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Un cyclone raté?(2)

1 février 2008, 00:00

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<B>NORD

On se souvient à peine de ce passage</B>

Il faisait un temps ensoleillé jusqu?à 15 heures hier sur le Nord. Peu après, le temps s?est couvert pour apporter de petites pluies fines. Du côté de la Northern Division Police, on ne signale aucun incident. Vers midi, les activités ont commencé à reprendre, à 80 %. La circulation des autobus après la levée de l?alerte, peu avant 9 heures, est un des facteurs qui ont ralenti la reprise.

Cyclone ou pas, les plages n?étaient pas désertes. Ceux qui ont raté le bus pour se rendre au travail ont choisi d?organiser un pique-nique au bord de la mer. C?est le cas de cette famille de morcellement St-André. Le chef de famille, un sexagénaire, est accompagné de ses proches. Certains travaillent dans le privé et d?autres dans la fonction publique.

«Ou ti trouv ena siklon zordi ou ?» lance le sexagénaire d?une voix agacée. Lorsque l?alerte a été levée, tout le monde s?est rué sur les arrêts d?autobus. Arrivées à 11 heures, ces personnes n?avaient toujours pas eu de bus pour aller au travail. Elles ont donc décidé de rester à la maison. Des enfants qui n?ont pas été à l?école sont aussi là. Pour que la journée ne soit pas gâchée, le groupe a décidé de se rendre sur la plage de Baie-aux-Tortues à Balaclava.

Cette famille de morcellement St-André n?est pas la seule à cet endroit. Il y en a au moins quatre autres. Les adultes, sous les filaos prennent un verre, tandis que les enfants jouent sur la plage. Les embarcations, d?habitude dans l?eau, sont amarrées aux arbres. Les vagues ne cessent de s?écraser contre les rochers.

A Pointe-aux-Piments, comme à Trou-aux-Biches c?est la même scène. En plus active à Trou-aux-Biches, où un groupe s?adonne au kite-surf. Ida et Jacques Demesmaker, un couple belge, se baladent sur la plage. Ces cinquantenaires ne croient pas que Maurice est en alerte, avec ce temps ensoleillé. Ils ont respecté les consignes de sécurité données par leur hôtel.

A Mon-Choisy, un groupe de touristes français venant de Normandie joue à la pétanque. Pour eux, Gula n?est qu?un mauvais souvenir, mais la façon dont ce cyclone leur a été présenté a été une psychose. «Il ne faut pas sortir de l?hôtel avait insisté la direction», déclare un de ces touristes. «C?est un chauffeur de taxi qui nous a informés que l?alerte avait été levée. On a alors décidé de sortir et venir sur la plage.»

Sandy n?a pas été au collège. Cet habitant de Grand-Baie décrit ce congé forcé «mari top». Il reprendra les cours lundi. Sa mère lui a donné la permission pour se rendre à la plage de la Cuvette pour admirer les grosses vagues.

Il n?est pas seul à contempler la nature furieuse. Ils sont une vingtaine à cet endroit, dont la majorité se débat dans la mer démontée. Un garde-côte déclare : «Monn fatige dir zot sorti me zot persiste rest dans dilo, mo pa kapav obliz zot.» Dès le matin, un petit groupe de baigneurs nageait dans l?eau. Mais les touristes sont, eux, plutôt rares.

Dans le village de Petit-Raffray, comme à Goodlands, les activités ont fonctionné normalement. Si les commerces étaient ouverts tôt le matin, les usines sont entrées en opération à 10 heures.

Vinesen ABEL</B>

SUD

Plus de calme que de mal</B>

Calme plat. Deux mots pour qualifier l?ambiance qui régnait, hier, dans le Sud. Comme partout, le transport public, un peu lent au départ, s?est stabilisé au fur et à mesure. Les habitants de Mahébourg ont vaqué à leurs occupations : respirer le grand air ou pêcher après les heures de travail. Puis, il y a les fidèles des varangues de boutique «qui braveraient vagues et tempêtes» pour trinquer un coup entre amis. Quelques chanceux s?amusent sur le front de mer. Il s?agit de ceux à qui Gula a offert un jour de congé supplémentaire, les élèves?

Pas de feuille ni de tronc d?arbres sur les rues. Encore moins de pylône renversé. Seules quelques rivières en crue et l?aspect boueux du lagon témoignent qu?une forte tempête tropicale était dans les parages. Pourtant, les pirogues, dont on enlève encore de l?eau, sont rangées devant les maisons ou sur le sable.

Vishnu, de Mahébourg, est venu se détendre et pêcher après la journée de travail, très exceptionnelle pour nombre de Mauriciens. «Il n?y a aucun dégât à déplorer. Tout s?est passé tranquillement. Cepen­dant, on a eu beaucoup de pluie.»

Il ajoute que ceux qui devaient se rendre au travail n?ont pas eu de «problème de transport». Ce que confirment les badauds venus se détendre.

Mais un peu plus loin, on a été sur le qui-vive. A la ferme marine de Mahébourg on attendait de pied ferme le passage de Gula. Pas de perte matérielle à déplorer hormi quelques petits poissons qui ont trépassé? La trentaine d?employés affectés au travail en mer, présents à leur poste depuis 5 heures, avaient déjà passé au crible toutes les éventualités et se sont préparés en conséquence.

Dans une telle activité, toutes les secondes comptent. La rupture d?une cage signifierait la perte de 60 à 70 tonnes de poissons?

48 heures avant l?approche du système dépressionnaire de notre région, des capots (filets de protection cousus au-dessus des cages) ont été placés en vue d?éviter que les poissons ne s?en échappent avec la houle.

Il n?y a pas eu lieu de passer à la deuxième étape : couler la vingtaine de cages lorsque les vagues atteignent 1 m 50 à 2 mètres et risquent d?abîmer le matériel. Mais la vigilance restait de mise. Comme quoi, Gula ne fut pas de tout repos.

Christel DIALAVA</B>

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