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Une ?Caravane? à prix d?amis
Raphael, phénomène franco-français ? Faut croire que non. Salle pratiquement comble au Centre de conférences swami Vivekananda à Pailles. Groupies à peine pubères qu?un rien excite. Public qui ne perd jamais vraiment patience. Qui appelle le jeune chanteur avec enthousiasme, même s?il se fait longuement attendre. Un public qui n?envisage pas de partir avant d?avoir son rappel. Avant d?avoir vu passer la Caravane. De quoi faire le plein de souvenirs pour 150 ans.
C?était samedi soir, lors de l?unique concert de Raphael. En première partie, un chauffeur de salle qui a fait parler son expérience. Et ses refrains poignants, miroirs grossissants de nos réalités. En une demi-heure, Eric Triton en a profité pour annoncer la sortie prochaine de son nouvel album : Vine guete, ?viens voir comment c?est magnifique à l?île Maurice?. Coup de blues sensible, il a mérité la standing ovation que lui a réservé un public qui était lui aussi d?avis que : ?levolision enn solision ki pa touy nou tradision?.
Mis en train par Triton, les fans conquis d?avance ne tiennent plus en place. Une guitare que l?on installe, voilà que des cris perçants fusent. Des lumières qui s?éteignent ( avant de se rallumer), d?autres hurlements émanent des groupes d?adolescents venus en nombre. ?Raphael, on t?aime.?
Le chanteur se fait attendre. ?Ti bizin less Triton kontign sante?, entend-on dans les rangs des spectateurs debout, placés des deux côtés de la salle. Opinion entendue au moment du duo, celui où Triton et Raphael se mettront d?accord sur un vieux tube de Harry Belafonte.
Mais avant cela, Raphael s?est amusé avec les nerfs des spectateurs. Pour tuer le temps, certains font la holà, vagues d?énergie traduisant la bonne humeur, mais surtout l?impatience du public.
Raphael quatre fois. Dans une semi-obscurité, la silhouette juvénile enfile sa guitare pour un morceau instrumental en guise d?ouverture. Les cordes vocales des fans se déchaînent. Les décibels dépassent très largement le seuil du supportable. La ferveur de la raphaelmania locale est à son comble.
Troisième titre. Le chanteur, agréablement énergique et généreux sur scène, nous sert une version rock de Ne partons pas fâchés. ça balance pas mal à Pailles. Raphael n?a plus rien du chanteur angoissé et mélancolique. Sa voix légèrement éraillée est bien aidée par les décharges d?électricité des guitares.
Il nous fait l?effet d?un gamin qui se ferait plaisir en s?amusant avec sa guitare. Elle a tellement servi qu?elle porte une belle égratignure sur le dessus. Cela sent la fin. C?est la dernière des dernières. Après un an et demi sur les routes, la tournée de Raphael s?est achevée à Maurice. L?émotion est palpable. Celle du chanteur et des musiciens est visible au moment du salut.
Le public refuse de partir. Réclame que la Caravane repasse. Qu?elle soit Sur la route, même sans l?ami Jean Louis Aubert. La chaleur monte encore à Pailles. Raphael, lui, tripote souvent le ventilateur posé à ses pieds. Mais il n?oublie pas de dire merci entre les chansons. De reboutonner sa veste avant d?enfiler sa guitare. Pour nous gratifier d?une reprise inspirée d?une chanson de Christophe. Les fans ne défatiguent pas. Les plus jeunes finiront le concert debout sur les fauteuils. S?en souviendront-ils quand ils seront vieux, assis au coin du feu ?
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