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Un «National Wage Council» remplacera les tripartites

13 mai 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Akilesh ROOPUN et Jean-Denis PERMAL

Les institutions évoluent face aux nouvelles réalités économiques. Le comité tripartite pour déterminer la compensation salariale a fait son temps. L?an prochain, un National Wage Council (NWC) s?en chargera.

Le gouvernement a déjà beaucoup travaillé sur la mise en place de la nouvelle structure. Elle sera fondée sur le modèle en vigueur à Singapour. Le NWC fera la part belle aux négociations sectorielles. Il disposera des outils nécessaires pour identifier les industries et les entreprises individuelles qui ont les moyens financiers d?accorder des augmentations salariales sur une base annuelle. Il aura accès aux chiffres des sociétés au bureau de l?Impôt pour les utiliser à des fins d?évaluation.

Le rôle de l?Etat changera complètement. Au lieu de jouer un rôle d?arbitre comme c?est le cas, il se chargera d?imposer un seuil minimal pour les ajustements de salaires.

Lors des récentes consultations tripartites, le gouvernement a tenté d?introduire une formule de discussions sectorielles. Le ministre des Finances, Rama Sithanen, avait suggéré durant la réunion de jeudi que les employeurs et les syndicats se mettent de nouveau à table pour discuter des augmentations par secteur d?activités. Toute hausse salariale négociée à ce niveau s?ajoutera au taux de compensation décrété par le gouvernement.

«Nous demandons au gouvernement d?activer la concrétisation de cette idée. Ce mécanisme permettra aux industries qui ont les moyens de payer davantage de le faire. Même dans des secteurs où il y a des difficultés, des sociétés peuvent accorder une rémunération supérieure», explique Mookeshwarsing Gopal, président de la Mauritius Employers? Federation.

Un travail d?identification de secteurs et d?entreprises en bonne santé a été enclenché. Le ministère des Finances a sondé des compagnies dans le secteur hôtelier et les services financiers notamment. Il est fort probable que ces entreprises annoncent bientôt des hausses de salaires à leurs employés.

Manifestation

La méthodologie de calcul de la compensation sera entièrement revue avec l?avènement du NWC. Comme à Singapour, l?augmentation des salaires sur une base annuelle tiendra compte des critères suivants : performance de l?économie durant l?année écoulée, conditions prévalant sur le marché du travail, niveau des salaires pratiqués dans les différentes industries, gains en productivité et en efficience, inflation, compétitivité des coûts d?opération et perspectives de l?économie pour l?année à venir.

Pour les syndicats toutefois, pas question de toucher aux tripartites. Ils s?élèvent contre la «tentative du gouvernement de démanteler le comité tripartite» et contre le montant de la compensation salariale (Rs 135).

Les présidents des fédérations syndicales regroupées au sein de la plate-forme syndicale veulent déclencher une «importante manifestation» à Port-Louis avant la présentation du budget 2006-07, vers le 9 juin.

La plate-forme réclame une rencontre urgente avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Pour l?heure, elle envisage d?interpeller les députés car le manifeste électoral de l?Alliance sociale n?a pas fait mention de la négociation sectorielle comme alternative aux tripartites.

Rencontrant la presse, hier, à l?issue d?une réunion des représentants de la plate-forme au siège du Mauritius Labour Congress, Cassam Kureeman, président de cette centrale syndicale, a commenté le déroulement du deuxième round du comité tripartite. Le syndicaliste qualifie de «révoltante» la façon dont le ministre des Finances a agi. «Li finn azir kouma enn ajen sekter prive.» Il dit que c?est la première fois depuis dix ans que les travailleurs ont droit à un si faible quantum de compensation salariale.

Il trouve aberrant que ce soit le ministre qui demande à ceux qui ont la capacité de payer de payer davantage. Il aurait dû jouer le rôle d?arbitre.

Reaz Chutoo, de la Federation of Progressive Unions, dit, quant à lui, que si le ministre des Finances estime que le secteur offshore a la capacité de payer la compensation salariale qu?il impose, une taxe de 1 % sur leur profit dans le prochain budget.

Pour Toolsiraj Benydin, principal porte-parole de la plate-forme syndicale, Rama Sithahen a commis une «haute trahison» en laissant le choix au secteur privé de s?engager dans des négociations sectorielles. «C?est un complot gouvernement-secteur privé pour tuer le groupe le plus vulnérable. Le gouvernement n?a pas joué son rôle d?arbitre.»

Radhakrishna Sadien, président de la State Employees? Federation, estime que le dernier round du comité tripartite est un prélude à son démantèlement.

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