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Un fanatique des Télécommunications
Bien que le complet lui aille, Rajiv Seeras, 27 ans, ne paraît pas à l?aise dedans. Ce n?est qu?au moment où il fait tomber le veston et qu?il se met à sa table de travail où figure une console sophistiquée qu?il paraît dans son élément. Un mot revient souvent dans ses propos et c?est innovation. Les innovations dans le secteur des télécommunications, c?est sa caféine, son adrénaline.
Ce Vacoassien s?intéresse à ce secteur depuis que son cousin qui travaille comme ingénieur à Mauritius Telecom lui en a parlé. C?est donc pour devenir ingénieur qu?il a opté pour les sciences au Sookdeo Bissoondoyal SSS de Rose Belle. Il obtient un beau résultat de School Certificate, soit neuf unités pour sept matières à l?étude. A la fin de sa Form VI, Rajiv fait une demande d?admission auprès de l?université de Maurice pour suivre le cours menant au Bachelor in Engineering (B.Eng). Il est accepté et pendant quatre ans, il étudie d?arrache-pied pour réussir. Son mémoire de fin d?études porte sur l?application des fibres optiques et du South Africa Far East Cable dans la cybercité. Pour les besoins de sa recherche, Rajiv enquête à la cybertour. Il découvre que pour la transmission d?informations au sein de la cybercité, ce sont des fibres optiques gérées par Business Parks of Mauritius Ltd qui sont utilisées. Alors que la transmission d?informations de l?étranger à la cybercité se fait par le biais d?International Private Leased Circuit, géré par Mauritius Telecom.
C?est frais émoulu de l?université et plein d?espoirs que Rajiv se met en quête d?un emploi. Il n?a d?yeux que pour Mauritius Telecom. Bien qu?il parvienne à obtenir un entretien, sa candidature n?est pas retenue, faute d?expérience. Il finit par trouver un emploi comme ingénieur de réseau dans une petite entreprise informatique à Eau Coulée. Sentant qu?il n?exploite que partiellement ses connaissances, il démissionne au bout d?un an et prend un emploi d?enseignant d?électricité et d?électronique à l?Industrial and Vocational Training Board. Il enseigne à des élèves de 15 à 18 ans.
«Ces cours sont onéreux et certains frôlent les Rs 100 000. Ce qui est hors de portée des jeunes».
Rajiv s?acquitte docilement de sa tâche mais s?ennuie. «L?enseignement est trop routinier. Il n?y a pas d?innovation dans ce domaine. Ce n?est pas comme dans les télécommunications où il y a des innovations presque tous les six mois.» Il ne tient pas plus d?un an et demi à l?IVTB. Heureusement pour lui, la compagnie Teleforma qui est engagée dans la sous-traitance décentralisée pour le compte de clients américains, et auprès de qui il a envoyé son curriculum vitae, le fait appeler. Il est interviewé par Dave Kissoondoyal, le directeur de l?informatique. Rajiv qui est conscient de son inexpérience, en fait état à son vis-à-vis. «Ce qui m?a le plus plu avec Dave Kissoondoyal qui est un pionnier en informatique, est qu?il m?a donné ma chance.» En effet, Rajiv est embauché comme administrateur de réseau. Lui et deux autres administrateurs doivent entre autres s?assurer qu?il n?y a pas de défaillance sur le réseau local et sur celui connectant Maurice et les Etats-Unis et qui transite par la France.
Rajiv est si appliqué qu?il gravit rapidement les échelons. Après un an et demi, il est nommé Senior Network Specialist et a la responsabilité de maintenir un service de qualité. A ses débuts, Teleforma compte deux clients importants et emploie une centaine de personnes. Un an et demi après, et grâce aux efforts conjugués du département commercial certes, mais aussi d?une stabilisation et d?une plus grande sécurité dans le réseau, chose qui est directement du fait de Rajiv et de son équipe, les clients fidélisés ont augmenté leurs prestations. D?autres clients se sont joints à eux. Aujourd?hui, elles sont sept grosses pointures américaines à être clientes de Teleforma.
Vu l?expansion de la boîte, il est devenu nécessaire d?exercer une plus grande supervision du réseau et un poste de Network/ Telecom Manager a été créé. Vu l?engagement et le sérieux de Rajiv, c?est lui qui a été nommé à ce poste voilà deux semaines. Il devra non seulement superviser les opérations de Maurice jusqu?aux Etats-Unis mais aussi le travail des ingénieurs-administrateurs et des programmeurs. Les responsabilités ne lui font pas peur. «Il faut être dévoué et convaincu de ce qu?on fait.»
Ambitieux, Rajiv utilise le Net pour se familiariser aux nouvelles technologies et les utiliser sur son lieu de travail mais aussi pour découvrir les innovations en matière de télécommunications. Très conscient des enjeux dans le secteur, Rajiv lance un vibrant appel au ministre des Télécommunications afin que le prix de l?interconnexion au IPLC soit revu à la baisse. «Nous payons mensuellement 6300 dollars pour l?interconnexion. Ce qui n?est pas très compétitif comparativement à certains autres pays. C?est un élément dissuasif d?investissement car les deux premiers facteurs qu?un investisseur voulant intégrer le BPO regarde, c?est le prix de l?interconnexion et la structure pour l?abriter. Au niveau de notre cybercité, nous n?avons rien à envier aux autres. Par contre, notre coût d?interconnexion reste prohibitif. Il faudrait le réduire de moitié. Maurice devrait songer à avoir des tarifs d?interconnexion les plus bas au monde. Cela créera un boom dans les investissements et dans la création d?emploi.»
Ce jeune homme pense aussi que l?Etat devrait songer à subventionner les cours de formation des certifications CISCO, Linux et Microsoft Certified Software Engineer. «Ces cours sont onéreux et certains frôlent les Rs 100 000. Ce qui est hors de portée des jeunes. Si un jeune, détenteur d?une licence d?ingénieur, a aussi ces certifications-là, sa valeur sur le marché de l?emploi augmente car ces certifications valent plus qu?un Masters en ingénierie par exemple. Les jeunes deviendront alors plus facilement employables dans le domaine du réseau informatique». A bon entendeur?
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