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Un professionnel en col blanc qui aime cultiver la terre
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Un professionnel en col blanc qui aime cultiver la terre
C?est un Swaley Gokhool gonflé à bloc et qui est toujours en train de savourer ses succès que nous rencontrons à son domicile de Camp- Fouquereaux. Ce professionnel de 31 ans est non seulement heureux d?avoir remporté le concours du Best Business Plan de la JCI de Maurice mais est aussi très fier d?être le premier Mauricien à s?être qualifié parmi les quatre finalistes du même concours au niveau mondial. Finale qui aura lieu en Inde au début du mois de novembre. Et là, Swaley Gokhool représentera non seulement Maurice mais également le continent africain.
Il pense avoir toutes ses chances et explique pourquoi avec conviction. «Je sais que le plan d?un finaliste porte sur la fabrication de carreaux céramiques à partir de pailles de coco. Le plan d?un autre finaliste a trait à la fabrication d?éthanol. Les deux ne sont pas à 100 % conviviaux pour l?environnement alors que mon projet l?est. Je viens dire : n?abattez plus d?arbres pour faire du papier. Utilisez plutôt des troncs de bananiers ayant rapporté et qui doivent obligatoirement être détruits, en d?autres termes des déchets, pour fabriquer du papier. C?est dessus que je mettrai l?accent».
Et dire que ce fan des chiffres, qui complète ses études de la Association of Chartered Certified Accountants s?était dit que ce serait sa dernière participation à un concours de la JCI! Et oui, Swaley Gokhool avait participé une première fois à ce concours l?an dernier, réalisant un Business Plan à partir d?une expérience vécue par lui et son beau-père, Illias Peerally, planteur cultivant la canne à sucre, des légumes et des bananes sur des terres à Camp-Fouquereaux et Britannia. Et ce, à des fins de commercialisation. «J?ai l?habitude de prêter main forte à mon beau-père dans les champs lorsque j?ai du temps libre. C?est généralement en week-end. Comme mon beau-père a obtenu un terrain d?un arpent et qu?il voulait diversifier ses plantations et rendre ce terrain rentable, je lui ai suggéré d?y planter de l?ananas», souligne-t-il.
Comme ni son aîné, ni lui ne sont familiers à cette culture et que Swaley Gokhool veut montrer à son beau-père qu?il est débrouillard, il prend contact avec Hamza Hossen, planteur d?ananas très connu dans la région de Camp de Masque Pavé et se renseigne sur les tenants et aboutissants de cette culture qu?il applique ensuite sur le terrain de son beau-père. Au bout d?un an, l?essai est plus que concluant. C?est sur cette culture particulière qu?il axe son Business Plan et participe au concours de la JCI en 2007.
«J?ai l?habitude de prêter main forte à mon beau-père dans les champs. Comme mon beau-père a obtenu un terrain d?un arpent et qu?il voulait diversifier ses plantations et rendre ce terrain rentable, je lui ai suggéré d?y planter de l?ananas»
Au final, il se classe troisième. On lui fait savoir que son plan pourtant bien ficelé pêche par manque d?originalité et d?innovation. Si bien que lorsqu?il apprend que la JCI revient cette année encore avec le concours du Best Business Plan, il décide d?y participer, misant le tout pour le tout. «Je me suis dit, cette fois, ça passe ou ça casse».
En quête d?idées originales, il se plonge dans le schéma directeur de l?agriculture jusqu?en 2015 et quelque chose lui saute aux yeux. Il y est dit qu?il est possible de fabriquer du papier à partir de troncs de bananiers. L?idée lui paraît originale mais encore faut-il qu?elle soit applicable et viable. Cet homme marié à Shakeenah, qui possède sa compagnie d?import-export et père du petit Shuaib Mohammad, quatre ans, décide de faire des recherches sur le Net. Il réussit à contacter une spécialiste de la fabrication manuelle du papier à partir de plantes qui lui parle des techniques existantes et lui garantit la viabilité du projet.
Il met sept jours à écrire son Business Plan de 40 pages qu?il soumet le jour de la date limite du dépôt des dossiers. Il est le premier surpris quand Thérèse Loo, présidente de la JCI l?appelle pour lui dire que son plan fait partie des trois meilleurs réalisés pour Maurice et qu?elle l?a envoyé au quartier général du JCI aux Etats-Unis pour voir s?il passerait le cap du concours mondial.
Un matin, alors qu?il est au bureau, il reçoit un courriel dudit quartier général qui l?informe qu?il fait partie des quatre finalistes qui devront défendre le titre de Best Business Plan au niveau mondial en novembre prochain. Il représentera non seulement Maurice mais aussi l?Afrique. Il est étonné. «J?ai dû lire le courriel à dix reprises avant de réaliser vraiment ce qui m?arrivait. C?est la première fois qu?un Mauricien se hisse à ce niveau de la compétition».
Il n?était pas au bout de ses surprises car le 19 septembre dernier, il remportait le concours local. «Ma joie était complète», avoue-t-il. Même s?il est prêt à défendre les couleurs de Maurice et de l?Afrique en Inde en novembre prochain et qu?il connaît son Business Plan par c?ur, Ramadan oblige, il n?a pas vraiment pu faire d?autres recherches. Toutefois, il sait pouvoir compter sur les formations qui lui seront délivrées tout pendant le mois d?octobre par les membres de la JCI.
Swaley Gokhool aurait souhaité que son Business Plan se matérialise à l?échelle industrielle. Mais il sait aussi que pour ce projet prenne vie, il faudrait un investissement en termes de millions. Il se dit prêt à tenter l?expérience avec une personne intéressée à entrer en partenariat avec lui. Autrement, souligne-t-il, il vendra l?idée au plus offrant.
S?il ne se voit pas délaisser, du moins pour l?instant, son emploi pour ne vivre que de l?agriculture, il encourage les jeunes à retourner vers la terre. «Il y a une crise alimentaire mondiale. Je crois dans la terre mauricienne, dans le gouvernement qui fait des efforts pour encourager l?entreprenariat mais l?accent doit être mis sur la formation des jeunes et les modes de financement possibles. Le potentiel est là?»
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