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Un regain de violence à Gaza met à mal la trêve

19 mai 2005, 20:00

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Un combattant du mouvement radical Hamas a succombé à ses blessures après avoir été grièvement touché lors du raid, mené quelques heures après la mort d’un autre activiste du groupe dans un échange de tirs avec des militaires israéliens. Une source militaire israélienne a affirmé que le raid avait visé un groupe d’activistes qui s’apprêtaient à tirer au mortier sur une colonie juive depuis la ville palestinienne de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

“Ils ont été visés depuis l’air et l’un d’eux a été touché”, a affirmé cette source. Selon elle, le raid a été mené après la chute d’obus de mortier et de roquettes artisanales sur des colonies juives dans la bande de Gaza. “Au total, quinze obus de mortier et deux roquettes artisanales se sont abattus” mercredi sur des colonies, avant et après le raid, a indiqué la source.

Le Hamas a revendiqué ces tirs, les présentant comme une riposte à la mort de l’un de ses activistes, Ahmad Barhoum, dans l’échange de tirs qui a eu lieu mercredi avant l’aube à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Le second activiste, tué dans le raid mené selon le Hamas par un drone de l’armée, est Ahmad Chahouane.

Il s’agit du premier raid du genre depuis que les principaux groupes armés, dont le Hamas, ont décrété, le 21 janvier, une “période d’accalmie”, c’est-à-dire une trêve informelle dans les attaques anti-israéliennes.Mercredi soir, deux roquettes artisanales de type Qassam tirées à partir de la bande de Gaza se sont abattues sans faire de blessé près d’une base militaire dans le sud d’Israël.

Un haut responsable militaire israélien a indiqué, sous couvert d’anonymat, que “ces affrontements ont commencé parce que le Hamas n’a apparemment pas admis qu’un tribunal ait partiellement invalidé les élections municipales” gagnées par le mouvement islamiste le 5 mai à Rafah.Après la proclamation, en janvier, de la trêve, les leaders palestinien, Mahmoud Abbas, et israélien, Ariel Sharon, ont annoncé, lors d’un sommet en Egypte, en février, la fin de plus de quatre ans de violences.

En dépit de quelques incidents sporadiques, la violence a considérablement baissé depuis ce sommet, qui avait suscité des espoirs d’une relance d’un processus de paix au point mort depuis le début de l’Intifada. “Le peuple palestinien ne va pas rester les bras croisés face aux crimes et aux agressions d’Israël”, a affirmé le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, après le raid. “Il s’agit d’une grave escalade”, a-t-il ajouté. Affirmant “ne pas vouloir polémiquer sur le maintien ou la rupture de l’accalmie”, il a assuré que “notre peuple saura se défendre”.

Les responsables israéliens ont, de leur côté, menacé, jeudi, de durcir les opérations militaires menées dans la bande de Gaza si les tirs palestiniens contre les colonies juives de cette région et le territoire israélien ne cessaient pas. “Nous devons agir de façon plus agressive que nous ne l’avons fait jusqu’à maintenant”, a affirmé le vice-ministre de la défense, Zeev Boïm, à la radio publique. “Nous avons réagi jusqu’à présent avec modération et retenue, car nous avons intérêt à ce que le calme règne durant la période qui précède le retrait israélien de la bande de Gaza (prévu à la mi-août), mais personne ne peut imaginer que nous procéderons à l’évacuation sous le feu (des Palestiniens)”, a ajouté M. Boïm. “Si l’Autorité palestinienne ne comprend pas le message, nous le lui ferons comprendre”, a prévenu le vice-ministre de la défense.

Par ailleurs, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a réuni, mercredi, la commission interministérielle sur le retrait de la bande de Gaza, alors que les retards s’accumulent et que l’extrême droite durcit ses manifestations. Préoccupé par ces lenteurs, M. Sharon a réuni ses ministres pour envisager la réinstallation en Israël de quelque 8 000 colons de la bande de Gaza et de 400 autres de quatre colonies isolées dans le nord de la Cisjordanie qui doivent être évacuées à partir de la mi-août. “Il faut commencer à travailler, et vite”, a lancé M. Sharon la veille, lors d’une visite dans le secteur de Nitzanil, où doivent être construites des maisons destinées à reloger des colons.

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