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Un DTN mauricien, mais qui ?

12 novembre 2007, 20:00

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Durant la semaine écoulée, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et la Mauritius Football Association (MFA) ont tenu une réunion de travail pour passer en revue plusieurs aspects touchant au foot. Et une idée a surgi concernant la direction technique nationale : pourquoi pas un directeur technique national (DTN) mauricien ?

Ces derniers temps, on ne cesse d?entendre que le foot local souffre de tous les maux. Que la formation des jeunes en est la cause et que la venue d?un DTN se fait de plus en plus pressante. Depuis des mois, on étudie les possibilités tant à la MFA qu?au MJS. Jusqu?à présent, rien de concret pour diverses raisons, la principale étant financière.

On a tour à tour évoqué le nom d?un Argentin, d?un Allemand, en passant par celui d?un Français et d?un Anglais. Rien que des allusions mais jusqu?ici, aucune action. Voilà soudain qu?on parle d?un Mauricien. Le ministre Sylvio Tang et certains à la MFA ? pas tous ? foncent droit vers cette option, envisageant même de lancer un appel de candidatures qui serait également ouvert à tous les mentors mauriciens exerçant à l?étranger.

On veut bien se réjouir que les autorités concernées se décident enfin à faire confiance aux fils du sol. Un Mauricien à la direction technique : on n?a jamais vu ça. Ce serait, du reste, une grande première. Cependant, on est en droit de se demander si c?est vraiment ce dont le foot local a le plus besoin pour sortir de son marasme qui n?a que trop duré.

Sans vouloir mettre en doute les compétences de nos compatriotes, des questions demeurent : quel Mauricien serait capable d?être le futur DTN de Maurice ? Qui a les qualités pour occuper un tel poste ? Dispose-t-on de cette perle rare qui aiderait à relancer le football à la base ? Autant de questions qui nous laissent perplexes quant à l?existence d?un candidat valable pour assumer ces responsabiltés. D?aucuns prétendent qu?en fait le choix a déjà été fait et que l?épreuve de sélection ne serait qu?un trompe-l?oeil.

Si l?on passe en revue la communauté des entraîneurs locaux, on ne voit franchement pas qui détient les critères suffisants pour aspirer aux hautes fonctions de DTN. Personne n?a le profil adéquat en la matière. DTN veut dire avoir une personnalité forte, une vision, un passé, un vécu, une formation pointue et surtout une solide expérience dans ce domaine précis. Or, ce ne sont pas là des éléments, des qualités qui fleurissent chez nos coaches.

Déjà, pour être un bon DTN, il faudrait que ce candidat fasse l?unanimité à tous les niveaux. Ce détail revêt toute son importance à Maurice quand on sait que bon nombre d?entraîneurs se regardent en chiens de faïence. L?orgueil n?est pas un vain mot en ce milieu : ils sont très peu nombreux à pouvoir se sentir, quand ils ne le font pas hypocritement. Personne ne peut contester cet état de choses.

A bien voir, aucun entraîneur local ne peut se vanter de pouvoir s?élever au-dessus de toutes ces considérations pour devenir le DTN de Maurice. On ne voit pas lequel de nos compatriotes pourra se faire accepter unanimement par ses pairs : il trouvera toujours certaines personnes pour lui mettre des bâtons dans les roues. Ces situations-là, on en a déjà vu dans le passé au sein de cette discipline.

Ouvrir les candidatures à nos compatriotes de l?étranger, ce n?est pas une si mauvaise idée. Là encore qui choisir ?

Des coaches mauriciens à l?étranger, il y en a. Mais il faudrait être en mesure de les débaucher, ce qui n?est pas gagné d?avance. C?est sûr que pour des peccadilles, nos expatriés ne vont pas se ruer pour venir sauver ce qui fut jadis notre sport-roi. Sauf s?il s?agit d?entraîneurs au rabais qui trouveraient-là un bon filon pour rentrer. Et, on sait qu?il y a au moins un candidat !

Le football local est à la croisée des chemins. Il n?y a qu?à voir le niveau de nos clubs de l?élite pour se dire qu?il est plus que jamais temps de remuer ciel et terre pour relancer la formation. Cela passe, qu?on le veuille ou non, par l?embauche d?un DTN digne de ce nom. Un étranger du calibre d?un François Blacquart ou d?un Jean-Michel Bénézet serait l?idéal eu égard aux résultats récoltés après leur passage chez nous dans les années 90.

L?option du MJS et de certains membres de la MFA de privilégier nos coaches locaux est certes fort louable car elle offrirait aux nôtres la chance de faire leurs preuves. Quelle est la motivation réelle derrière cette trouvaille ? Si c?est là un moyen de réduire les frais financiers liés à l?embauche d?un étranger, ce serait dommage.

Reste toujours cette malheureuse perception que certains préfèrent prendre un DTN au rabais plutôt que de débourser davantage pour un coach de qualité.

Ce qui est indéniable, c?est que dans notre giron, un mentor ayant le profil adéquat pour assumer le poste de DTN ne court pas les rues, même si certains candidats se sentent capables de relever le défi. Jusqu?à preuve du contraire, c?est une voie bien hasardeuse. N?oublions pas que les Mauriciens n?ont pas su pérenniser l?héritage laissé par Blacquart et Bénézet, avec les tristes résultats que l?on voit aujourd?hui.

Maurice ne possède pas cet oiseau rare, il ne faut pas se leurrer sur ce point. Franchement, Il vaut mieux voir ailleurs. Il y va de l?avenir de notre football.

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