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Un gangster abat le policier Jean Nelzire
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Un gangster abat le policier Jean Nelzire
Notre actualité de mars 2007 est dominée par les méfaits d?un prétendu groupement de défense de prisonniers, revendiquant l?agression à l?acide d?un haut gradé de nos services pénitentiaires. Navin Ramgoolam, jamais avare de promesses ni de pieuses intentions, laisse entendre un éventuel renforcement de la législation devant faire régner l?ordre et la paix. Malheureusement pour nous, les actes de violence, y compris ceux dirigés contre des représentants de l?ordre, ne datent pas d?aujourd?hui. Nous en voulons pour preuve l?horrible agression, ayant lieu, il y a 25 ans, à l?entrée du CEB, en pleine journée et en plein centre-ville, à Curepipe, agression devant coûter la vie au policier Jean Nelzire, matricule 1275, 31 ans, atteint mortellement à la tête d?une balle de revolver tirée à bout portant.
L?express rappelle même, dans son compte rendu de cette lâche agression, que la mort inattendue de l?infortuné Nelzire est loin d?être un meurtre sans précédent. Vers 1927, le célébrissime Nanard abat froidement le constable Polidor. En 1942, un autre bandit poignarde le policier Ducasse alors en faction, à la rue Farquhar, Port Louis. Dans les années 1950, le récidiviste Létendrie est à la recherche du constable Permal qu?il accuse d?avoir témoigné contre lui dans un précédent procès. Il le rejoint à quelques mètres du poste de police de Terre Rouge et lui assène plusieurs coups de couteau mortels.
L?on ne parvient jamais à la sécurité parfaite. L?aggravation des sanctions aura un effet dissuasif toujours limité, surtout aux yeux des criminels les plus endurcis, n?ayant plus rien à perdre ni à gagner à respecter les lois. Il appartient à l?ensemble de la classe politique de trouver ensemble, dans un esprit, non de concurrence impitoyable, mais de saine alternance, d?abord les causes profondes de ce recours à cette violence aveugle et irréfléchie et, ensuite, les moyens de le prévenir de façon optimale. Précieuse est l?aide que peuvent fournir, ici, à nos politiciens de tous bords, nos psychologues, nos sociologues, nos travailleurs sociaux, nos éducateurs d?enfants de rue, même licenciés, des religieux à l??uvre dans nos quartiers les plus chauds. Prêcher l?unité nationale, surtout à l?occasion du 12 mars, c?est bien. Chercher ensemble la meilleure paix sociale possible, dans un esprit de service et d?aide mutuelle, en dépit de nos divergences politiques, c?est mieux. Le prêchi-prêcha ne rassure que les convertis. L?unité politique retrouvée, au service d?une noble cause, impressionne davantage les masses qui y verront, non pas une énième promesse mensongère, mais une lueur d?espoir d?insécurité atténuée sinon solutionnée. Il faut faire en sorte que la société ait envie de se mettre du côté des gendarmes et non pas soutenir les voleurs, pour cause, entre autres, de brutalité. Comme toujours, en pareil cas, l?initiative du premier pas revient à qui détient présentement le pouvoir, pour ne pas dire le Premier ministre en fonction.
Pour en revenir au meurtre du policier Jean Nelzire, voici le film des événements tel que le reconstitue l?express. 12h30 : La foule va et vient, à la rue Royale, Curepipe, aux abords de la mairie, de Prisunic, du CEB et de l?église Sainte-Thérèse. Nul ne remarque les faits et gestes d?un gang de malfaiteurs, venus sur place, à bord d?une Mitsubishi. 12h45 : Philippe Pointu, un employé du CEB, porteur d?une mallette contenant Rs 681 000 (les salaires des employés de Vacoas, Quatre-Bornes et de Rose-Hill) prend place à bord de sa voiture, une Hillman Hunter, immatriculée AR 416. L?escorte le policier Jean Nelzire. Celui-ci, un habitant d?Eau Coulée, marié depuis quatre ans et père d?une fillette, alors âgée de trois ans, est en principe en congé. A la dernière minute, on le désigne pour remplacer un collègue devant s?absenter. Un remplacement qui sera aussi un rendez-vous avec la mort. La voiture de M. Pointu s?engage dans l?allée de sortie du CEB. La Mitsubishi en attente démarre et bloque la sortie de la Hunter véhiculant MM. Pointu et Nelzire. Les malfaiteurs l?entourent. L?un d?entre eux menace d?un couteau à la gorge. M. Pointu et lui ordonne de lui remettre la mallette. Jean Nelzire tente de s?emparer de son Federal Streamer (cartouche de gaz paralysant). Un des gangsters lui tire une balle dans la tête. Il ne survivra pas. Les bandits prennent place dans la Hunter, gagnent la Route du Sucre par la rue Teste de Buch et disparaissent dans la nature. On retrouvera, dans l?après-midi, la voiture de M. Pointu, à l?angle des rues Richard et Ambrose à Plaisance, Rose Hill.
Un drame ne vient jamais seul. La police de Curepipe est dépassée par les événements. Elle parvient difficilement à protéger le lieu du crime, où les indices ne manquent pas, de la foule de badauds grossissant d?heure en heure. Elle réclame du renfort. Une jeep de la Riot Unit quitte Vacoas et se dirige vers Curepie à toute allure. Elle dépasse en plein virage, à Eau Coulée, un camion de la voirie, et heurte un autobus venant en sens inverse. Le véhicule s?écrase contre une muraille. L?accident fait plusieurs blessés graves. Un autre policier, M. Beekarma, ne survivra pas à ses blessures.
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