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Un patrimoine à sauver
“Abandonné comme un tombeau”, serait-on tenté de dire en se promenant dans le vieux cimetière de l’ère coloniale de Rivière-Noire. Des tombes centenaires en pierre sont laissées à l’abandon.
Et pourtant, ce cimetière abrite la tombe d’hommes illustres, comme le Colonel Edouard Draper, un des fondateurs du Mauritius Turf Club, décédé en 1841, à Port-Louis. Le colonel faisait partie du 3e régiment des gardes à pied. D’ailleurs, c’est une des tombes les mieux entretenues. Elle se trouve parmi d’autres dans un enclos. Cet espace a été nettoyé par des volontaires de Friends of Environment qui ont effectué un relevé des vieilles tombes dans ce cimetière. Cette organisation avait aussi procédé à la réhabilitation de certaines sépultures et de temps à autre, elle les nettoie.
Mais le temps semble prendre le dessus sur la bonne volonté. Une belle dalle en marbre couvre la pierre tombale d’Adolphe Couvois, décédé le 5 septembre 1828, mais malheureusement le marbre est tout ravagé.
A peine quelques mètres plus loin, une autre dalle en marbre appartenant à Claude Frédéric de Charmay. Difficile de lire la suite. Il y a aussi la tombe de Virginie Chiffone, une Française sans doute, née en 1796 et décédée en 1864. Il y a aussi des Anglais enterrés dans ce cimetière comme le couple Charlotte et Robert Fergusson.
Un peu plus loin, des pierres tombales sont entassées les unes sur les autres, sous un grand arbre. Elles ont été enlevées de leurs lieux d’origine. Il sera donc pratiquement impossible de retracer leurs propriétaires. Il y a aussi des pierres tombales qui n’ont aucune inscription. Les épaisses plaques de marbre qui les recouvraient sont en miettes et sont dans un coin.
Ce n’est pas la main de l’homme qui a détruit ces tombes mais plutôt le passage du temps. Les racines de grands arbres ont aussi contribué à lézarder quelques pierres tombales.
Les travaux effectués par des volontaires avec l’aide de Friends of Environment ont remis en état quelques tombes. Monique Koenig, porte-parole de cette organisation, annonce que les volontaires ont travaillé ensemble et qu’un livret sur ce cimetière sortira prochainement. “Nous avons effectué un grand nettoyage il y deux ans. Nous pensons le faire encore une fois”, dit-elle.
Victor Edmond, membre du Rotary Club de Rivière-Noire, a aussi commencé une étude sur les anciens cimetières de Maurice, mais a suspendu ses recherches. “Il est vrai que la partie du vieux cimetière de Rivière-Noire est en mauvais état.
Il faudrait une grande restauration”. Il propose de remettre les inscriptions sur toutes les tombes et d’effectuer des recherches sur les personnes qui y sont enterrées.
“C’étaient les premiers colons et ils ont contribué à façonner l’histoire du pays, principalement dans l’industrie sucrière. Ces tombes méritent d’être protégées”. Il craint que le cimetière soit rasé comme cela a été le cas pour le vieux cimetière de Flic-en-Flac.
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