Publicité

Une fierté partagée

8 octobre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il faut avoir galopé dans les plaines et les sentiers avec les femmes, les vieux et les enfants. Il faut avoir participé aux différentes réunions préparatoires tenues sous la pluie et un soleil de plomb en été pour comprendre l?importance que les Rodriguais accordent à l?autonomie.

Depuis six ans que l?île est autonome, les Rodriguais respirent mieux. C?est un fait irréfutable. Il faut saluer le combat des différents politiques locaux pour préserver ce statut. Que ce soit Serge Clair, leader de la minorité, Nicolas Von-Mally, Christian Léopold, Alex Nancy, Robert Spéville, députés de l?Assemblée nationale ou Johnson Roussety, Chef commissaire, chacun à sa manière, se bat bec et ongles pour préserver ce bien commun et combien précieux pour tous.

Oui, les Rodriguais sont heureux de leur statut. Il faut être à leurs côtés à chaque fois qu?il y un lâcher de ballons lors du traditionnel dépôt de gerbes au Monument de l?Autonomie à Malabar pour ressentir ce sentiment de fierté qui les anime à chaque 12 octobre, date de l?accession de l?île au statut d?autonomie. Il faut les entendre parler de leur fierté d?être des Rodriguais au sein de la République. Il faut assister à la soirée des récompenses réservée à ceux qui ont milité pour le développement de l?île pour comprendre ce sentiment de plénitude.

Au bout de ces six années, cette idée d?autonomie a-t-elle évolué? En vérité, au fil des années, les Rodriguais ont appris à se serrer les coudes pour faire face aux défis, à l?adversité. La priorité, c?est le développement dans le respect des spécificités de l?île. Le sens de l?initiative se développe, Le retour à la terre devient un must chez de nombreuses familles. «Produire et consommer local». Il y a un nouvel intérêt chez les jeunes pour les secteurs de la pêche hauturière, du tourisme, de l?élevage et de l?agriculture. Pour cela, il faut reconnaître le rôle positif de l?Assemblée régionale qui renforce les compétences et prend les actions nécessaires pour booster la débrouillardise et décourager l?assistanat.

En six années d?autonomie, l?île a passé la période d?essai. Elle a eu sa licence pour voler de ses propres ailes. Toutefois, il faut que le gouvernement central cesse de faire croire que chaque budget ou allocation supplémentaire accordés à Rodrigues est une forme d?assistanat. A chaque fois qu?il a été question d?argent, du sort des pêcheurs et des spécificités rodriguaises, les relations entre Port-Mathurin et Port-Louis se sont détériorées. N?est-il pas temps de mettre au rancart le malaise qui a suscité récemment la remise en question de l?autonomie et poussé à la revendication de l?indépendance de l?île.

Publicité