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Une dispute conjugale dégénère en bagarre sanglante

17 avril 2008, 20:00

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«Letan mo get mo papa, mo ti krwar ki linn fini mor», dit Mehenaz Soojeewon. Son mari, Imran Soojeewon, 25 ans, aurait agressé son père, Muslim Maudarun, au sabre. Gravement atteint au genou, le blessé a été transporté à l?hôpital. Le premier diagnostic du médecin de service fait craindre une paralysie provoquée par la blessure.

Imran Soojeewon aurait mis sa femme Mehenaz à la porte mardi. Cette dernière a trouvé refuge chez ses parents qui habitent à quelques mètres de sa maison conjugale. Mais Imran Soojeewon n?aimait pas que son beau-père, Muslim Maudarun, ait accueilli sa femme. Il soupçonnait ses beaux-parents de s?engager dans la sorcellerie contre lui.

Mercredi, le lendemain du renvoi de sa femme, vers 19 h 30, Imran demande à Mehenaz de revenir chez eux. Muslim Maudarun décide d?accompagner sa fille chez son gendre. Il veut que tout rentre dans l?ordre. Mais, raconte Mehenaz, Imran menace son beau-père dès son arrivée chez lui. La mère d?Imran, son frère et ses deux cousins sont présents.

Imran dit à Muslim qu?il n?aime pas sa présence dans sa maison. La mère d?Imran, dit encore Mehenaz, se saisit d?un bâton et frappe Muslim. Imran, son frère et son cousin se précipitent alors sur Muslim, armés de sabres et de bâtons. Muslim tente de fuir mais, souffrant des reins, il peine. Essayant de sortir précipitamment de la maison des Soojeewon, il atterrit dans un canal. Ses trois poursuivants le rattrapent et le frappent, à coups de sabre, au genou et à la tête.

Colère des habitants</B>

Mehenaz dit avoir supplié Imran, de s?être agrippée à sa jambe, de lui avoir demandé de ne pas faire de mal à son père à la santé fragile. Mais rien n?y a fait, Imran n?a pas cessé son agression, dit-elle. Les frères de Muslim Maudarun, et même des femmes de sa famille, habitant tous à proximité, lui viennent en aide. Abdulhah Maudarun, frère de Muslim, reçoit un coup de sabre au visage et un coup de fer à la tête. Mushirah, la s?ur de Mehenaz, est blessée à la main. Yousreen, la femme d?Abdulhah reçoit, elle, un coup violent à la main gauche.

Les voisins se rassemblent aussi, pour tenter de venir en aide à Muslim et à ses proches. Voyant ce grand groupe, les trois individus armés prennent la fuite. Mehenaz découvre son père couvert de sang. Imran se réfugie chez lui, avec ses deux complices présumés. Des volontaires transportent les blessés à l?hôpital Jeetoo.

La police arrive quelques minutes plus tard et arrête Imran et son frère Faraz, connu comme Goulo. Dans un premier temps, Imteeaz Oosir, un cousin d?Imran, n?est pas arrêté. Ce qui provoque la colère des habitants de Vallée-Pitot. La police l?a cependant arrêté un peu plus tard. Tous trois ont comparu devant la cour hier.

Mehenaz raconte que son époux et sa belle-mère la battent fréquemment. Imran est menuisier mais ne travaille plus depuis quelque temps : «Mo misye pa travay. Se mwa ki travay pou soign li. Li rest lakaz li dormi.» Lundi, il avait bien proposé à sa femme de rester à la maison, qu?il irait désormais travailler pour s?occuper d?elle. Mais le lendemain, mardi, il la mettait à la porte.

<B>Sorcellerie</B>

Imran aurait renvoyé sa femme parce qu?elle ne lui a pas donné d?enfant après quatre ans de mariage. Il croyait également que ses beaux-parents pratiquaient la sorcellerie contre lui. Mushirah, la s?ur de Mehenaz, se dit persuadée que les trois hommes étaient venus dans le but de tuer leur père. Imteeaz Oosir, le cousin d?Imran, habite Deux-Frères. Mushirah affirme qu?il aurait fait le long trajet jusqu?à Vallée-Pitot pour aider Imran à attaquer son beau-père.

Quand Mehenaz avait rencontré Imran, il était un «autre homme», dit-elle. «Linn bien sanze. Avan, kan mo belmer ti an koler ar mwa, Imran ti pran mo par. Aster, linn sanze. Li nek bat mwa ek fer dominer», raconte cette femme meurtrie.

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