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Un duo explosif

1 mai 2005, 00:00

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«Kan enn sofer bis inn bwar et ki li koz enn aksidan, li pa met selman so lavi an danze, me se lavi 60 dimunn ki pe voyaz ar li ki an danze ! Nou bizin pran konsians», déclare Iswarduth Heera, secrétaire de la Transport Corporation Employees? Union (TCEU). Selon lui, entre 5 et 8 % des employés du transport public abusent de l?alcool, de la cigarette et de la drogue avant ou après le travail. Ces chiffres émanent d?enquêtes effectuées par le syndicat depuis quatre ans : « Le premier indicateur de cette dépendance à l?alcool, entre autres substances nocives, était le taux d?absentéisme. Nous avons remarqué que plusieurs employés étaient surtout malades le lundi. En les interrogeant, nous avons réalisé qu?ils consommaient excessivement de l?alcool ; ce qui les rendait malades et donc incapables de travailler le lendemain. Certains sont également dépendants de la cigarette ou accros au gandia et à d?autres drogues. Cela a des effets néfastes sur leur santé, affecter leur système de reproduction, et peut également provoquer des problèmes au sein de la famille ou pour subvenir à leurs besoins quotidiens.»

« Mes employeurs n?avaient plus de considération »

Une campagne est en cours pour venir en aide aux employés accros et pour prévenir tout abus chez les autres. En collaboration avec la Natresa, la TCEU a organisé, lundi dernier à Rivière-du-Rempart, un atelier de travail réunissant une centaine d?employés, dont une douzaine de femmes receveurs, de la Corporation nationale de tansport (CNT), de l?United Bus Service, du Triolet Bus Service (TBS), du Mauri-tian Bus Transport, ainsi que des opérateurs individuels. Ces ateliers de travail visent à donner le maximum d?informations sur l?abus de stupéfiants et à réaliser des simulations de consommation de tabac. Pour mieux comprendre les conséquences réelles, il y a également eu une projection de témoignages de ceux qui abusent de ces drogues.

Ces images ont eu l?effet escompté. Elles ont choqué. «Mo pa ti koné ki sa fer mwa kan mo fime ler mo trouve tou sa dega lor mo pumo-la. Deza mo ti pe komens gagne problem la sante, mo ti pe mank le souffle. Plis kan mo finn écoute sa banne kine passe la dan, mo dire moi ki mo pas envi fini pareil», avoue Vikash, 38 ans, qui fumait 17 à 18 cigarettes par jour. Après avoir participé à l?atelier de travail, il a décidé d?arrêter la cigarette et de s?adonner au sport. Pari qu?il a réussi depuis deux ans.

Comme lui, Rajah, 38 ans également, employé à la CNT, avait un penchant pour la bouteille. «Il n?y avait pas de moment précis où je me mettais à boire. Tout a commencé depuis mes 24 ans. Je m?absentais beaucoup du travail et commençais à perdre mes amis. Mes employeurs n?avaient plus de considération pour moi. Grâce à ces campagnes de sensibilisation, j?ai réalisé à quel point je faisais souffrir ma famille. Depuis, je ne touche plus à l?alcool », affirme-t-il.

Selon la TCEU, environ 3 % des employés ont pris conscience, grâce aux campagnes de sensibilisation lancées depuis 2004, des méfaits des stupéfiants sur leur santé ? campagnes qui ont été couronnés de succès dans leur cas. «Le problème d?abus de stupéfiants est un problème planétaire. Ce genre de campagne contribue à apporter un changement positif et à améliorer la santé des employés », soutient Viraj Nundlall, du TBS. «Il y a aussi des chauffeurs, des receveurs et d?autres employés qui abusent de stupéfiants, mais ne se rendent pas compte que cela constitue une réelle dépendance. Ces campagnes peuvent provoquer le déclic », ajoute le secrétaire de la TCEU.

Et pour continuer sur cette lancée, d?autres campagnes suivront. Le 17 mai, un atelier de travail sera organisé au centre communautaire de Gris-Gris pour les employés du transport public du Sud. Le syndicat prévoit d?autres campagnes à Plaines-Wilhems.

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