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Un manque d?ouvriers formés menace l?EPZ
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Un manque d?ouvriers formés menace l?EPZ
Le manque d?intérêt de la main-d??uvre pour la zone franche risque de mettre en péril la reprise, fragile, de cette industrie. Un rapport du Human Resources Development Council (HRDC) sur les besoins en ressources humaines pour le secteur manufacturier fait un constat plutôt inquiétant de l?inadéquation entre l?offre et la demande d?emplois dans les activités manufacturières.
L?initiative du HRDC découle d?une démarche du gouvernement de procéder à une évaluation des besoins en termes de main-d??uvre formée. Le sous-comité de travail mis sur pied pour se pencher sur le secteur manufacturier a présenté son rapport hier, à l?université de Maurice.
Les industries manufacturières comprennent la zone franche (qui représente 56 % de la production totale), l?industrie manufacturière locale (36 %) et des usines sucrières (8 %). ?Le manque de main-d??uvre est le principal problème auquel le secteur fait face, en particulier la zone franche. Les entreprises font des offres d?emploi presque chaque jour dans les journaux mais n?obtiennent pas de résultats. On est obligé d?importer de la main-d??uvre?, déplore Mookeshwar Gopal, président de la Mauritius Employers? Federation (MEF). Il avait présidé le sous-comité en question.
La zone franche, qui a connu des licenciements massifs (plus de 25 000 départs forcés) ces cinq dernières années, n?attire plus les chercheurs d?emplois. La perception générale veut que ce secteur n?offre aucune garantie en termes de sécurité d?emploi. ?Les gens préfèrent se recycler dans l?économie informelle?, souligne le rapport.
En sus d?un manque de bras, les usines n?ont pas d?effectifs suffisamment formés pour opérer dans les nouvelles exigences de la production et du marché. ?Les programmes de formation et de réorientation professionnelles sont en retard. Les lois et les règlements du travail sont encore trop rigides?, constate le rapport. Le cadre légal du marché du travail n?encourage pas la mobilité de la main-d??uvre. Cela prive les secteurs en croissance d?une source de main-d??uvre non négligeable.
L?export processing zone (EPZ), dont le textile-habillement est le plus gros sous-secteur, se reconfigure sous le coup de la libéralisation du commerce international. L?industrie de l?habillement se restructure et recherche de niches pour éviter le choc frontal avec les géants comme la Chine, l?Inde et le Pakistan.
?Il nous faut nous concentrer dans des activités où nous avons pu établir des forces compétitives. Nous sommes en train de bien faire dans le t-shirt et le denim. Ces produits attirent d?ailleurs beaucoup d?acheteurs?, affirme Mookeshwar Gopal.
Les entreprises changent de marchés, montent en gamme,revoient leurs chaînes logistiques dans certains cas et s?engagent dans des projets d?intégration verticale. Ces nouvelles donnes imposent d?autres exigences en termes de compétence technique. ? Il faut qu?ils (les employés) apprennent comment maintenir et améliorer la qualité des produits?, écrivent les auteurs du rapport.
Comme solution sur le court terme, ils préconisent le recyclage professionnel, qui permettra de développer les compétences nécessaires aux nouveaux besoins des entreprises. L?Empowerment Programme fait de la réorientation professionnelle une de ses préoccupations. Une action dans ce sens est déjà en cours. Le rapport du HRDC suggère aussi la création d?une base de données nationale. Elle permettra de répertorier les qualifications, les aptitudes et les expériences professionnelles des salariés potentiels. Les employeurs pourront ainsi trouver plus facilement les compétences dont ils ont besoin.
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