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Un garçonnet enlevé puis abandonné près d?un cimetière
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Un garçonnet enlevé puis abandonné près d?un cimetière
Krisnawtee Ramjuttun vit désormais dans la peur. Il y deux jours, Raoul Ramchurn, son petit-fils de dix ans, qui habite chez elle, a été failli être kidnappé.
L?enfant se trouvait seul dans la maison de Goodlands dans la soirée de jeudi. Deux individus le ligotent et l?emmènent à bord de leur voiture avant de l?abandonner à proximité d?un cimetière. La police enquête pour retrouver les ravisseurs.
Assise dans son salon, Krisnawtee a du mal à dissimuler ses craintes. D?une voix fébrile, elle relate les événements de cette journée. Le petit Raoul, qui fréquente l?école primaire d?Etat Doorgachurn Hurry se rend jeudi, vers 8 heures, à sa réunion scout. Il y est inscrit depuis tout juste un an. «Il aime bien participer aux activités de ce groupe scout car il y apprend de nouvelles choses», explique la grand-mère.
Après le départ de l?enfant, la quinquagénaire, ouvrière dans une usine textile, se rend à son travail. Ne se doutant pas de ce qui l?attendait, Raoul est de retour vers midi. Il se change vite pour aller chez un voisin.
«J?étais seul à la maison. J?ai décidé d?aller voir un ami qui habite tout près», raconte Raoul, encore sous le choc.
Il sort dans la rue et appelle de vive voix son ami. En vain. Le voisin n?est en effet pas encore rentré. Croyant son ami en route, Raoul décide d?aller le rejoindre jusqu?à la prochaine croisée. C?est à ce moment qu?une voiture de couleur noire, avec deux individus à bord, arrive à sa hauteur. Le véhicule s?immobilise. Les deux hommes en descendent. Ils s?approchent du petit Raoul : «J?ai tout de suite senti une main se plaquer sur ma bouche et une autre me soulever du sol». Le gamin est apeuré. Les ravisseurs le ligotent et le jettent sur le siège arrière.
Le véhicule démarre en trombe et se dirige vers le cimetière Belmont, à une centaine de mètres de là. «Ler arrive kot cimitière, zot ouvert la porte derrière ek zot zette moi dépi dans l?auto», poursuit Raoul.
Légèrement blessé aux poignets et aux genoux, l?enfant parvient toutefois à de défaire de ses liens. Il s?assoit sur le bas côté de la route, les larmes aux yeux, tentant de reprendre ses esprits. Il restera là, prostré pendant une vingtaine de minutes, jusqu?à ce que des passants remarquent son état bizarre. «Mo fine raconte zot sé ki fine arrive moi. Zot fine appel la police», dit Raoul. Il est alors 15 heures. Les policiers ramènent le gamin chez sa grand-mère où il vit depuis la séparation de ses parents.
Krisnawtee, revenue entre-temps du travail, ne s?était pas formalisée de l?absence du gamin. Elle l?a simplement cru chez une tante qui habite la localité : «Quand je l?ai vu devant la porte d?entrée, en compagnie de policiers, je n?ai pas compris ce qui était arrivé.»
Le visage hagard, Raoul lance à sa grand-mère : «Bane dimoune fine coquin moi ek attache moi.» En larmes, l?enfant se blottit dans les bras de son aïeule. Tous deux se rendent ensuite au poste de police de la localité pour y consigner une déposition. Puis l?enfant est amené à l?hôpital pour y subir des examens.
Krisnawtee dit ne pas comprendre ce qui a pu motiver ce geste insensé envers son petit Raoul. «Cela fait plus de 35 ans que j?habite ici. Je n?ai jamais eu de problème», confie-t-elle, étouffant un sanglot. Elle dit craindre désormais pour sa vie et celle de Raoul. Recroquevillé dans son fauteuil, l?enfant dit maintenant avoir peur de sortir jouer dans la rue comme autrefois. «Mo né pli lé reste tout sel lakaz», lâche t-il.?
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