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Un millier de squatters de la NHDC refusent de plier bagage

19 juillet 2005, 20:00

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Plus de la moitié des squatters des appartements de la National Housing Development Company (NHDC), soit quelque 1 000 individus, campait, à 23 heures hier, sur sa position. Ces ?récalcitrants? doivent pourtant se montrer raisonnables et s?en aller aujourd?hui, date d?expiration du délai accordé par le gouvernement. Le cas échéant, les unités de la Special Supporting Unit (SSU) seront mobilisées pour procéder à leur évacuation.

L?expulsion, explique-t-on du côté de la police, se fera selon les dispositions de la loi. ?Les évacuations se feront par les policiers de la localité avec le concours de la SSU et de la Special Mobile Force.? Les officiers de la NHDC ainsi que ceux de la police ont, en effet, eu plusieurs réunions de travail hier pour se préparer aux opérations qui devraient avoir lieu dans différentes régions de l?île.

Un haut gradé de la police dit toutefois constater que le ?bon sens semble prévaloir? dans la majorité des cas. Et le ministre du Logement et des Terres, Asraf Dullul, affiche l?optimisme tout en réaffirmant que les appartements doivent être impérativement évacués d?ici ce soir. ?Nous avons noté une évolution positive de la situation de ce côté. A 15 heures aujourd?hui (NdlR : hier), plus de 60 % des appartements avaient été évacués.?

Sur place toutefois, plus de la moitié des maisons semblait encore occupée. Ceux s?y trouvant affirmaient qu?ils ne comptent en aucun cas céder à la menace d?expulsion. ?Pandan dezan monn viv anba enn latant. Aster ki monn resi gagn enn lakaz, zot napa pou resi tir moi ladan?, déclare Maria, 34 ans, venue occuper une des maisons avec son beau-père malade à Camp-Levieux. ?Mo napa pou lev pake pou ale?, lance un de ses ?voisins?, adossé à un mur, torse nu.

?Nou ti pe per ki sitiasyon dezenere?

Ces ?cas difficiles? se sont réunis hier après-midi et ont, à l?issue de la rencontre, décidé de faire de la résistance. Car, disent-ils, ils avaient prévenu le gouvernement qu?ils ne s?en iraient que s?ils obtenaient un autre endroit où loger, en attendant que soit mis à leur disposition un appartement de la NHDC. ?Se sel kitsoz ki nou ti dimande. Zot pann aksepte. Zot ava bizin vinn tir nou?, lancent-ils, unanimes.

Pour sa part, le ministre se dit satisfait du fait que la quasi-totalité des squatters s?est fait enregistrer dans les bureaux du Citizens Advice Bureau (CAB), qui avaient été mis à leur disposition durant trois jours. Cette initiative conjointe du ministère du Logement et des Terres et du Trust fund for the integration of vulnerable groups a pour objectif de produire ?une base de données? afin de déterminer l?étendue de la situation.

Par ailleurs, des communiqués émis par le bureau du commissaire de police ont hier été distribués aux squatters. Mais la tension parmi ceux occupant encore illégalement ces maisons était vive dans l?après-midi. Des équipes d?officiers de la NHDC et de policiers ont été affectées aux différents complexes durant toute la journée. ?Ces équipes ont été chargées de sceller les maisons déjà évacuées par les squatters pour empêcher que d?autres n?y viennent s?installer?, explique Eshan Khodabocus, directeur de la NHDC.

Les premières occupations illégales remontent au 26 juin, à Camp-Levieux. Les quelque 148 habitations de ce complexe de la NHDC ont été, cette nuit-là, occupées par des familles entières munies de matelas et de bougies. L?occupation illégale de ces maisons dépourvues d?eau et d?électricité s?est étendue, dans les jours qui ont suivi, à Terre-Rouge, Cité-La-Cure, Chebel et Pointe-aux-Sables. Le nombre d?habitations occupées illégalement s?élevait, à lundi, à 418.

Si la grande majorité des squatters a expliqué être venue habiter ces maisons par ?nécessité?, certains ont profité de la confusion provoquée par le mouvement de foule pour saccager des habitations et emporter les sanitaires. Deux individus ont été arrêtés pour ces méfaits à Pointe-aux-Sables.

A Terre-Rouge, quelques-unes des 24 familles occupant légitimement les maisons de la NHDC se disent soulagées de voir partir les squatters de leur plein gré. ?Nou ti pe per ki sitiasyon degenere e ki ena violans ant lapolis ek squatter. Erezman ki ena finn aksepte ale par zot mem?, explique Steeve. Ce maçon de 24 ans s?est vu remettre les clés de sa maison le 1er juillet. Il a décidé de venir s?y installer le jour même avec sa petite famille malgré l?absence d?eau et d?électricité pour éviter que sa maison ne soit occupée par des squatters. Comme lui, d?autres propriétaires de maisons de la NHDC affichent leur satisfaction de voir se décanter une situation qui n?a que trop duré.

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