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Un nègre des mots

19 octobre 2007, 20:00

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Perdu sur terre, entre le son et les mots. «Miss Terre chante, ses fils morts jouent? » Mystère. Nikola déclame les mots, s?embarque dans le train pour véhiculer ses pensées.

La mélodie accompagne sa prose et le tout ne fait qu?un. Un homme. Un être à la plume fertile qui cultive l?imaginaire en l?arrosant de verbes fertilisants. Sur une terre aride, l?eau est rare, la voix souvent sèche. La gorge déployée, il trace les chantiers pour trouver la fontaine fraîche. «Ce bain de jouvence qu?est le dormir », disait Gide.

Dans une atmosphère délicate, construite à partir de rien, le déclameur s?interroge sur les conflits humains. « La couleur de la peau n?est plus un facteur nominal pour créer des conflits entre les hommes, les peuples, les ethnies», note le poète. Son dernier écrit En fait, fait état de cette situation.

<B>Esprit d?harmonie</B>

« Les silences sont morts à chanter en canons? Le métronome chante, Beethoven est sourd? » introduit Nikola. Fort, puissant et percutant, la prose met à nu le colonialisme intemporel. Questionnement universel : «Quel nègre es-tu ? Je suis un nègre du temps, fils de Lucy. Affranchi du mot nègre lui-même.»

Un ange passe. L?homme trépasse mais l?histoire n?efface rien. « Mal peu, batar frwase, revolisyon an ba zipon. Prête-moi tes oreilles? Des mots tirent sur l?histoire. Et l?histoire tire ses maux.» En fait, une claque pour évacuer ses effets. Faits divers non contrefaits.

Pour sa prestation d?hier, Sept a accentué son jeu sur une musique construite dans un esprit d?harmonie avec le texte, le «Spoken Words».

Un creuset de sonorités expérimentales contribuant à valoriser les mots de Nikola. Un concept qui se veut spontané avec le souci de donner du caractère aux syllabes. La musicalité demeure lourde avec une dose de punk enrobé de triphop.

<B>Expression corporelle</B>

Prochainement, il sera de retour chez nous au début de novembre pour un autre projet autour de l?art oratoire : les contes.

Avec la compagnie Baba Sifon comprenant Léone Louis, Laurence Beaumarchais et Florian Goetz. La troupe réunionnaise sera en représentations et atelier du 6 au 16 novembre. Une initiative du Centre Culturel Charles Baudelaire (CCB).

Le 7 novembre Baba Sifon animera un atelier à Mahébourg. «Une initiation au théâtre et à l?expression corporelle.» Cette activité, souligne Nikola, s?inscrit dans le but de « décentraliser le spectacle. Aller vers les villages, vers ceux qui n?ont pas souvent accès au spectacle», précise l?artiste.

Elle sera ensuite à La Pointe Tamarin Music and Art Centre, le 11 novembre avant d?entamer un atelier de contes dédiés aux professionnels à partir du 13 novembre.

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