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Un Mauricien au sommet des fédérations sportives

19 mai 2005, 00:00

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Il est au c?ur de toutes les décisions de l?athlétisme mondial et côtoie le gotha qui s?y trouve. Cela ne l?empêche pas de rester simple et de grignoter quelques jours sur un emploi du temps chargé pour replonger dans la matrice familiale. Lui, c?est Jeewajee Isram, alias Jee, senior manager du département de l?assistance aux membres de l?Association internationale des fédérations d?athlétisme (AIFA).

N?importe qui d?autre à la place de Jee aurait pavoisé d?être le premier Mauricien à évoluer dans des sphères aussi élevées. Ce qu?il fait n?est effectivement pas à la portée de tous. Sur 211 fédérations membres de l?AIFA, il gère les subventions de 165 d?entre elles, veillant à ce que leurs rapports annuels soient conformes aux critères établis avant de donner des instructions pour le débours.

Mais la grosse tête n?est pas pour Jee. Ce Vacoassien qui a étudié l?éducation physique en Inde, n?aurait jamais imaginé que son destin l?aurait mené aussi loin. En effet, quand il quitte le collège Eden pour entrer comme sports officer au ministère de la Jeunesse et des Sports, il s?assure simplement une sécurité d?emploi. Même si durant les quinze années où il demeure en poste, il prend part à la démocratisation du sport à travers la promulgation du Physical Education and Sports Act.

Jee est si efficace qu?il obtient une bourse Fullbright et étudie pendant deux ans à l?Université de l?Ohio aux États-Unis, y décrochant une maîtrise en administration sportive. Cette parenthèse dans sa vie professionnelle l?amène aussi à passer six mois au bureau du Comité olympique américain à Colorado Springs.

L?aventure aurait pu s?arrêter là. Or, lors de championnats d?Afrique à Maurice au début des années 90, Michael Glover, son ministre de tutelle, lui demande d?accompagner Primo Nebiolo, président de l?AIFA et de nombreuses autres fédérations, et membre du Comité international olympique. L?Italien, qui vit et ne respire que par le sport, est séduit par le sens de l?organisation de Jee et lui demande une copie de ses qualifications. Jee se plie à la requête sans arrière-pensée.

Fin 1993, il reçoit un appel du secrétaire général de l?AIFA. Sur la base de ses diplômes, celui-ci veut savoir s?il est toujours intéressé par un emploi. Abasourdi, Jee répond par l?affirmative. En deux temps, trois mouvements, il se rend à Monaco pour un entretien. Il en ressort embauché. En un éclair, il emmène sa femme Rita et leur premier enfant, Janesh, 12 ans, sur le Rocher. Il agit alors comme assistant du secrétaire général, le Hongrois Istvan Gyulai. Sa fille, Ilyona, huit ans, naît dans la principauté deux ans plus tard.

Si Primo Nebiolo, le président de l?AIFA, est satisfait du recrutement de Jee, il a d?autres projets pour lui. Un an plus tard, il l?appelle pour l?assister. Jee fait alors le va et vient entre Rome et Monaco. En raison des responsabilités de Primo Nebiolo, Jee voyage énormément. ?On ne restait pratiquement jamais en place, mais c?était excitant d?être au c?ur de l?événement d?athlétisme?. Le président de l?AIFA lui accorde toute sa confiance au point de lui confier sa correspondance.

Aussi quand l?Italien meurt en 1999, c?est tout naturellement qu?il prend le relais aux côtés du président élu, Lamin Diack, l?ancien adjoint de Nebiolo. Et c?est l?année suivante qu?il est nommé pour gérer le département d?assistance aux fédérations membres. Il fait autant d?administration que de présence sur le terrain. La semaine dernière, il était aux Fidji et au Burundi, avant de faire un saut à Maurice.

Jee n?a pas d?autres ambitions que de continuer d?être au service de l?athlétisme mondial. ?Cela plaît à tout le monde.? Du moment qu?il fait l?unanimité?

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