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Un vent de liberté?
On est libre sur l?eau? », lâche Antoine Gérard, bientôt 11 ans, qui a réalisé l?exploit, la semaine dernière, de décrocher la septième place de la finale du Top Ten, chez les benjamins, lors du récent Dubai Junior Regatta aux Émirats arabes unis.
La mer et la navigation, c?est une véritablement passion pour le petit Antoine. Il découvre ce monde magique et enivrant à la télévision, et aussi par son père, qui compte tout de même deux participations aux Championnats du monde de voile.
C?est avec une certaine innocence qu?Antoine Gérard regarde la mer. Pour lui, c?est un lieu magique où il peut laisser voguer son imagination, créer son propre monde, s?ouvrir à l?inconnu. Mais le plus important, c?est cette liberté qu?elle lui offre.
La mer on ne la domine pas, on l?apprivoise. Trois années déjà se sont écoulées depuis que le petit Antoine Gérard apprend cet art. Son aventure débuta par un stage d?initiation à la voile, en France, le pays de son père, lui-même grand passionné de voile. Un peu poussé par ses parents, Antoine tente l?aventure.
L?expérience est extraordinaire, car pendant ces quinze jours d?initiation, c?est le déclic ! Antoine semble être fait pour ça ! Il affiche de véritables prédispositions pour la voile : un sens de l?orientation aigu et surtout il semble être capable de lire les éléments et de les comprendre.
« Ce n?était pas véritablement le coup de foudre, mais j?aimais vraiment beaucoup cela. Et petit à petit, à force d?en pratiquer, mon amour et ma passion pour la voile n?ont fait que croître », explique Antoine Gérard.
Victoire à la Réunion
Certains attendent des années avant de trouver leur voie, mais Antoine a eu la chance de trouver la sienne dès l?âge de sept ans.
Mais, une fois de retour dans son île natale, ce n?est guère évident de poursuivre cette passion, faute de structures adaptées. Antoine, soutenu par son père Alain, ne baisse pas les bras. Le tandem a le feu sacré, il trouve des solutions et au final, Antoine parvient à vivre sa passion.
« On ne trouvait pas de bateau Optimist à Maurice. Et de plus, c?est un bateau très difficile à fabriquer. Grâce à l?aide de Pierre Sénèque, nous avons pu construire un bateau quasiment homologable », relate Alain.
Toutefois, un autre problème se posait : il n?y avait pas de moniteur à Maurice pour l?Optimist. « C?était difficile, mais heureusement que mon père, qui avait déjà une expérience de la voile, m?a aidé à pratiquer ici », raconte Antoine. Et puis, de Blue-Bay, où il habite, Antoine doit pratiquement traverser l?île pour se rendre à Grand-Baie !
Mais avec de la persévérance et du courage, le jeune navigateur parvient à développer davantage ses prédispositions pour la voile. Il se jette enfin dans la compétition où le succès est au rendez-vous. « Ma première compétition, c?était en 2003 », raconte fièrement le petit Antoine, exhibant un de ses nombreux trophées. Une victoire en 2003 à la Coupe de la Réunion, et voilà qu?il récidive les deux années suivantes.
Mais sa plus grosse aventure reste sans conteste le Dubai Junior Regatta. Une compétition d?envergure qui regroupe tout de même les meilleurs spécialistes venant du monde entier. « C?est vraiment formidable d?avoir réussi à prendre une si belle place à Dubayy. C?était vraiment une très riche expérience et surtout une aventure riche en rencontres », explique Antoine avant d?ajouter : « Je voudrais dire un grand merci à tous ceux qui m?ont permis de vivre cette aventure, mes amis de l?équipe de Maurice, et plus particulièrement à mon professeur au Lycée Labourdonnais, Elizabeth de Chazal, et aussi à Emirates Airlines. »
Après cette belle aventure sportive et humaine à Dubayy, Antoine attend avec impatience les prochaines échéances prévues au courant de cette année 2006, dont le point culminant reste les Championnats d?Afrique en juillet à Alexandrie en Égypte. Son petit bout de papier en main, Antoine relate une à une les compétitions et les stages auxquels il aspire cette année.
Mais, son plus grand rêve, le petit Antoine voudrait devenir un olympien, et pourquoi pas décrocher un podium aux Jeux olympiques dans dix ans?
Le rêve est peut-être fou, mais c?est ce brin folie qui démarque un champion des autres?
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