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Un loueur de windsurf expulsé

22 août 2003, 20:00

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Alex Duparc, un Français qui dirigeait un centre de location de planches à voile à la pointe du Morne, a été sommé de quitter le pays. Son contrat de travail qui expire en mai 2004 a été résilié au début de la semaine. Les autorités estiment qu'il porte une part de responsabilité dans la disparition en mer de deux véliplanchistes.

Le gérant de Magic Surf, filiale de Surf & Action, un groupe allemand, n'aurait pu porter secours à ces touristes, un Belge et un Allemand qui lui avaient loué du matériel. Son bateau était en panne et il lui est reproché de ne pas avoir respecté les "duties of care".

Surf & Action est un géant mondial dans le secteur du windsurf avec une présence dans une trentaine de pays. Cette entreprise travaille avec le tour-opérateur européen Thomas Cook, qui génère des dizaines de milliers de packages chaque année.

Le ministre de l'Emploi, Sangeet Fowdar, a traité personnellement ce dossier. Il précise que le gouvernement est disposé à octroyer un permis de travail à un autre étranger pour remplacer Alex Duparc au sein de cette compagnie et reconnaît que ce dernier doit assumer ses responsabilités. Nando Bodha, le ministre du Tourisme, partage cet avis. Il souligne que depuis plus d?un an, Alex Duparc était visé pour ses manquements au niveau de la sécurité.

dénigrement

Certains professionnels mauriciens et étrangers qui connaissent bien ce site, estiment qu?Alex Duparc a été victime d?une campagne de dénigrement. Des véliplanchistes locaux auraient vu d'un mauvais ?il "l'envahissement" de leur plage. Alex Duparc ne s'était donc pas fait que des amis . Ces professionnels évoquent aussi la part de responsabilité du gouvernement et notamment des gardes-côtes, qui n?ont pas brillé par leur efficacité dans cette région. Ainsi, ils n?hésitent pas à dire que le Français est un bouc émissaire.

Jean-Pierre Henry, un professionnel de Rivière-Noire qui possède sept centres nautiques dont deux sur la côte Ouest, se défend d?être derrière cette campagne. Il reconnaît avoir à plusieurs reprises mis en garde Alex Duparc qui opérait son centre sans informer les touristes des dangers du site. Il a ainsi alerté les autorités et souligne qu?il n?a jamais voulu qu?on expulse le Français.

Karl Braunecker, l'ancien directeur de l?hôtel Maritim, qui dirige aujourd?hui la firme Magic Surf, estime qu'Alex Duparc est victime d'une injustice car il n'a pas pu "s?expliquer devant les autorités". Le Français, dit-il, a sauvé la vie de nombreux touristes au large du Morne parmi lesquels se trouvaient des clients d'hôtels. Karl Braunecker insiste pour que le gouvernement autorise l?utilisation de jet-skis pour la sécurité.

Pour le moment, l?administration de la firme a été confiée à Gilbert Ricot, un Mauricien qui possède une solide expérience dans le tourisme et qui travaille avec une équipe de windsurfers. Il est probable qu'un professionnel sud-africain sera recruté pour prendre la suite d'Alex Duparc. Le business de planche à voile rapporterait chaque année Rs 50 millions au pays en devises étrangères.

Contacté hier soir, Alex Duparc s?est dit atterré. Le gouvernement lui a donné quatre jours pour partir. Il a dû enlever ses enfants du lycée et va se retrouver en difficulté morale en France. Il ajoute qu?il hésite à faire des déclarations car il souhaite revenir à Maurice en vacances.

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