnels. Cela les aide à mieux formuler leurs politiques de ressources humaines par exemple.

Pour les entreprises qui font de la CSR ce n?est pas seulement une question d?investir de l?argent mais d?apporter un savoir-faire et d?inciter les personnes qui le souhaitent au sein de l?entreprise à s?engager de manière volontaire pour incarner cette responsabilité sociale et citoyenne.

L?avantage, c?est définitivement au niveau de l?image de l?entreprise. Les bénéficiaires directs et indirects et l?opinion publique en général les perçoivent comme des entreprises qui ne sont pas uniquement intéressées par le profit que leurs activités génèrent.

Si les entreprises tirent des avantages de leurs activités, la société aussi en retire, d?où la nécessité que davantage d?entreprises aient une réelle politique de responsabilité sociale et citoyenne.

Est-ce que les entreprises socialement responsables devancent leurs concurrents, qui eux, ne le sont pas ?

Oui. Nos sociétés de même que nos entreprises doivent se conformer aux règles de bonne gouvernance et la RSE est une composante de la bonne gouvernance. Les sociétés qui sont socialement responsables devancent comme vous dites leurs concurrents. D?ailleurs, il y a de plus en plus d?entreprises qui aujourd?hui s?inspirent de ce qu?ont fait les entreprises pionnières dans ce domaine. Il y a comme la nécessité de ne pas se laisser devancer, voir de rattraper le retard.

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