Publicité
Une femme de 94 ans meurt dans l?incendie de sa maison
Par
Partager cet article
Une femme de 94 ans meurt dans l?incendie de sa maison
Des gyrophares illuminent l?autoroute du Nord en face de la centrale de distribution de Happy World Foods. Accoudés aux garde-fous, des badauds regardent les pompiers qui viennent de circonscrire les dernières flammes s?échappant d?une vieille bicoque à la rue Deschartes, à Port-Louis.
Les commentaires vont bon train entre les voisins et les pompiers. Y a-t-il des personnes prisonnières de l?incendie ? On fait le décompte des rescapés. Afeeza Beekhun, 94 ans, manque à l?appel. Elle vit seule. Ses voisins immédiats n?ont pas eu le temps de lui porter secours, lors du sauve-qui-peut ayant suivi les premières flammes.
En écoutant les témoignages des voisins et des proches de la victime, il est évident qu?encore une fois, c?est une bougie qui serait à l?origine de ce drame. Bien que sa maison soit pourvue d?électricité, Afeeza Beekhun persistait, comme bon nombre de vieilles personnes, à utiliser une chandelle pour éclairer sa chambre dès la nuit tombée. Par manie ou par souci d?économie, nul ne le saura. C?est peu avant 19 heures que l?alerte a été donnée par l?un des colocataires de la nonagénaire. Les flammes ont eu vite raison de la vieille maison faite de bois et de tôles.
Dans un quotidian
L?incendie a fait une victime et a mis cinq familles à la rue. Tout comme Afeeza Beekhun, ils louaient des chambres de la vieille bâtisse appartenant à la Société Anjooman, engagée dans la réparation des radiateurs depuis 1928.
Abattu, en larmes, l?un des deux fils de la victime, Rassoul Bheekhun, confie qu?il avait demandé à sa mère de déménager pas, plus tard que la veille du drame. Mais elle ne voulait pas abandonner cette maison dans laquelle elle a vécu quarante ans . Elle préférait vivre seul.
Rahima Jhingree sanglote. Dans l?incendie, elle s?est brûlée les mains. Mais ce n?est pas la raison de son chagrin. Elle a pratiquement tout perdu dans cet incendie. Avec six membres de sa famille, dont sa mère handicapée, ils partageaient deux chambres. «Mon fils vient de se marier il y a un mois. Son poste de télévision, son réfrigérateur sont perdus. Ce soir, je vais aller habiter chez ma soeur. Je ne sais quoi faire les jours suivants. J?espère que l?Etat va nous aider à nous en sortir».
Le corps calciné d?Afeeza Bheekun, après avoir été examiné par le médecin légiste Abdool Khalick Mohungoo, a été évacué vers 20 h 45 hier, sous les regards attristés des habitants de la rue Deschartes.
Un voisin montre à notre photographe un article ayant paru récemment dans un quotidien faisant état de la misère des vieilles personnes vivant seul. Parmi le cas d?Afeeza Beekhun était évoqué...
Publicité
Publicité
Les plus récents