Publicité

?Une feuille de route pour rapprocher les îles de la COI?

16 février 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La Commission de l?océan Indien (COI) doit devenir avant tout ?crédible? et ?réaliste? tant à l?interne qu?à l?externe. Pour cela, elle doit réaffirmer ses spécificités et mener des projets en commun en oeuvrant pour plus de cohérence et de cohésion entre les différents pays, souligne un rapport du Comité des sages sur les nouvelles orientations stratégiques de la COI.

Ce rapport se veut ?une nouvelle feuille de route qui doit amener la COI à consolider le rapprochement des îles de l?océan Indien afin de contribuer à l?unité de la région et à lui donner les moyens de devenir une force pour faire entendre sa voix?, écrit le Comité des sages. Il sera présenté à la prochaine réunion du Conseil des ministres de la COI aux Comores et ultérieurement, au sommet des chefs d?Etat et de gouvernement de la Commission.

Dans son analyse, le comité fait ressortir que la COI est nécessaire ?au développement des pays membres mais sous réserve d?une véritable volonté politique exprimée et affirmée par ces pays?. Ainsi, les États membres doivent affirmer leur volonté politique d?adhésion aux principes de démocratie, de bonne gouvernance et du respect des droits de l?homme. Ces États doivent ?mettre en ?uvre une politique nationale de développement durable qui place l?homme au centre de tout projet?.

Le Comité des sages souligne également que l?élargissement de la COI n?est pas pour l?heure une priorité. Car ?la COI doit d?abord consolider sa cohésion, relever les défis qui lui permettront de répondre aux attentes des populations et consolider ses relations.? Il est important, en premier lieu, de coordonner et de favoriser des actions pour lutter contre la pauvreté, le chômage et les grandes pandémies, souligne le rapport. Les Etats membres doivent donc ?tout mettre en ?uvre pour que les décideurs partagent une vision commune de l?avenir qui impose que les instances de la COI cherchent un consensus de base sur les enjeux d?intérêt commun?. Et de préciser que des actions prioritaires doivent être entreprises concernant la santé publique et l?aide aux personnes vulnérables afin de promouvoir les droits de la femme et défendre ceux des enfants. Ainsi, pour que la COI puisse assumer pleinement son rôle, ?le renforcement des attributions du secrétariat et une révision de son budget de fonctionnement? sont nécessaires.

La coopération diplomatique entre les pays membres de la COI, un des axes majeurs de l?organisme, ne semble avoir été ni renforcée ni développée au cours des dernières années, dit le rapport. ?Ce rôle politique doit être autant de l?engagement de la Commission pour aider à résoudre les crises politiques internes des pays membres, de sa capacité à agir comme médiateur dans des conflits, que de son rôle sur le plan international vis- à- vis des organisations intergouvernementales.? La Commission doit ainsi avoir un ?droit? et aussi un ?devoir? d?intervention pour promouvoir la résolution de certaines crises internes aux pays membres.

La langue à être utilisée par la COI a aussi été évoquée. Pour le Comité des sages, le français doit demeurer la langue officielle mais il ajoute que dans le contexte de la mondialisation, il faut que la Commission collabore davantage avec les organisations multilatérales non francophones. Pour ce faire, la Commission doit favoriser le bilinguisme (français-anglais) lors de ses séances de travail avec le COMESA, la SADC ou encore l?Union africaine. Le Comité émet également l?idée qu?un rapport annuel bilingue soit publié car cela permettra à la Commission de rayonner au-delà de la zone océan Indien.

Le rapport recommande aussi que la COI se dote d?une instance lui permettant d?avoir une réflexion stratégique, politique, diplomatique, économique et sociale permanente. Appelée ?Comité de coordination et d?orientation?, cette structure serait le lieu de réflexion et de propositions.

Le secteur privé paraîtrait pour sa part déçu des performances de la COI. Cela, en dépit du programme PRIDE qui favorisait le rapprochement des opérateurs économiques de la région. Le Comité souhaite ainsi qu?un programme d?appui soit élaboré afin d?utiliser les atouts économiques des îles de la région, de diversifier leur économie et de stimuler leurs échanges commerciaux. Il se montre ainsi favorable à un accord multilatéral de coopération économique entre les pays membres. Ce sera l?occasion pour les décideurs politiques d?associer les opérateurs socioéconomiques à la mise en place d?une véritable coopération régionale, explique le Comité des sages.

Ce dernier fait également état des possibilités de mettre en place de véritables filières économiques régionales basées sur la complémentarité des économies et l?existence du savoir-faire. Ainsi, souligne le rapport, certains pays membres s?approvisionnent à l?extérieur de la zone COI alors que ces mêmes produits pourraient être importés des pays membres. Les pays de la région doivent donc coordonner leurs politiques afin de créer un environnement favorable aux investissements croisés et de faire en sorte que la région devienne une zone d?accueil pour les investissements étrangers.

En dernier lieu, le Comité propose que la COI soit rebaptisée la Communauté de l?océan Indien. Cela, dans le but de développer davantage le sentiment d?appartenance indocéanique et de tenir compte des évolutions internationales et régionales.

C?est en février dernier, lors d?une réunion aux Seychelles, que le Conseil des ministres de la COI avait décidé de confier à un Comité des sages, la mission de réfléchir à de nouvelles orientations stratégiques de la COI. Dans ce comité, on retrouve Shirin Aumeeruddy- Cziffra, ombudsperson pour les enfants et ancienne ministre et présidente du Conseil permanent de la francophonie, Caabi Elyachoutu Mohamed, vice-président de l?Union des Comores et ancien secrétaire général de la COI, Jean-Raymond Mondon, président du Conseil économique et social régional de la Réunion, Emile Ralaisoa Rakotomahanina, professeur titulaire de sciences physiques et recteur honoraire de l?université d?Antananarivo, et France Albert Payet, président de la Chambre de commerce et d?industrie des Seychelles.

Publicité