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Une décharge habitée, symbole de la pauvreté irakienne

24 février 2007, 00:00

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Assise sur une pile de déchets en décomposition dans une décharge de Bagdad, Houda Hamdane, 13 ans, personnifie la pauvreté touchant, selon un nouveau rapport de l?Organisation des Nations unies (Onu), un tiers de la population irakienne.

L?adolescente voilée de noir observe une petite pause. Son activité : fouiller dans les déchets, en faisant abstraction de l?odeur fétide, pour trouver des canettes et des bouteilles de verre qu?elle revendra pour quelques dinars irakiens.

Avec ses six frères et soeurs, elle doit faire face à la concurrence de dizaines d?autres fouilleurs d?ordures, parmi lesquels beaucoup de femmes et d?enfants, privés de toit par les violences entre chiites et sunnites qui les ont contraints à se réfugier à Sadr City, quartier chiite défavorisé de la capitale. De nombreuses familles chiites déplacées ont fait de cette décharge leur foyer. Elles vivent dans des conditions sanitaires souvent déplorables sous tente et dans des cabanes faites de bidons d?huile recyclés, ou squattent des bâtiments vides.

Selon un rapport publié récemment par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) et une organisation gouvernementale irakienne, 5 % des Irakiens, qui sont au nombre de 26 millions, vivent dans une extrême pauvreté.

D?après ce rapport, un tiers des Irakiens souffre de la pauvreté, mais aucune comparaison ne peut être établie avec les années précédentes par manque de données. Le Pnud y voit cependant «une détérioration des conditions de vie des Irakiens» par rapport aux années 1970 et 1980, où l?Irak était un pays relativement prospère. Quatre années de guerre, après une décennie de sanctions de l?Onu, dans les années 1990, ont asphyxié l?économie et fait exploser le chômage.

Hamdane dit avoir quitté Falloudja, fief de l?insurrection sunnite situé à l?ouest de Bagdad, avec ses frères et soeurs après la mort de sa mère sous les balles d?un tireur américain, qui a fait d?eux des orphelins. Ils vivent désormais avec leurs grands-parents et leurs oncles à Sadr City.

Maladies et infections sont fréquentes parmi les fouilleurs d?ordures et il n?est pas difficile de comprendre pourquoi. Ces hommes, femmes et enfants en haillons pataugent dans des flaques d?eau trouble ou escaladent des piles d?ordures dont ils retirent les canettes d?aluminium au moyen de crochets en métal.

Saïf, 15 ans, s?estime chanceux. «J?ai trouvé ça !» s?enthousiasme-t-il, exhibant fièrement quatre pitas. «Nous allons les nettoyer et les manger au petit déjeuner. Nous n?avons pas d?argent pour nous acheter de la nourriture.»

Le sort de ces Irakiens résulte d?une «crise politique et sécuritaire profondément complexe et sans aucune solution apparente à court terme», écrit le Pnud.

<B>© Le Monde 2007

Distribué par The New York Times Syndicate

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