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Une année pleine d?embûches

10 janvier 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

TEXTILE ? HABILLEMENT

<B>Stabilisation malgré la hausse de l?énergie</B>

Pour de nombreux opérateurs et analystes, 2006 pourrait être l?année où on commencera à assister à une stabilisation dans le textile-habillement, que ce soit au niveau de l?emploi ou des exportations. ?La période de déclin est finie. Nous allons nous consolider sur la présente position?, estime Ram Mardemootoo, directeur de RS Fashion.

?Je pense qu?il y aura encore une ou deux fermetures d?usine mais les pertes d?emplois seront moins importantes?, déclare le président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza), Ahmed Parkar.

Entre septembre 2004 et septembre 2005, il y a eu 3 200 pertes d?emplois dans le textile comparativement aux 9 000 pertes d?emplois enregistrées en 2004. Cette tendance peut effectivement faire penser que le gros des licenciements est derrière nous.

?Les entreprises hongkongaises qui voulaient partir sont parties déjà. Les grandes entreprises qui restent sont, je l?espère, là pour durer?, déclare le chief operating officer de Ciel Textile, Harold Mayer.

Au niveau des exportations qui ont chuté de 17 % au troisième trimestre de 2005 après quatre années successives de déclin, on ne prévoit pas une inversion de tendance.

?Il y a quelques signes positifs d?expansion dans quelques grandes entreprises mais il y aura aussi peut-être quelques fermetures. À l?arrivée, la production se stabilisera. Mais comme il y aura moins de main-d??uvre, finalement c?est la productivité qui s?en trouvera améliorée?, estime Ahmed Parkar.

Pour Nicolas Maigrot, directeur de Floréal Knitwear, la plupart des grandes entreprises de textile-habillement ont des carnets de commandes bien remplis en ce début d?année. Ce que confirme Ahmed Parkar.

<B>Baisse des prix de 5 à 15 % </B>

La difficulté toutefois sera de rester dans la course au niveau des prix. ?Il y a une pression à la baisse de 5 à 15 % sur les prix en général. La question cruciale en 2006 sera de gagner encore en productivité pour absorber ces baisses exigées par les clients. Généralement les grands groupes devraient pouvoir le faire?, commente Nicolas Maigrot.

L?autre préoccupation qui risque de fausser les calculs est la hausse du coût de l?énergie, que ce soit les tarifs d?électricité ou le prix du carburant. ?C?est sûr que cette année, la rentabilité de toutes les entreprises du secteur zone franche sera affectée par ce facteur?, déclare Harold Mayer.

Et Ahmed Parkar de se demander si le gouvernement est prêt à faire quelque chose pour aider le secteur du textile-habillement.

?Notre principal souci est que nos coûts d?opération n?augmentent pas. Le gouvernement peut-il nous aider au niveau des intrants tels que l?électricité, le carburant et le fret aérien ? Il y a des mesures pour tout le monde : les planteurs, le sucre, les compagnies d?autobus et les boulangers mais jamais pour le textile. La question est simple : veut-on que le textile survive ou pas ?? demande le président de la Mepza.

TOURISME

<B>Espoir permis</B>

L?année 2006 sera-t-elle celle du retour triomphant des taux de croissance à deux chiffres dans le tourisme après plusieurs années au-dessous de son potentiel ? Si les hôteliers demeurent prudents, il est un fait que beaucoup attendent de voir les résultats des quelques mesures prises au niveau de l?aérien.

L?accessibilité de Maurice devrait être meilleure en 2006, avec l?introduction annoncée de nouvelles dessertes sur les grandes destinations européennes (France et Grande-Bretagne). Les nouveaux projets hôteliers (notamment celui du Club Med et ceux qui verront le jour sous l?integrated resort scheme ) ne devraient pas se concrétiser avant 2007, au plus tôt.

Entre temps, la destination devrait avoir son brand et les Assises du tourisme qui se tiendront du 8 au 10 février, devraient permettre de dégager quelques idées motrices pour le tourisme en 2006.

