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Un navire de l’OTAN n’aurait pas secouru des émigrants africains, selon le Guardian

8 mai 2011, 20:00

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Un navire de l’OTAN n’aurait pas secouru des émigrants africains, selon le Guardian

L''''Otan a fait savoir lundi qu''elle enquêtait sur un article du Guardian selon lequel certaines unités de l''alliance n''ont pas porté secours à un bateau d''émigrants en difficulté, parti de Libye, et dont 62 de ses occupants ont fini par mourir.

Selon le quotidien britannique, un bateau transportant 72 personnes, dont des femmes, des enfants en bas âge et des réfugiés politiques, a connu des problèmes après avoir quitté Tripoli à destination de l''île italienne de Lampedusa le 25 mars.

Bien que la garde-côte italienne ait pu être alertée et que le bateau chargé d''émigrants soit entré en contact avec un hélicoptère et un bâtiment de guerre de l''Otan, aucun effort n''a été mené pour recueillir ses occupants, écrit le Guardian. Soixante-deux des émigrants à bord sont morts de faim ou de soif pendant les 16 jours où leur bateau a dérivé en mer, lit-on dans l''article.

"Nous enquêtons sur les accusations du Guardian. J''espère pouvoir y réagir sous peu", a dit une porte-parole de l''Otan, Carmen Romero.

Selon le Guardian, qui cite des rescapés, 47 Ethiopiens, sept Nigérians, sept Erythréens, six Ghanéens et cinq Soudanais se trouvaient à bord. Parmi ces émigrants figuraient 20 femmes et deux enfants en bas âge, dont un n''avait qu''un an.

Le Charles de Gaulle ? 

Le capitaine ghanéen du bateau dirigeait le navire vers Lampedusa, à 290 km au nord-ouest de Tripoli, mais au bout de 18 heures de mer, l''embarcation a connu des problèmes et perdu du carburant. Les émigrants ont téléphoné à un prêtre érythréen se trouvant à Rome, lequel a contacté la garde-côte italienne. Un hélicoptère dont les pilotes portaient des uniformes a survolé un peu plus tard le bateau et largué des bouteilles d''eau et des paquets de biscuit, écrit le journal britannique. Les pilotes ont fait signe aux passagers qu''ils devraient rester dans cette zone le temps qu''un bateau vienne à leur secours, mais aucun navire ne s''est jamais présenté, lit-on dans l''article.

Le 29 ou le 30 mars, continue le Guardian, le bateau d''émigrants a dérivé en vue d''un porte-avions de l''Otan, et selon des survivants, deux avions ont décollé du pont et ont survolé à basse altitude le bateau, dont les passagers s''étaient dressés et brandissaient les deux bébés à bord. Cependant, affirme le Guardian, aucune aide n''est parvenue et les émigrants sont morts de faim et de soif l''un après l''autre.

Lorsque, le 10 avril, le bateau à la dérive a échoué sur une plage près de Zlitane, dans les environs de Misrata dans l''Ouest libyen, seules 11 personnes à bord étaient encore en vie. L''une d''elles est morte peu de temps après avoir touché terre.

Le Guardian écrit qu''après une enquête approfondie, il a conclu que le porte-avions en question était probablement le Charles-de-Gaulle, qui croise en Méditerranée (PHOTO). A Paris, l''état-major a démenti qu''un navire français ait été impliqué dans cette affaire.

 

(Source: Reuters)

 

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