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Un feu d’Afrique en concert

4 novembre 2005, 20:00

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Oliver Mtukudzi. Si son nom est difficile à prononcer, il ne l’est pas à retenir, car l’artiste que nous présente le Centre Charles Baudelaire, mercredi prochain au Théâtre de Port-Louis, est entré dans l’histoire de la musique africaine. Une histoire qu’il nous fera partager, en musique, au rythme à la fois traditionnel et roots qu’il a imaginé en son Zimbabwe natal. Un musicien novateur qui depuis 30 ans réinvente son propre style musical et s’impose à chaque sortie, concert ou album, comme l’une des plus grandes forces artistiques à avoir émergé ces trente dernières années, au Zimbabwe et l’un des grands artistes natifs d’Afrique australe.

Une notoriété qu’il met au service de la société, de l’homme, de son pays parce qu’il sait l’importance de sa responsabilité. Sur ses rythmes soutenus, il appose des paroles enlevées, qui n’hésitent pas à s’attaquer à la politique ou aux difficultés sociales, s’accueillant les faveurs des publics du monde entier.

Né en 1952, Oliver «Tuku» Mtukudzi a dû grandir trop tôt, car l’aîné de sept enfants. Son père est mort quand il était jeune. Attiré par la musique, il s’engage dans un groupe appelé mes Wagon Wheels et sort son premier disque, en groupe en 1975, sous le titre Stop Orange. Il assume rapidement cette carrière et compose son premier grand succès, Dzandimomotera, qui devient un succès populaire immédiat. Tuku quitte le groupe, emmenant avec lui certains musiciens et forme son propre groupe de musiciens, The Black Spirits, qui dès lors, l’accompagnera partout. Le single phare donnera naissance à un album, tout aussi populaire.

<B>45 albums en 30 ans</B>

A l’indépendance du Zimbabwe, il sort l’album Africa et dans sa voix puissante se reflète le sentiment de fierté d’indépendance de tout un pays. Un début en fanfare, couronné de succès, et un rythme de carrière qui ne ralentira pas, puisque durant les 20 années suivantes, il est un artiste extrêmement prolifique, auteur, compositeur, producteur et un très grand interprète.

L’un de ses plus grands succès, à la fois populaire et critique, reste l’album Nhava, signé chez Heads Up. Nhava, un album «sac de voyage », où le chanteur joue les philosophes et offre conseils et encouragements pour les voyageurs de la vie. Lui, sait de quoi il parle puisqu’il a déjà beaucoup voyagé et survécu aux épreuves.

Après plus de 30 ans de carrière dans la musique, il continue d’enregistrer et de se produire, en live, captivant toujours les foules, surprenant toujours son public, principalement le public zimbabwéen. Force de l’art africain, il se distingue par un style musical très particulier qui porte aujourd’hui son nom, Tuku Music, style influencé par des musiques traditionnelles du Zimbabwe et des pays voisins, tels l’Afrique du Sud. On pourra entendre chez Mtukudzi, du Mbira, Mbaqanga ou du Jiti, musique populaire.

Reconnu dans le monde entier, on dit de sa musique qu’elle serait le croisement entre les styles d’Otis Redding et de Toots Hibbert. Il a enregistré plus de 45 albums en 30 ans de carrière et produit des tournées aux quatre coins du globe, même s’il préfère sûrement offrir des concerts au Zimbabwe, où il continue de jouer et divertir son public même dans les régions les plus reculées, car sa musique, comme son cœur, bat au rythme de son pays.

Le Centre Charles Baudelaire présente Oliver Mtukudzi en concert le mercredi 9 novembre à 20 heures au Théâtre de Port-Louis. Prix des places Rs 200, billets en vente au CCB, Cifod, Alliance Française, CCEF et sur le Rézo Otayo. Tél 466 99 99 ou Internet : www.otayo.com.

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