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Un tour à la foire de l’emploi

21 août 2004, 20:00

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«Ou envie travaye pou CMT ? » Tout sourire, une charmante jeune femme arborant un t-shirt de la Compagnie mauricienne de textile accoste les passants sur la pelouse de la mairie de Vacoas-Phoenix.

« Vini, rentré », lance-t-elle aux indécis, les invitant à la suivre sous le chapiteau aux couleurs de l’entreprise. « Rentrer kan mem ou pran ene t-shirt ou aller», leur souffle-t-elle pour les encourager à faire le pas.

Des liasses de formulaires à la main, ses collègues notent les coordonnées des sans-emploi venus tenter leur chance au Job Fair organisé hier par le ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations industrielles. Satisfait que son nom a bien été consigné, Rakesh Baya, 23 ans, repart tout heureux avec un t-shirt sous les bras. Ça fait quatre ans qu’il a fait des adieux aux études et qu’il tente de trouver un emploi stable.

Une centaine de machinistes recherchés

Régulièrement, il pointe sa carte de chômeur mais toujours rien à l’horizon. « Mo ti pou bien kontan gagne travaye dan guvernma», confie cet habitant de Midlands. En attendant que ses espoirs se concrétisent, il ne dédaigne pas les offres du secteur privé. C’est mieux que d’être maçon au petit bonheur. D’où sa présence à la foire.

Son ami, Michael Congo, 18 ans, est en quête d’un boulot depuis deux ans. Lui, il sait ce qu’il cherche. Ayant déjà une expérience comme peintre en bâtiment et maçon, il a donné son nom pour un poste dans les firmes de la zone franche présentes à la foire.

Carole Ng, Human Resource Officer de Textile Industries Ltd (TIL), du groupe Esquel, est comblée. Elle le cherche une centaine de machinistes et voilà qu’une heure après l’ouverture, elle a déjà le nom d’une cinquantaine d’intéressés.

La pluie sporadique joue au trouble-fête mais n’entame en rien la ténacité d’une mamie de 69 ans. Elle accompagne son fils de 39 ans, au chômage depuis quatre ans, pour lui trouver un travail.

Sur un coup de tête, une femme a abandonné son job dans une pizzeria il y a deux heures à cause des horaires impossibles. Depuis, elle attend que la chance lui sourie.

« Pas ene la honte travaye » soupire Géneviève. Cette mère de famille de 44 ans, licenciée du secteur manufacturier, se dit même disposée à travailler comme bonne.

Autre licencié d’une usine textile d’il y a deux ans, un homme se balade avec ses demandes pour un permis de taxi. Maintenant « taxi marron », il a pisté le ministre Showkutally Soodhun toute la matinée pour lui demander d’intercéder en sa faveur.

Ceux présents à la foire ne sont pas tous en quête d’un emploi. Parfois aigris de s’être fait jeter comme de vulgaires chaussettes, certains veulent se lancer à leur compte. Un menuisier passé expert dans la fabrication de maquettes de bateaux veut créer sa propre boîte après que son employeur a fermé boutique il y a un an. « Je viens chercher conseil », dit-il.

Il a de quoi se documenter car des officiers de la Development Bank of Mauritius (DBM) sont sur place. Tout comme ceux de l’Agricultural research and Extension unit (Areu), de la National Handicraft Promotion Agency (NHPA), du Trust fund for the social integration of vulnerable groups, de l’agence de recrutement de DCDM entre autres. Sans oublier le ministère de la Femme et ses éternels pots d’achards…

A l’ouverture du Job Fair, le ministre du Travail a fait ressortir que petit à petit les Mauriciens seront appelés à remplacer les travailleurs étrangers dans la zone franche. Il a ainsi annoncé la mise sur pied d’un projet pilote pour former quelque 2 000 ouvriers.

Pour sa part, le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, est revenu avec une vieille litanie. Cette fois, il l’a remise à jour en annonçant la création de 5 000 emplois fin 2006 dans le tourisme avec la construction des nouveaux hôtels.

Espérons que ce soit le cas. Beaucoup de malheureux étaient en quête d’un avenir meilleur, hier à Vacoas.

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