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Un musée pour le dodo

14 avril 2005, 00:00

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Non, il n?est pas mort. Pas pour Emmanuel Richon en tout cas. Son corps dodu, son histoire tragique, sa légende. Le dodo retrouve ses plumes ? virtuelles ? grâce au musée en ligne que lui consacre le restaurateur et responsable du centre de documentation de l?Ecole du Centre.

Lancé hier, ce musée virtuel est ouvert aux internautes avides de connaître l?oiseau qui orne fièrement les armoiries de la nation. L?adresse http://www.palli.ch/~kapeskreyol/dodo/ vous donnera accès aux mystères entourant le dodo.

En créole et en français, Emmanuel Richon propose une documentation riche et abondamment illustrée qui permet de passer allègrement du massacre au mythe. Le préambule précise d?ailleurs que, ?soixante dix ans à peine après sa découverte, le dernier représentant de cette espèce avait disparu. Le caractère subit de cette perte a valu, mauvaise conscience oblige, la création d?un mythe, d?une vraie légende?.

Voyage au ?Dodoland?

Naviguant entre le poétique et le scientifique, le concepteur du site s?intéresse à l?étymologie parlante du nom de cet oiseau de la famille des drontes. ?En flamand, dodo est le parfait anagramme de dood, qui signifie mort. Il y a de fortes présomptions pour penser que ce nom viendrait des Portugais. Duedo, doudo ou doido, signifiant idiot, ce qui paraît une suggestion plausible pour un oiseau si facile à attraper.?

Dans un autre registre, le musée nous invite à partager l?émerveillement d?Alice, l?héroïne de Lewis Caroll. La petite fille rêveuse, dont les aventures paraissent à Londres en 1865, coïncident, ?avec la découverte des ossements à la ?Mare-aux-Songes?. Emmanuel Richon nous rapporte que ?Lewis Carroll avait apparemment l?habitude de se promener dans la campagne anglaise en discutant avec une petite fille qu?il immortalisera dans son personnage d?Alice. L?une de leurs escapades favorites était d?aller au museum d?Oxford afin d?y voir les vestiges du dodo.?

Le site nous emmène en voyage au Dodoland, comprenez, la patrie du dodo telle qu?elle était de son vivant. Une incursion historique et géographique grand public, avec une attention particulière pour les scolaires.

De croquis en tableaux de maître, le musée virtuel nous rappelle que c?est le professeur George Clark, maître d?école à Mahébourg, qui, en 1865, découvrit les premiers squelettes de dodos, au lieu-dit ?Mare-aux-Songes.? Ces découvertes fut envoyées à Londres, où Richard Owen, conservateur du Musée d?histoire naturelle, tenta la première reconstitution d?un squelette de dodo entier.

Le musée du dodo n?oublie pas non plus nombre de contemporains de l?oiseau mythique. De la tortue si grande que ?huit ou neuf personnes peuvent s?asseoir sur la carapace renversée d?une seule d?entre elles et y prendre leur repas? au Solitaire, le frère rodriguais du dodo, c?est tout un pan de notre Histoire commune que revisite le nouveau site.

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