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Un an de pouvoir de Hu Jintao à Pékin

17 novembre 2003, 20:00

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<B>Le jeu </B>de mots avait fait les délices des internautes il y a un an : ?Who?s Hu ?? (phonétiquement, who?s who ?, Qui est qui ?). Le quiproquo cocasse mettait en scène George Bush apprenant l?identité du nouveau maître de la Chine. Un an après l?accession de Hu Jintao au poste de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), la plaisanterie n?est plus de mise.

Le nom du responsable du destin d?1,3 milliard de Chinois n?est certes pas entré dans tous les foyers de la planète, mais Hu Jintao a relativement vite pris ses marques dans la cour des grands, dans laquelle est désormais entrée la Chine. L?apparatchik terne a pris ses marques, tant sur la scène internationale qu?à l?intérieur du pays. Pas de révolution, mais une succession en douceur, aidée par une croissance économique forte, qui a donné un coup de vieux à son prédécesseur, Jiang Zemin.

Hu Jintao a bien été servi par l?actualité, y compris par la catastrophe du Sras, l?épidémie de pneumopathie atypique du printemps dernier. Après un début désastreux, le tout nouveau numéro 1, qui a endossé son habit neuf de président de la République populaire début mars, au moment où le Sras arrivait à Pékin, a su imposer le virage nécessaire, limoger son ministre de la Santé et déclarer une ?guerre? au virus en étant assuré d?empocher les dividendes de la victoire prévisible.

<B>Entre libéralisation et illusion</B>

Un deuxième temps fort intérieur a été l?envoi du premier Chinois dans l?espace, en octobre, qui lui a permis d?occuper le petit écran au côté du nouveau ?héros?. Sur la scène internationale, Hu a également utilisé les opportunités. D?abord, grâce à Chirac, qui l?a invité cet été au G7 d?Evian, sa première grande sortie, puis à Bangkok, le mois dernier, pour le sommet Asie-Pacifique, qui lui a permis d?apparaître comme le nouveau ?géant? régional. Il a pu faire les gros titres en répondant ?non? à Bush qui lui demandait de réévaluer le yuan. Combien de dirigeants peuvent dire non au chef de l?unique superpuissance ?

En bâtissant ainsi son image, Hu a pu s?imposer face à Jiang, toujours détenteur de l?une des trois grandes ?casquettes? du pouvoir en Chine, celle de président de la Commission militaire centrale du Parti, c?est-à-dire le vrai chef des armées. Le conflit entre les deux hommes occupe les coulisses du pouvoir et se déroule de manière feutrée.

Hu Jintao dispose d?un autre atout en la personne de son Premier ministre, Wen Jiabao, qui s?est donné des allures populistes, rendant visite aux paysans pauvres, même si c?est parfois maladroit. Une photo récente dans le très officiel China Daily, montrant Wen Jiabao en col Mao, avec une paysanne, était ainsi légendée : ?Le Premier ministre insiste pour serrer la main de Mme X alors qu?elle a les mains crasseuses?... Un signe de la distance entre les dirigeants et les paysans qui les ont pourtant portés au pouvoir.

La seule déception, pour ceux qui espéraient qu?un changement de génération entraînerait une libéralisation, est que cette idée s?est jusqu?à présent révélée une illusion. Modernisation ne signifie pas nécessairement ouverture politique en Chine communiste : les internautes emprisonnés pour avoir réclamé des réformes sur le Web en sont l?illustration. La société change, mais pas le pouvoir du Parti. Hu Jintao n?est pas Gorbatchev, le communisme chinois peut dormir tranquille...

Pierre HASKI

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