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Un nouveau pacte
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Après les récentes turbulences dans les rapports entre l?establishment du monde des affaires et le gouvernement, les opérateurs ont les yeux tournés vers le prochain budget pour voir plus clair dans les intentions de nos dirigeants face au business. Le 15 juin, le grand argentier, Rama Sithanen, devra pouvoir réinstaurer la confiance quelque peu ébranlée après les récentes divergences.
La confiance et la visibilité sont des conditions essentielles dans la prise de décisions. Les tensions sont venues brouiller les pistes. Pourtant, le gouvernement a beaucoup ?uvré pour améliorer le climat d?affaires. Le ?Business Facilitation Act?, voté l?année dernière dans le sillage des grandes réformes économiques, est un grand pas pour réduire la lourdeur bureaucratique dans le business.
Le gouvernement doit faire la démonstration qu?il est déterminé à poursuivre dans la voie de l?ouverture économique au bénéfice de l?ensemble des opérateurs ? historiques ou pas, locaux et étrangers.
Le discours de certains membres du gouvernement a donné l?impression que le secteur privé traditionnel sera pénalisé au profit des groupes hors du ?mainstream? et des investisseurs étrangers. Il est dommage que l?idée de la démocratisation de l?économie avance à coup de conflits, alors qu?elle devrait être au c?ur même de la réforme économique.
L?économie doit pouvoir créer de nouveaux espaces pour les nouveaux entrepreneurs. L?élargissement du cercle des opportunités aide à réconcilier les objectifs de l?efficience économique et de l?équité.
La démocratisation de l?économie ne peut, toutefois, se limiter à la propriété foncière. La nouvelle stratégie de développement met l?accent sur l?exploitation des activités tertiaires à valeur ajoutée notamment une ?information and knowledge-based economy?. C?est dans ce créneau qu?il faut encourager les nouveaux entrepreneurs à se lancer.
Un projet de ?re-engineering? social ne peut ignorer le nouveau modèle de croissance. Il doit au contraire appuyer le développement de nouveaux pôles d?activités en favorisant l?émergence de nouveaux entrepreneurs avec de nouvelles idées, de nouvelles technologies et de nouveaux marchés.
La démocratisation de l?économie ne pourra pas réaliser son vrai potentiel si elle est abordée essentiellement d?un point de vue d?une réforme agraire. Il faut certes des terres pour s?adonner à l?agriculture et à l?élevage, soit des secteurs qui vont générer des opportunités pour les gens peu formés. Mais il est toujours possible de privilégier une agriculture à valeur ajoutée qui peut se pratiquer sur des superficies relativement petites.
Le gouvernement doit surtout agir au niveau de l?accès au marché. Le ?Competition Bill? peut faire sauter beaucoup de verrous à cet effet. Les pratiques commerciales seront réglementées de manière à ce qu?elles n?entravent pas la libre concurrence.
Il est grand temps pour un nouveau pacte entre l?État et le business. Les décideurs politiques devront apprécier davantage que les opérateurs aient besoin de clarté et de visibilité pour entreprendre des affaires. Le secteur privé doit lui comprendre que la manière de faire du business connaît de profonds changements.
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