<B>Beau fixe</B>

Selon les dernières statistiques disponibles, Maurice a accueilli, au 30 novembre 2005, 670 500 touristes, soit une augmentation de 4,6 %, par rapport à 2004. Et comme tous les opérateurs s?accordent à dire que le mois de décembre a été ?bon?, le taux d?augmentation des arrivées touristiques pour 2005, devrait s?établir à environ 5 %.

Chez les hôteliers, le temps est au beau fixe en ce début de 2006. Les taux de remplissage sont bons en janvier et il y a de nombreuses réservations pour février. Mais la prudence est également de mise et personne ne veut tirer des plans sur la comète en 2006. Pas de projections pour l?année, à peine quelques commentaires pour le premier trimestre?

Selon Arnaud Martin, directeur commercial de One&Only Resorts et vice-président de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice, 2006 a ?bien commencé?. Pour les mois de janvier et de février, pour lesquels les hôteliers ont de la ?visibilité?, les perspectives sont bonnes au niveau du remplissage. ?Nous récoltons les fruits des bonnes décisions qui ont été prises en 2005?, se réjouit Arnaud Martin. Il cite les quelque 20 000 sièges d?avion additionnels, mis en service par les compagnies aériennes, à la fin de l?année dernière.

Mais le directeur commercial de One&Only Resorts refuse de faire des projections pour le deuxième trimestre voire pour l?année. Toujours à cause de la ?visibilité?, plus floue au-delà de ce laps de temps, selon lui. Un point de vue partagé par bon nombre d?hôteliers, dont Jean-Michel Pitot, le directeur de Véranda Resorts. ?Il est encore un peu tôt pour parler de 2006 mais ce qui est sûr c?est que l?année a bien commencé?, insiste-t-il.

COMMERCE

<B>Baisse du pouvoir d?achat</B>

Le commerce n?a pas le moral. L?année 2006 s?annonce difficile pour ce secteur. Après un bon mois de décembre, dans les ventes, la reprise en janvier ne sait pas faite sur les chapeaux de roues. Le contexte économique actuel ne s?y prête pas.

Les hausses successives des produits essentiels, tels que l?essence, le diesel, l?électricité, le gaz et le pain, ont eu un impact direct sur le porte-monnaie du consommateur grignotant ainsi son pouvoir d?achat. ?Nous constatons un ralentissement significatif au niveau de la consommation en ce début d?année?, note Jean How Hong, le chief operating officer de Happy World Foods.

Si le consommateur devra se serrer la ceinture, les grandes surfaces quant à elles se trouvent dans un autre dilemme. ?Nos coûts d?opération ont augmenté de façon significative. Avec un environnement de plus en plus compétitif, nos marges de profits seront rongées par ces coûts supplémentaires ?, souligne le manager de London Way, Nicolas Kan Wah.

Ainsi certains patrons de grande distribution affirment que leurs chiffres de ventes pour ces premiers jours de l?année sont en dessus des espérances. ?Il sera de plus en plus difficile pour nous d?opérer dans les années à venir ?, souligne un directeur de supermarché.

Ainsi une contraction au niveau de l?investissement est à prévoir. Notamment en ce qui concerne l?achat de matériel de production. ?Nous n?allons pas injecter encore de l?argent dans un environnement incertain?, affirme Nicolas Kan Wah.

Par ailleurs le contrôle des prix sur le lait imposé par le ministre du commerce Rajesh Jeetah, jette un froid dans le monde des affaires. ?Cette mesure n?encourage pas l?investissement, et cela nous gêne énormément?, concède Jean How Hong, le chief operating officer de Happy World Foods.

Malgré toutes ces difficultés, ce dernier reste tout de même optimiste dans l?avenir. Pourvu qu?il ait raison.

SUCRE

<B>Transition difficile</B>

Dans l?industrie sucrière, l?affaire est entendue. On verra pour la première fois cette année l?impact de la baisse du prix du sucre décidée par l?Union européenne (UE). Les revenus de l?industrie chuteront de 5 % dès la campagne sucrière 2006, ce qui représentera un manque à gagner de Rs 560 millions environ.

