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Un laboratoire serait à l?origine des cas de fièvre aphteuse

9 août 2007, 00:00

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Il y a ?une forte probabilité? que les cas de fièvre aphteuse constatés dans deux élevages du Surrey, dans le sud-est de l?Angleterre, aient leur origine dans l?un des deux laboratoires de recherches voisins des exploitations touchées, selon un rapport préliminaire des autorités.

Le rapport des inspecteurs de la santé publique, rendu public hier, ne précise pas lequel des deux laboratoires proches de la ville de Guilford, l?un géré par un organisme gouvernemental, l?IAH, l?autre appartenant à la société Merial, co-entreprise de l?américain Merck et du français Sanofi Aventis , pourrait être à l?origine de ces nouveaux cas de fièvre aphteuse.

Les deux laboratoires, situés à huit kilomètres environ du premier foyer de fièvre aphteuse, ont suspendu leurs activités. ?Il semble qu?il y ait une forte probabilité que la souche (du virus de la fièvre aphteuse) impliquée dans les cas observés dans la ferme vienne soit de l?Institute for Animal Health, soit du site Merial?, précise le rapport. Selon les enquêteurs, il y a une ?réelle possibilité? que des déplacements humains soient à l?origine de la réapparition de la maladie.

Les autorités britanniques ont confirmé avant-hier qu?un second foyer avait été diagnostiqué dans un élevage du Surrey, ce qui fait redouter une propagation de la maladie, très contagieuse chez l?animal.

Très choqué après la destruction de son troupeau, Roger Pride, le propriétaire de la ferme où le premier cas avait été détecté la semaine dernière, a rapporté que des égouts avaient débordé dans un pré où passait son bétail, ce qui apporte du poids à l?une des théories avancées pour expliquer la contamination. Les enquêteurs, estimant ?négligeable? la probabilité que la maladie se soit propagée par air, penchent en effet davantage pour une transmission par l?eau.

Les animaux des deux élevages contaminés ont été abattus. Des zones d?exclusion ont été instaurées trois kilomètres à la ronde et des zones de protection sont imposées dans un rayon de dix kilomètres autour des exploitations et de deux laboratoires de recherche où le virus a été manipulé.

Il s?agit des premiers foyers de fièvre aphteuse signalés en Grande-Bretagne depuis l?épizootie de 2001, qui a dévasté les élevages britanniques. Plus de six millions d?animaux avaient été incinérés sur d?immenses bûchers et la crise a coûté à l?agriculture et au tourisme rural quelque 8,5 milliards de livres (12,6 milliards d?euros).

L?Union européenne a interdit toutes les exportations britanniques de viande fraîche, d?animaux vivants et de produits laitiers. Il a déclaré le secrétaire britannique à l?Environnement, Hilary Benn, à la BBC, invitant les éleveurs à surveiller de près leurs animaux pour détecter tout signe de maladie.

Ce début d?épizootie menace l?élevage britannique et ses exportations de viande, d?un montant de plus d?un milliard de dollars par an. Pride, le premier éleveur affecté, a raconté qu?il avait remarqué à la fin de la semaine dernière que certains de ses animaux semblaient souffrants et bavaient. ?Il a été aussitôt évident que quelque chose allait très mal?, a-t-il dit. Un autre paysan de la région a expliqué que cela avait réveillé les pires craintes du monde agricole et que toutes les activités s?étaient arrêtées dans les exploitations.

Pour tenter de limiter la propagation de la maladie, le gouvernement a interdit tout déplacement d?animaux de ferme dans l?ensemble du pays, une interdiction qui pourrait durer plusieurs semaines et avoir un important impact sur le Produit intérieur brut, auquel l?agriculture contribue à hauteur de un pour cent.

Bien que les éleveurs craignent une désaffection des consommateurs pour la viande, le retour de la fièvre aphteuse risque d?entraîner une hausse du prix de la viande et de pousser plus haut encore un taux d?inflation dépassant déjà les 2 % que la Banque d?Angleterre a fixés comme objectif.

Les inondations du mois dernier devraient déjà avoir un impact inflationniste sur les prix des légumes et du lait en raison des dégâts infligés à l?approche des récoltes, et l?augmentation des prix du fourrage liée aux inondations devrait logiquement peser sur le cours de la viande.

Pendant l?épizootie de fièvre aphteuse de 2001, le prix des aliments à fort apport de protéines avait globalement augmenté tandis que les consommateurs se détournaient de la viande rouge, privilégiant les volailles ou le poisson.

<B>Sylvia WESTALL</B>

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