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Un fermier mauricien et son fils séquestrés dans leur ferme

12 avril 2008, 00:00

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Leur vie est en danger. Pierre Guimbeau, un fermier mauricien et Marc, son fils de 14 ans, se sont cloîtrés dans leur maison avec leurs deux chiens de garde. Leur ferme, située à Greenvalley (district de Chipinge) au Zimbabwe, a été prise d?assaut. Ils sont cernés par des sympathisants du président Robert Mugabe. Ces derniers, pour la plupart des jeunes, accusent le fermier d?avoir vendu du lait et de la viande aux membres du principal parti de l?opposition, le Movement for Democratic Change.

Pierre Guimbeau a envoyé un message de détresse à Benoît Lagesse, un autre fermier mauricien au Zimbabwe. ?Ben Help. Call Mauritius Gov. Trouble Here. Jambajana (violents affrontements) since 3. They at shed now. Want the house. No power No radio. Phone going flat.? Benoît Lagesse aurait aussitôt écrit au ministère des Affaires étrangères.

Le haut-commissariat de Maurice en Afrique du Sud a déjà été informé de la situation tandis qu?une délégation mauricienne, dirigée par le ministre des Administrations régionales, James Burty David, s?est rendue en Zambie, hier matin, pour participer au sommet de la Southern African Development Community sur le Zimbabwe. Par ailleurs, lors d?un meeting hier, le député du PMSD, Eric Guimbeau, a fait un appel au Premier ministre et au ministre des Affaires étrangères. «Bann ferm bann morisyen inn envahi par bann partisan Zanu-PF. Ena bann morisyen ki en otaz.»

Pascale Guimbeau, la s?ur de Pierre, s?est envolée d?urgence pour le Zimbabwe. Elle est l?une des dernières personnes à lui avoir parlé. L?appel n?aurait duré que deux minutes.

Il semblerait que la tension soit montée d?un cran cette semaine autour de la ferme Rosalie (district de Chipinge), où résident Pierre Guimbeau et sa famille. Le fermier a pu convaincre sa femme Liz et sa fille Rachelle de quitter leur ferme. Il soupçonnait, en effet, d?éventuels affrontements.

Il avait raison. La situation s?est dégradée jeudi soir. Une cinquantaine de rebelles ont pris d?assaut sa cour et ont essayé de faire irruption dans la maison. Le courant a même été coupé, rendant encore plus limités, les moyens de communication.

Pierre Guimbeau aurait, d?autre part, confié à Benoît Lagesse qu?il ne sait pas si la coupure d?électricité est un acte de sabotage ou une coupure normale.

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