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Un désir d?ouverture
Qu?attendez-vous du prochain gouvernement ? « Malheureusement pas grand-chose », répond Tim Taylor. La boutade du chief executive du groupe Rogers suffit à traduire un sentiment que l?on retrouve parmi bon nombre de chefs d?entreprises et d?observateurs de la situation économique.
« Maurice n?est pas à court d?idées pour lancer le nouveau modèle économique dont nous avons besoin. Les réflexions ont toutes été compilées dans le document Competitiveness Foresight du National Productivity Council », rappelle Tim Taylor. Ce document accorde une grande importance à l?ouverture de l?économie et de la société mauricienne. Elle prône aussi des pratiques administratives moins contraignantes et plus favorables aux travailleurs et investisseurs étrangers.
Cette volonté d?ouverture, Thomas Buffard, directeur du centre d?appels ICCS, la réclame également. « J?ai investi à Maurice, je travaille ici. Ma vie est à Maurice. Il faut cesser de considérer les investisseurs étrangers comme de nouveaux colons. Le prochain gouvernement doit essayer d?apporter un changement dans les mentalités également. »
Les préoccupations concrètes reviennent très vite au galop chez le directeur du centre d?appels. Il relève ainsi le problème constant du manque de personnel formé. « La formation est plus que jamais importante. Certaines entreprises ne se développent pas car elles savent qu?elles ne trouveront pas assez de personnel qualifié. »
Mais la stratégie d?ouverture demeure le leitmotiv des hommes d?affaires. Elle se retrouve jusque dans des suggestions sur l?approche à adopter sur les taux de change. Ali Parkar, directeur du groupe textile Star Knitwear, prévient : « La politique de la roupie faible doit être maintenue. Il serait impensable qu?un prochain gouvernement pense à changer cela. Il mettrait en péril les secteurs d?exportations comme le textile. »
L?industriel pense toutefois que le gouvernement doit songer à inciter les entreprises locales à réinvestir. Les entreprises devraient pouvoir bénéficier d?abattements fiscaux si elles réinvestissent massivement dans leurs unités de production. Des organismes comme le Board of Invesment (BoI) pourraient contrôler, selon lui, le bien-fondé de ces investissements et s?assurer que l?argent qui ne va pas remplir les caisses de l?État sert bien à moderniser l?entreprise.
Les entrepreneurs citent souvent les lourdeurs administratives comme l?un des problèmes que tout gouvernement doit éliminer. « L?administration publique reste aussi lourde et complexe qu?autrefois. Ce qui freine la réalisation de grands projets initiés », dénonce Tim Taylor. Le directeur de Star Knitwear est du même avis : « La volonté d?aider » des officiels du BoI ne suffit pas. Il serait grand temps que le prochain gouvernement accorde de réels pouvoirs de décisions à cet organisme, en éliminant les lourdeurs de plusieurs ministères qui handicapent un feu vert rapide aux projets.
Mais les suggestions ne concernent pas que le sort des grandes entreprises. Ainsi Daya Heeralall, ancien secrétaire au cabinet et ancien chef de la fonction publique, considère que le prochain gouvernement devrait accorder la priorité à la démocratisation des terres pour accentuer la diversification agricole.
D?autres personnes qui préfèrent ne pas être nommées veulent que la logique soit poussée plus loin. « Il est temps de démocratiser les plages. Celles de Bel-Ombre ou St-Félix sont dédiées aux hôtels, il faudra, qu?en contrepartie, le prochain gouvernement ait le courage de ne pas renouveler les baux dans les zones côtières. Que les campements privés cèdent la place aux plages publiques », demande un cadre d?une entreprise parapublique.
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