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Une bouée de sauvetage nommée AFD

9 avril 2006, 00:00

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Rama Sithanen, le ministre des Finances, affiche une certaine sérénité. À un peu plus d?un mois de l?arrivée d?une mission de l?Agence française de développement (AFD) dans le pays, il se dit confiant de la suite des événements. « Nous entrons dans une phase d?évaluation des besoins de Maurice. Et je dois dire que notre rencontre avec la ministre Brigitte Girardin à Paris s?est bien passée. Nous avons eu une très bonne écoute en face. »

La ministre déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie s?était effectivement montrée réceptive à l?exposé de la délégation mauricienne, organisant dans la foulée la mission d?évaluation qui visite le pays le mois prochain. Mais que peut-on réellement attendre de cette agence de l?État français ?

Au ministère des Finances on avance que plusieurs projets de grande envergure seraient susceptibles de recevoir des financements de l?AFD. Ainsi d?importants projets d?extension au port et à l?aéroport ainsi que d?autres développements d?infrastructures publiques pourraient, si les négociations aboutissent, être financés par des lignes de crédits français.

La France s?est en fait déjà montrée particulièrement généreuse envers Maurice grâce à l?AFD. Ainsi la Caisse française de développement avait débloqué 2,4 milliards de francs entre 1975 et 1997 vers Maurice. En roupies actuelles cela équivaut à plus de Rs 12 milliards. L?AFD a été, durant les années 80 et 90, un élément incontournable dans le dispositif de financement des projets d?envergure dans le pays. Faisant figurer l?AFD au rang de deuxième créancier de Maurice juste derrière la Banque mondiale. En finançant notamment des projets dans le domaine de l?énergie, comme la station hydroélectrique de Plaine-Champagne, de l?eau et de l?assainissement, notamment pour l?irrigation des plaines du Nord.

Mais avec le développement économique soutenu de Maurice, une implantation locale de l?AFD n?était plus nécessaire. Les bureaux de l?AFD ferment en octobre 1997. En 2002, Maurice est déclassée de la « zone de solidarité prioritaire » de l?agence. Alors que les derniers dossiers concernant l?irrigation et l?assainissement étaient instruits. Près d?une dizaine d?années plus tard, elle dispose encore de quelques créances sur certains organismes locaux.

Effort de consolidation et de restructuration

Plus d?une dizaine années après la fermeture du bureau local de l?AFD, Maurice se retrouve un peu seule dans la région. Car l?agence est implantée dans toutes les îles de l?océan Indien, à l?exception des Seychelles. Quasiment tous les pays de l?Afrique australe accueillent également une antenne locale de l?AFD.

Maurice ne cherche pas toutefois à se faire reclasser en Zone de solidarité prioritaire. Car contrairement aux autres pays « moins développés » de la région, les fonds d?aides que demande Maurice sont davantage liés à des efforts de consolidation et de restructuration des secteurs existants. « Nous allons continuer le travail en présentant clairement les secteurs dans lesquels une aide de la France nous sera utile. Cela nous permettra de mettre en ?uvre les ajustements nécessaires », affirme Sithanen.

En attendant le mois de mai, les officiels des Finances, de l?Agro-industrie et mais aussi des Infrastructures publiques peaufinent leurs offres. En espérant que l?AFD les accepte.

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