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Un inventeur qui soigne l?incontinence

21 septembre 2003, 20:00

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Calebasses. Petit village du Nord entre Terre-Rouge et Pamplemousses. Sur la route principale, réside Jean-Baptiste Carcelle, un homme qui redonne la santé à de nombreux enfants et qui réconforte les parents.

Que fait-il ? Il soigne l?énurésie, une incontinence d?origine psychologique vécue par l?enfant à un âge où la propreté est habituellement acquise. Les patients de Jean-Baptiste Carcelle viennent de toutes les classes sociales. Ils ont essayé plusieurs remèdes avant de frapper à sa porte. On y trouve même des enfants dont les parents sont médecins. L?homme affirme qu?il a même soigné des adolescents. Ces derniers développaient des complexes en raison de leur incontinence.

Toutefois, Carcelle n?est pas médecin. Il est inventeur. Il a mis au point un appareil dont le fonctionnement est simple mais ingénieux : une couche électronique dotée d?un système d?alarme. Celle-ci est placée dans le lit de l?enfant, et dès qu?elle reçoit une goutte d?urine, l?alarme se déclenche. L?enfant est ainsi obligé de se lever. Il est incité à se responsabiliser.

L?appareil n?a pas de nom. Carcelle veut qu?il en soit ainsi. ?La machine n?est pas importante. Elle n?est qu?un moyen et non une thérapie. C?est le principe de responsabiliser l?enfant qui l?est?, insiste l?habitant de Calebasses. Il avance que sa technique est inspirée de certaines civilisations où l?enfant dort nu avec sa maman.

En 1978, Carcelle conçoit sa méthode. Il fait breveter sa découverte et la commercialise à partir de 1988. L?homme montre avec fierté son dossier de presse. On y trouve des articles parus dans des journaux français et dans des revues spécialisées. Le tout est accompagné d?un enregistrement sur cassette vidéo d?une émission d?Antenne 2 vantant son appareil.

Mais comment cet inventeur a-t-il atterri à Calebasses ? Notre homme, un quinquagénaire assez bien préservé, qui est originaire du nord de la France a épousé une Mauricienne. Il s?est installé à Maurice depuis sept ans. Sa femme est hindoue et lui est plus que passionné de philosophie hindoue. C?est un converti qui connaît l?hindouisme mieux que de nombreux Mauriciens. Peu après son arrivée chez nous, il faisait des causeries dans les baïtkas.

Mais Carcelle n?a pas un modéle d?abnégation matérielle, même s?il affirme que ?l?argent ne m?intéresse pas?. Après de brèves études de médecine, il se tourne vers les sciences économiques. Il dit avoir travaillé dans la finance comme responsable d?une agence bancaire. Mais il en a vite marre. L?engrenage du système capitaliste : argent-rendement-productivité ne lui plaît pas. Il rend son tablier et part en quête d?autres principes de vie. Il les trouve dans l?hindouisme.

Son appareil a été conçu, dit-il dans le but d?aider et l?enfant à s?affranchir des souffrances et des angoisses engendrées par son handicap. Ces propos sont justifiés par le fait que Carcelle n?a pas fait reproduire son appareil sur une grande échelle pour la commercialisation. Il le loue et réclame un suivi et des rencontres régulières avec les parents. Il vend ou rend un service, la machine n?est qu?un prétexte efficace contre l?énurésie.

Carine saint-médar

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