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Un Ougadi aigre-doux
Ferveur, piété et? mesquinerie étaient réunies hier au siège de la Mauritius Andhra Maha Sabha à Grande-Rivière-Nord-Ouest. Différentes associations y célébraient ensemble avec bonheur Ougadi, le nouvel an télougou. Mais c?était sans compter l?inélégance de certains politiciens.
Dans son allocution, Pravind Jugnauth, le ministre des Finances, devait souligner la résistance de certains au moment de la création, par le gouvernement, de centres culturels pour chaque composante de la communauté hindoue. « On nous avait accusés de vouloir balkaniser la communauté. Mais aujourd?hui ces mêmes personnes applaudissent les résultats? »
L?allusion visait le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, qui, quelques minutes plus tôt, avait choisi de parler unité et diversité. « Je suis impressionné par ces artistes et je dis bravo à ceux qui aident à propager la culture. » Il n?a pas fallu plus.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, rentré de Rome, devait, lui, saisir la perche tendue par le président de la Mauritius Andhra Maha Sabha. Ce dernier exprimait son mécontentement du traitement accordé par la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) à la fête Ougadi. Le Premier ministre a alors lancé que la MBC est vraiment indépendante. « Kan li fane, li fane par limem. Mo pou transmett mo mécontentement à la direction. Nou pou bisin vine avec ene nouvo MBC Act. Pou bisin ena ene nouvo conseil d?administration et advisory council ki pou donne plus de satisfaction. »
Comme son prédécesseur, le leader du MSM, Paul Bérenger a indiqué que le présent gouvernement a donné toute son importance aux langues orientales sans frustrer le reste de la population. Il n?y a pas de petite ni de grande communauté, a-t-il conclu. « La communauté télougoue, li peut-être tigit en nombre mais kan nous kalkil so contribution, nou trouve ki li ene morceau essentiel de nou nation arc-en-ciel. » Dans un discours aux mêmes accents, Narainsamy Sanyasi, président du Telegu Cultural Centre, a appelé « l?ouverture de la culture vers d?autres composantes de la nation ».
En somme, la fête d?hier avait une saveur aigre-douce, comme le patchadi, ce mets spécialement préparé le jour du nouvel an télougou, symbole des expériences différentes de la vie...
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