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Un crime maquillé en accident à Chemin Vingt Pieds

19 mai 2008, 00:00

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ScEne peu habituelle pour les fêtards tôt hier matin à Chemin Vingt Pieds, Grand-Baie. Un cadavre mutilé a été retrouvé dans un terrain vague, non loin des discothèques Le Bambous et Zeclair. La victime, Vicky Ramguth, 28 ans, habitait le village de Vale. Il portait des blessures à la tête, aux jambes, aux bras et à l?abdomen.

L?autopsie pratiquée par le Dr Maxwell Monvoisin, Police Medical Officer, a attribué le décès à une perforation du foie et du pelvis. Le médecin légiste a également décelé une profonde blessure à la tête de la victime, provoquant une lacération du cerveau. «Cette blessure n?a pas causé la mort du jeune homme mais a pu le rendre inconscient», affirme-t-on du côté des enquêteurs.

«Death due to crush of the liver and pelvis.» Cette observation du médecin légiste pourrait laisser croire que Vicky Ramguth ait pu être écrasé sous les roues d?une voiture. Mais la lacération du cerveau, elle, aurait été provoquée par une arme tranchante. «On ne peut cependant dire avec exactitude la longueur de cette arme. Les rapports des experts pourraient apporter plus de lumière sur ce point», laisse entendre une source proche des enquêteurs.

«Témoins oculaires»

L?enquête menée par la Criminal Investigation Division (CID) du Nord, placée sous la supervision du surintendant Reekoye, s?est d?abord orientée vers la thèse de délit de fuite (hit and run). Mais le rapport du médecin légiste a ensuite aiguillé les enquêteurs sur une autre piste, celle d?un acte malveillant. Il semblerait que les suspects auraient tenté de maquiller l?agression mortelle du jeune homme en accident.

Les témoignages recueillis auprès des proches de Vicky Ramguth indiquent que c?était un habitué des discothèques. «Il y allait pratiquement chaque semaine», nous confie le frère aîné de la victime, Visham. La police affirme, de son côté, qu?elle a été alertée de la présence du cadavre vers 3 heures du matin. Une fois sur place, les officiers ont immédiatement fait appel au SAMU. Mais à l?arrivée des ambulanciers, la victime avait déjà rendu l?âme.

Les proches de Vicky se posent des questions sur les circonstances du drame. L?endroit où le cadavre a été retrouvé est connu pour ses activités nocturnes. Il est donc très fréquenté et très éclairé, surtout les samedis. «Il doit certainement y avoir des témoins oculaires. S?il n?y en a pas, cela peut soulever plusieurs interrogations?»

Comme d?autres proches, Visham Ramguth a d?abord cru, lui aussi, que son frère avait été victime d?un accident. «On pensait tous, jusqu?à la mi-journée, que c?était un cas de hit and run.» Mais vers 13 heures, la famille Ramguth reçoit de nouveau la visite des membres de la CID de Grand-Baie. «C?est à ce moment-là que les policiers nous ont dit que la thèse de foul play n?était pas à écarter.»

Visham a été l?une des dernières personnes à avoir parlé à son frère avant qu?il ne quitte la maison samedi soir pour aller en boîte de nuit. «C?était un bon vivant. Il sortait souvent les week-ends. Hier (NdlR : samedi), je lui ai dit de rentrer tôt parce qu?il devait travailler le lendemain.» Après avoir échangé quelques paroles avec son frère, Vicky Ramguth se rend à la discothèque Zeclair à vélo.

Mais vers trois heures du matin, Visham reçoit un appel téléphonique d?un ami travaillant comme disc-jockey dans une discothèque de Grand-Baie et qui devait rencontrer Vicky à sa sortie de la boîte de nuit. L?homme demande à Visham d?aller faire un tour à Chemin Vingt Pieds. «Il m?a dit que la police avait retrouvé un cadavre non loin d?une pépinière et que ce pourrait être celui de mon frère. Je m?y suis rendu immédiatement.» En arrivant, Visham aperçoit un corps inerte allongé sur le ventre. Il le retourne et constate que c?est bien son frère, portant une blessure à la tête et des vêtements maculés de sang.

«C?était un garçon tranquille, qui aimait la vie. Il n?a jamais nui à personne», confie le père de Vicky, Anand. Ce dernier a accompagné son fils aîné à chemin Vingt Pieds dimanche matin. «Mon fils était allongé sur le ventre. Son visage était ensanglanté, ainsi que ses vêtements», se souvient-il, sa voix trahissant une infinie tristesse?

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