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Une entreprise à visage humain
Les particules de coton, qui flottent dans l?air, donnent aux lieux un aspect brumeux, presque irréel. Des silhouettes, furtives, glissent sans effort entre d?impressionnants engins de métal. Seul le bruit sourd des machines high-tech vient rappeler l?intense travail qui est fourni ici pour produire quotidiennement entre 16 et 20 tonnes de fils de coton.
Parce que la réussite d?une entreprise se mesure aussi à travers le regard de ses employés, nous sommes donc partis à la rencontre de ces hommes et de ces femmes qui s?investissent chaque jour un peu plus dans la réussite de la Compagnie mauricienne de textile (CMT). Comme aime à le répéter son directeur, François Woo : « Tous veulent savoir quel est le secret de la CMT. Et bien, c?est simplement prendre en considération le personnel et lui offrir un cadre de travail qui lui donne envie de donner le meilleur de lui-même. » Un secret qui n?en est plus vraiment un?
La filature de la Tour Koenig est en pleine effervescence. Sudesh veille. Les yeux rivés sur des bandelettes de coton qui défilent à toute vitesse, le jeune homme, qui compte tout juste une année de service, repère un fil qui a cédé. Les gestes, inlassablement répétés, sont précis. Il ne lui faut que quelques secondes pour replacer le fil et remettre en branle la « fileuse ».
L?usine, entièrement automatisée, nécessite peu d?intervention humaine. L?atmosphère n?en est pas moins chaleureuse pour autant. Tout comme Sudesh, ils sont quelque 150 personnes à travailler dans cette unité à la pointe de la technologie. Le ballet de ces opérateurs, qui slaloment dans les interminables allées de l?usine sur des patins à roulettes, est pour le moins surprenant. « C?est devenu un outil de travail indispensable qui nous permet de nous déplacer rapidement sur de longues distances. Nous serions comme handicapés sans nos patins », explique Ismaël, poussant à bout de bras un tonneau. Décontracté, Nitin Padaruth, ingénieur, salue un à un les opérateurs. « Nous privilégions ici une approche plus conviviale, moins formelle. Tout le monde se connaît », lâche-t-il.
Loin de l?incessante activité de la filature, le siège administratif de la CMT, situé à Phoenix, semble être bercé par la même philosophie. « Ce sont les petits détails qui font la différence. Nous voulons, chez nous, donner à notre personnel les clefs pour réussir », affirme le directeur de la CMT. Et d?ajouter que l?évolution de ses employés au sein de l?entreprise est primordiale.
Là encore, tout a été mis en ?uvre pour favoriser l?interaction entre membres du personnel. « La circulation de l?information est très importante entre les différents départements. Notre objectif étant que tout le monde sache ce qui se passe au sein de l?entreprise et qu?ils se sentent davantage impliqués dans son fonctionnement », fait ressortir Ehshan Nauzeer, Business Unit Leader. Les employés, à quelque niveau que ce soit, sont régulièrement invités à donner leur avis sur des sujets divers.
« C?est une entreprise à visage humain », ne manque pas de faire ressortir une employée qui compte un peu plus de 14 ans de service. Un constat partagé par de nombreux employés qui s?estiment plus chanceux que la plupart des ceux des industries textiles locales. « C?est certes un peu contraignant au niveau des horaires, mais c?est un boulot très motivant qui demande beaucoup de dynamisme », souligne Nadine Herbu, chargé des prises de contacts avec les clients.
Accoudé à sa table de travail, Philippe Cunden balaie la salle du regard. Cet ancien professeur de mathématiques à la retraite s?est reconverti dans le textile il y a quatre ans. Approché par la direction de la CMT, il explique avoir préféré le tumulte du monde du travail au calme de la retraite.
« François et son épouse ont été mes élèves du temps où j?étais encore enseignant », confie à qui veut l?entendre cet administrateur d?usine qui a sous sa responsabilité plusieurs centaines d?employés à l?unité de Ph?nix. Et d?ajouter qu?il n?est pas peu fier de la réussite fulgurante de son élève.
Tous sont unanimes. La réussite de la CMT, affirment-ils, est essentiellement due au dévouement des employés qui se voient offrir au sein de cette entreprise « un espace où faire jaillir et échanger leurs idées ». Un management qui, selon François Woo, continuera à porter ses fruits pour faire de la CMT une entreprise compétitive au niveau mondial.
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