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Un inspecteur d?école accusé de pédophilie par deux élèves

30 septembre 2008, 00:00

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Le silence se brise autour de l?inspecteur d?école primaire, présumé pédophile, Yashdev Bahadoor. Après les allégations faites par un collégien de 13 ans la semaine dernière, voilà qu?un autre mineur a porté plainte hier auprès du bureau de l?Ombudsperson for Children. Les deux enfants bénéficient d?un encadrement psychologique.

Mais ces deux cas pourraient n?être que le sommet de l?iceberg, car des allégations du même genre auraient été faites contre Yashdev Bahadoor dans le passé sans qu?il ne fasse l?objet d?une enquête. Selon des sources proches des enquêteurs, ces derniers pensent que les langues vont se délier. Ils s?attendent à ce que d?autres victimes viennent témoigner. Yashdev Bahadoor, qui compte trente-trois ans de service dans la fonction publique, a comparu au tribunal de Rose-Hill hier.

Selon des sources proches du Central Criminal Investigation Department (CCID), le suspect donnait des cours particuliers gratuits aux élèves de Form III chez lui. C?est dans ce cadre qu?il aurait commis des actes de pédophilie sur un adolescent de 13 ans après les cours.

Yashdev Bahadoor, 56 ans, habitant Quatre-Bornes, a été reconduit en cellule policière après sa comparution en cour, la police ayant objecté à sa remise en liberté sous caution. Son interrogatoire, prévu dans l?après-midi d?hier, a été reporté. Le suspect a dû être hospitalisé car il ne se sentait pas bien. Selon son avocat, Me Kishore Pertab, l?interrogatoire devrait avoir lieu aujourd?hui.

Il a été arrêté vendredi par les éléments du CCID, sous la supervision de l?assistant surintendant John Ramasawmy. Les enquêteurs ont saisi son ordinateur et une cinquantaine de Compact Discs. Invité à assister à un examen du disque dur de son ordinateur, il a toutefois refusé.

<B>Réactions</B>

Yashdev Bahadoor a été malmené par une foule hostile lorsqu?il est sorti du tribunal hier. Il a fallu l?intervention musclée des policiers affectés à la cour de Rose-Hill et des membres du CCID qui l?escortaient pour éviter qu?il ne soit passé à tabac. «Touy li, bat li. Profeser twa ? Pa kit li», scandait la petite foule furieuse, qui réclamait la tête du suspect avant même qu?il ne soit jugé par la cour.

Si l?arrestation de l?inspecteur ne remonte qu?à quelques jours, les bruits autour de ses inclinations sexuelles alléguées datent de plusieurs années. Du temps où il était maître d?école d?un établissement des hautes Plaines-Wilhems. Cette affaire a suscité pas mal de réactions dans le milieu éducatif. La plupart se disent indignés par cette affaire, d?autant plus que ce n?est pas la première fois que de telles allégations sont faites contre le suspect. «Quand il a été promu inspecteur il y a environ deux ans, nous nous sommes déjà posé des questions, compte tenu des allégations faites contre lui lorsqu?il était maître d?école. Ces allégations étaient connues de tout le monde mais personne n?avait osé le dénoncer jusqu?ici», affirme un de ses collègues.

Mais comment l?homme a-t-il pu rester en poste et, de surcroît, obtenir une promotion, alors qu?il faisait l?objet d?allégations si graves ? On avance, du côté du ministère, qu?en l?absence d?une plainte formelle, aucune sanction n?a pu être prise contre lui dans le passé.

Depuis qu?il a été arrêté, le ministère de l?Education a émis un ordre interdisant à Yashdev Bahadoor l?accès aux écoles et à son bureau. Des sources proches du ministre Bunwaree soutiennent que le cas est traité avec beaucoup de sérieux et «s?il s?avère que les allégations sont prouvées, des sanctions très sévères seront prises contre Yashdev Bahadoor».

<B>Nilen KATTANY</B>

<B>Obligation de dénoncer des enseignants</B>

■ En cas de soupçon d?abus sur un enfant ou un adolescent, le personnel enseignant est lié par un devoir de dénonciation. L?article 11 du «Child Protection Act» ne laisse pas de doute à ce niveau-là. Or, dans le cas de l?inspecteur du primaire, les soupçons datent de plusieurs années, comme l?indiquent des témoignages de professionnels du secteur.

Lorsque le suspect a été promu de maître d?école à inspecteur, il y a un peu plus de deux ans, des inspecteurs s?étaient même interrogés, puisque des soupçons pesaient contre cette personne. Or, en l?absence d?une déposition formelle à la police, la profession est demeurée silencieuse et le ministère de l?Education n?a pas initié d?enquête à son niveau.

Pourtant, le «Child Protection Act» de 1994 stipule que si un membre du personnel enseignant ou non enseignant d?une école «a des raisons d?avoir des soupçons qu?un enfant qui fréquente l?école a été maltraité, négligé, abandonné ou exposé à d?autres sévices», le secrétaire permanent du ministère de la Femme doit être mis «immédiatement» au courant de l?affaire. Cette clause est également valable pour les membres du secteur médical.

L?«Ombudsperson for Children», Shirin Aumeeruddy-Cziffra, suit pour sa part l?affaire de près et déclare qu?«il semble que plusieurs personnes, y compris des gens du secteur éducatif, étaient au courant et n?ont pas alerté les autorités».

Elle invite également toute personne au courant de quoique ce soit en rapport à cette affaire à venir de l?avant. Elle précise que toute communication avec son bureau est de nature confidentielle.

<B>Patrick HILBERT</B>

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