Cette année est également celle où on devrait être fixé sur le montant des mesures d?accompagnement que l?UE mettra à la disposition du bloc Afrique, Caraïbes, Pacifique.

<B>Diversification</B>

?C?est l?année de la transition entre deux époques, celle des revenus à la hausse, et celle des revenus à la baisse. C?est un tournant important, une année difficile, qui demandera de gros changements à tous les niveaux, avec de nouvelles idées. Il faudra qu?on gère une autre configuration de l?industrie. C?est absolument indispensable. C?est soit ça ou on n?a plus d?industrie dans cinq ans?, affirme Patrice d?Arifat, chief executive officer de Ciel Agro-industrie.

Même si la baisse n?est que de 5 % en 2006, pour Jean-Claude Hoareau, ancien administrateur de Mon Désert Alma, ce n?est pas là un prétexte pour ?s?endormir et anesthésier?.

Le prix du sucre sera réduit de 36 % d?ici 2009-2010. Nous sommes tenus de nous y adapter en réduisant d?abord et avant tout les coûts de production. L?industrie ne doit pas faire dans la demi-mesure.

Si l?on doit accorder la retraite volontaire à X nombre d?employés, explique Jean-Claude Hoareau, autant le faire tout de suite et non pas par étapes. Les autorités mauriciennes ont déjà un plan d?action qu?elles devront exposer à la Commission européenne pour obtenir les mesures d?accompagnement si essentielles pour la réforme. Un exercice étalé sur dix ans qui exige un montant colossal de Rs 25 milliards.

Les petits planteurs qui sont appelés à s?adapter à la nouvelle donne, se sont déjà fixé leurs objectifs, du moins pour ceux regroupés au sein de la Planters? Reform Association.

?L?année 2006 sera celle de l?efficience et de la diversification. Si la mécanisation et l?irrigation s?avèrent impossibles sur les terres en pente, la diversification dans d?autres cultures s?impose d?elle-même. Par ailleurs, les organismes qui se sont permis des largesses devront revoir leur mode de fonctionnement?, affirme le président, Salil Roy.

OFFSHORE

<B>La locomotive est asiatique</B>

Le global business va surtout profiter de la montée en puissance des économies émergentes de l?Asie. Depuis la fin de la crise asiatique, les pays du Sud-Est asiatique se sont refait une belle santé économique. Mais il y a aussi eu la progression spectaculaire de la Chine et de l?Inde, dans une moindre mesure.

Le traité de non double imposition fiscale entre l?Inde et Maurice reste l?atout principal dans la conjoncture. La juridiction offshore mauricienne représente un transit de choix pour les investissements étrangers vers le marché indien en raison des avantages fiscaux sous le traité. La Grande péninsule représente ainsi le plus gros marché pour le global business mauricien.

?Beaucoup va dépendre du climat des affaires en Inde. Je prévois la continuité dans le global business. Les marchés émergents, dont l?Inde, vont continuer à attirer encore plus d?investisseurs?, affirme Couldip Lala, directeur d?International Financial Services (IFS), une offshore management company.

<B>Plus d?opportunités de recrutement</B>

Le manque de personnel qualifié pourrait ralentir le développement du secteur. Mais il y a aussi le cadre régulateur qui peut influencer la compétitivité du secteur de manière significative. Une régulation trop lourde peut asphyxier l?industrie.

?Je suis très heureux que la Financial Service Commission a déjà beaucoup évolué vers plus de compréhension et de souplesse. Les autres juridictions l?ont aussi fait. Il nous faut donc revoir le cadre régulateur, et aussi le régime fiscal, dans leur ensemble afin de conserver un competitive advantage?, fait ressortir Sunil Banymandhub, executive director de Cim Financial Group.

La croissance dans les activités de l?offshore augure bien pour l?embauche des diplômés en comptabilité, en finances et en management de même que pour des avocats.

L?introduction des prestations à plus haute valeur ajoutée telle la gestion des fonds offshore devrait ouvrir la voie à plus d?opportunités de recrutement.

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